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L’Eu­rope et ses pouvoirs

11e édition du Festi­val Raisons d’agir

Le 4 pages est visible ICI et l’af­fiche en pdf

Le trai­te­ment imposé à la Grèce, au prin­temps 2015, a comme valeur d’exemple : suffrage unver­sel bafoué, senti­ment natio­nal humi­lié, classes les plus pauvres ruinées, le tout au nom de l’Union euro­péenne et de ses banques. Comment un tel scena­rio a-t-il été possible ? Comment les tenants du libé­ra­lisme écono­mique sont-ils parve­nus à impo­ser un ensemble d’ins­ti­tu­tions et de poli­tiques publiques essen­tiel­le­ment centrées sur les moda­li­tés de la compé­ti­tion écono­mique et sur l’aus­té­rité budgé­taire, y compris s’il le faut, sous une forme auto­ri­taire ? L’idée euro­péenne, les insti­tu­tions euro­péennes se réduisent-elles à cela ? Ne peuvent-elles produire que cela ?

Face au reste du monde, l’Eu­rope présente aujourd’­hui un singu­lier visage : celui de murs et de barbe­lés qui se dressent partout le long de ses fron­tières pour refou­ler des centaines de milliers de réfu­giés poli­tiques et écono­miques. Là encore, on semble loin de la promesse d’un conti­nent paci­fique, rayon­nant dans le monde par son atta­che­ment aux droits et à la tolé­rance. Comment l’Union euro­péenne peut-elle être aussi impuis­sante ? Quels recours ont les citoyens ?

Au fond, nous connais­sons mal l’Eu­rope. D’ailleurs, les élec­tions euro­péennes sont celles où le taux d’abs­ten­tion atteint souvent des taux record. Selon que l’on parle de l’in­dus­trie, de l’agri­cul­ture, de l’en­vi­ron­ne­ment, de l’édu­ca­tion ou des droits de l’homme, le fonc­tion­ne­ment des insti­tu­tions euro­péennes est en réalité assez varié. Et les préro­ga­tives des diffé­rentes insti­tu­tions euro­péennes restent floues et mal connues. Quelques symboles tentent de donner corps à l’Eu­rope : l’Eu­ro­vi­sion, la ligue des cham­pions ou encore les étudiants d’Eras­mus. Mais le senti­ment d’une commu­nauté euro­péenne et un espace de déli­bé­ra­tion à l’échelle du sous-conti­nent peinent à se consti­tuer.

De leur côté, ceux qui font l’Eu­rope, euro-fonc­tion­naires, parle­men­taires, experts, repré­sen­tants de groupes d’in­té­rêt, jour­na­listes, vivent repliés sur eux-mêmes. Le quar­tier euro­péen de Bruxelles est le lieu rêvé des lobbies qui veulent défendre leurs inté­rêts finan­ciers.  Ce monde du pouvoir euro­péen a même ses cher­cheurs en sciences sociales, qui déve­loppent eux aussi leurs propres outils d’ana­lyse, selon des sché­mas qui justi­fient le discours des tech­no­crates sur l’im­por­tance d’une certaine inté­gra­tion euro­péenne.

Se réap­pro­prier la connais­sance de ce qui fait l’Eu­rope au quoti­dien, dans ses règles de fonc­tion­ne­ment comme dans ses réali­tés sociales, est donc un enjeu parti­cu­liè­re­ment impor­tant. Les cher­cheurs en sciences sociales et tous ceux qui veulent peser sur la situa­tion actuelle doivent trou­ver les leviers pour repen­ser les enjeux euro­péens, pour dévoi­ler les méca­nismes à l’œuvre et penser les alter­na­tives possibles.

Fidèle à sa formule, le festi­val Raisons d’Agir asso­ciera le regard des cher­cheurs à celui des artistes, des mili­tants et des étudiants, afin de mener une réflexion collec­tive sur les débats poli­tiques contem­po­rains et ainsi d’y prendre part. Il s’agira de croi­ser, sur ces ques­tions diffi­ciles, les expé­riences indi­vi­duelles et collec­tives, les savoirs et l’ap­proche sensible des faits.

Le pré-programme

suscep­tible de chan­ge­ment à la marge

Moving beyond borders

L’ex­po­si­tion Moving Beyond Borders sera instal­lée à l’Es­pace Mendès France pendant toute la durée du festi­val.
Expo­si­tion carto­gra­phique et photo­gra­phique de Migreu­rop en copro­duc­tion avec la Cimade, avec les regards croi­sés des photo­graphes Sara Pres­tianni, Giovanni Cocco et Claire Belvert et des carto­graphes Olivier Clochard, Nico­las Lambert et Thomas Hono­ré.

Mercredi 23 mars 2016 : L’ex­pé­rience des peuples euro­péens

Toute trans­for­ma­tion des poli­tiques euro­péennes semble vouée à se heur­ter à l’in­tran­si­geance des insti­tu­tions de l’Union, aux inté­rêts du patro­nat alle­mand et à la montée des idéo­lo­gies réac­tion­naires. Pour­tant, des idées nouvelles et de nouveaux modèles de pratiques soli­daires nous viennent d’Ita­lie, de Grèce, d’Es­pagne, du Portu­gal. Quels ensei­gne­ments en tirer pour nous-mêmes et pour l’ave­nir des socié­tés euro­péennes ?

À l’Es­pace Mendès France

16h00–17h30 : Table-ronde : Expé­riences mili­tantes en Espagne et en Grèce, animée par Clémence Michoux

•    Pascal Bois­sel, psychiatre, collec­tif France-Grèce soli­da­rité santé.
•    Pascal Canaud, profes­seur d’es­pa­gnol, syndi­ca­liste.
•    Odile Méndez-Bonito Magniez, réali­sa­trice docu­men­taire.

17h30–19h00 : Projec­tion de film : Voyage en Grèce en temps de crise, de Geor­gios Zois et Niko­leta Leousi, 2015 (1h20), présenté par Benoit Perraud.

20h30–23h00 : Confé­rence-débat : La soli­da­rité contre l’aus­té­rité, animée par Pierig Humeau

•    Alexis Cukier, philo­sophe (Sophia­pol, Univer­sité Paris Ouest), auteur avec Stathis Kouvé­la­kis de La Grèce, Syriza et l’Eu­rope néoli­bé­rale. La Dispute, 2015.
•    Robert Salais, écono­miste (Ecole Normale Supé­rieure de Cachan), auteur de Le viol d’Eu­rope, Enquête sur la dispa­ri­tion d’une idée, PUF, 2013.

Jeudi 24 mars : La fabrique de l’Eu­rope

Qu’ils s’agissent des milieux d’af­faires, des bureau­crates à Bruxelles, des syndi­ca­listes ou des mili­tants asso­cia­tifs, l’Eu­rope leur tient à cœur mais, bien souvent, en un sens fort diffé­rent : lobbying pour les uns et Europe des droits sociaux, de l’éco­lo­gie et des droits de l’homme pour les autres. Qui sont ces juges ? Comment pèsent-ils  dans les régle­men­ta­tions géné­rales ? Quelle Europe (se) fabriquent-ils ?

A l’Hô­tel Fumé

10h30–12h00 : Table-ronde : Ce que l’Eu­rope fait à l’agri­cul­ture, animée par Benoit Leroux
•    Jacques Pasquier, syndi­ca­liste, membre du Conseil Econo­mique, Social et Envi­ron­ne­men­tal
•    Des mili­tants de la Confé­dé­ra­tion Paysanne

12h00–14h00 : Buffet, préparé avec la Confé­dé­ra­tion paysanne, prix libre.

14h00–15h45 : Table-ronde : Ceux qui font l’Eu­rope, animée par Samuel Bouron

•    Sylvain Laurens, socio­logue (EHESS, Centre Simmel), auteur de Les cour­tiers du capi­ta­lisme. Milieux d’af­faires et bureau­crates à Bruxelles, Agone, 2015.
•    Hélène Michel, poli­tiste (Univer­sité de Stras­bourg, SAGE), auteure avec Elisa­beth Lambert du Diction­naire des acteurs de l’Eu­rope, Larcier, 2014.

16h15h-18h00 : Table-ronde : Ce que font les insti­tu­tions euro­péennes, animée par Maïa Drouard
•    Anto­nin Cohen, poli­tiste (Univer­sité Paris Ouest, ISP), auteur de De Vichy à la Commu­nauté euro­péenne, PUF, 2012.
•    Céline Husson, juriste (Univer­sité de Picar­die, CURAPP-ESS), auteure de Droit inter­na­tio­nal des droits de l’homme et valeurs, Bruy­lant, 2012.

20h30 : Projec­tion de film : Magna Grae­cia / Europa Impari, d’Anita Lamanna et Erwan Kerza­net, 2015 (1h17).  Débat avec les réali­sa­teurs. Au TAP Castille

Vendredi 25 mars : Le repli natio­na­liste

La ques­tion des fron­tières de l’Eu­rope se rejoue constam­ment. Enjeu écono­mique d’éta­blis­se­ment d’un espace de libre-échange. Enjeu géos­tra­té­gique de consti­tu­tion d’al­liances. Enjeu poli­tique de construc­tion d’une iden­tité commune. Enjeu de mani­pu­la­tion d’une histoire de clivage entre le ‘monde civi­li­sé’ et celui des ‘bar­ba­res’. Alors que la super­fi­cie de l’Union euro­péenne n’a cessé de s’agran­dir de 1957 à 2013 et que des tenta­tives d’élar­gis­se­ment se pour­suivent, l’heure semble être à une Europe forte­resse aux relents natio­na­listes.

À l’Es­pace Mendès France

11h00–12h30 : Confé­rence-débat : Médias et extrême-droite en Europe, animée par Hélène Stevens
•    Samuel Bouron, socio­logue (Univer­sité Paris Dauphine, IRISSO), co-direc­teur avec Maïa Drouard de « Les beaux quar­tiers de l’ex­trême droite », Agone, n° 54, 2014.

14h00–16h00 : Table-ronde : Aux fron­tières de l’Eu­rope, animée par Véro­nique Rauline
–    Mathilde Pette, post­doc­to­rante en socio­lo­gie (CLERSE/CERAPS – Univer­sité de Lille)
–    Guillaume Marsal­lon, délé­gué de la Cimade en région Centre-Ouest
–    Yves Judde de Lari­vière, béné­vole  de la Cimade, groupe Poitiers

Moving Beyond Borders », une expo­si­tion carto­gra­phique et photo­gra­phique de Migreu­rop en copro­duc­tion avec la Cimade. Avec les regards croi­sés des photo­graphes Sara Pres­tianni, Giovanni Cocco et Claire Belvert et des carto­graphes Olivier Clochard, Nico­las Lambert et Thomas Honoré.

L’ex­po­si­tion « Beyond Fron­tiers » sera instal­lée pendant toute la durée du festi­val.

16h30–18h00 : Projec­tion de film : La Nuit Remue de Bijan Anque­til, 2012 (45min).

21h00–24h00 : Soirée-concert: La Pari­sienne Libé­rée – Au bar Le plan B
« Chro­niqueuse-chan­teuse d’ac­tua­lité depuis mars 2008, La Pari­sienne Libé­rée a d’abord publié ses chan­sons de manière indé­pen­dante sous forme de clips vidéos sur inter­net et sur scène. Elle les a ensuite inter­pré­tées en direct sur la plateau d’Ar­rêt sur Images, avant de rejoindre Media­part en octobre 2011 »

Une réflexion au sujet de « L’Eu­rope et ses pouvoirs »

  1. Géron Jean dit :

    je vais essayer de venir faire un tour; je pense surtout que l’Europe est un machin anti démocratique où les décisions sont essentiellement prises par des structures non élues (conférence des chefs d’états et Commission européenne).

    Je doute que l’euro soit « réformable et il faudrait envisager de voir si on ne peut pas en sortir. L’adhésion à l’Europe entraine de facto l’adhésion à l’OTAN, ce qui contredit la promesse faite aux dirigeants russes de ne pas laisser entrer les ex pays « socialistes » dans l’OTAN. Je me sens profondément européen, mais pas de cette Europe-là.

    Répondre

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