14 janvier 2026

2026 : recons­truire un front social et poli­tique de rupture

2026 : recons­truire un front social et poli­tique de rupture

Guerres impé­ria­listes, crise écolo­gique globale, impasse poli­tique en France : la période est marquée par une accé­lé­ra­tion des logiques de domi­na­tion et par l’af­fai­blis­se­ment des alter­na­tives progres­sistes. Face à ce constat, la Gauche écoso­cia­liste appelle à la recons­truc­tion d’un front social et poli­tique de rupture, capable de répondre aux urgences démo­cra­tiques, sociales et écolo­giques.

A. A l’in­ter­na­tio­nal, une marche à la guerre des tyrans impé­ria­listes.

La rentrée poli­tique inter­na­tio­nale est marquée par le retour assumé de la poli­tique de la canon­nière. L’in­ter­ven­tion des États-Unis au Véné­zuéla, les bombar­de­ments et l’en­lè­ve­ment du président Nicolás Maduro consti­tuent une viola­tion flagrante du droit inter­na­tio­nal. Elle illustre une situa­tion dans laquelle les grandes puis­sances foulent ouver­te­ment aux pieds les prin­cipes qu’elles préten­daient défendre : souve­rai­neté des États, intan­gi­bi­lité des fron­tières et droit des peuples à dispo­ser d’eux-mêmes. Ces inter­ven­tions impé­ria­listes s’ins­crivent avant tout dans la lutte pour le contrôle des ressources stra­té­giques, au premier rang desquelles le pétrole, révé­lant la centra­lité des inté­rêts écono­miques et éner­gé­tiques dans les conflits contem­po­rains.

Cette logique de force traverse aujourd’­hui l’en­semble des rapports inter­na­tio­naux. L’of­fen­sive mili­taire israé­lienne de colo­ni­sa­tion et d’éra­di­ca­tion menée contre le peuple pales­ti­nien se pour­suit dans une impu­nité totale. La tenta­tive de conquête de l’Ukraine par l’ar­mée russe s’ins­crit dans la même logique impé­ria­liste. Paral­lè­le­ment, la volonté de la Chine de dépas­ser les États-Unis, y compris sur le terrain mili­taire, confirme le retour de la guerre comme mode de régu­la­tion des conflits inter-impé­ria­listes, sur fond de concur­rence accrue pour l’ac­cès aux ressources et aux marchés.

Dans ce contexte, Emma­nuel Macron ne se contente pas du silence : il s’aligne. Chantre du droit inter­na­tio­nal lorsqu’il s’agit de l’Ukraine, il en accepte la viola­tion dès lors qu’elle émane des États-Unis ou de leurs alliés, s’ins­cri­vant dans une logique de soumis­sion poli­tique à Donald Trump et à l’im­pé­ria­lisme améri­cain. Le mini­mum aurait été de rappe­ler le droit inter­na­tio­nal de non-agres­sion d’un pays et de deman­der une réunion immé­diate du conseil de sécu­rité de l’ONU afin de montrer (au moins symbo­lique­ment) à quel point les USA de Trump avancent toujours plus dans la marche à la guerre.

L’ho­ri­zon s’as­som­brit encore davan­tage sous l’ef­fet de la crise écolo­gique globale, qui se mani­feste dans tous les domaines — climat, pollu­tion, effon­dre­ment de la biodi­ver­sité — tandis que la course aux hydro­car­bures et aux terres rares, moteur des affron­te­ments impé­ria­listes, entre en contra­dic­tion fron­tale avec les impé­ra­tifs de la bifur­ca­tion écolo­gique et la néces­sité de rompre avec un modèle produc­ti­viste qui menace les condi­tions mêmes de la vie sur Terre.

B En France, une crise poli­tique majeure qui n’en finit plus.

La situa­tion française reste marquée aussi par la crise insti­tu­tion­nelle engen­drée par l’ago­nie du macro­nisme. La bataille parle­men­taire autour du budget de l’État et du projet de loi de finan­ce­ment de la sécu­rité sociale (PLFSS) illustre les projets de casse sociale et écolo­gique défen­due par le gouver­ne­ment Lecornu. La lutte contre la concen­tra­tion des richesses, la défense des services publics, la remise en cause des cadeaux faits aux entre­prises depuis des années, la montée des inéga­li­tés, les reculs sur la néces­saire bifur­ca­tion écolo­gique sont au cœur des affron­te­ments parle­men­taires et poli­tiques de ces dernières semaines. En même temps, la mobi­li­sa­tion des agri­cul­teurs contre le Merco­sur et en parti­cu­lier celles de la Confé­dé­ra­tion Paysanne montrent l’im­passe du modèle libé­ral-produc­ti­viste domi­nant. La répres­sion contre les syndi­ca­listes et les mili­tant.es écolo­gistes bat son plein. La désin­dus­tria­li­sa­tion se pour­suit comme l’illustre le refus de la trans­for­ma­tion de l’en­tre­prise Brandt en coopé­ra­tive reprise par les sala­riè.es.

A ce stade, le gouver­ne­ment réus­sit à faire passer ses projets grâce à la non-censure, aux votes du groupe PS. Téta­ni­sés par le risque de retour aux urnes, les socia­listes prônent désor­mais une logique de compro­mis avec le macro­nisme au risque de reve­nir au social-libé­ra­lisme de la période Hollande. Les discus­sions sur le budget, prévues en janvier, montre­ront jusqu’où iront les négo­cia­tions entre le gouver­ne­ment et le Parti Socia­liste.

Une telle atti­tude, d’ap­prenti sorcier, ne peut à terme servir qu’au RN.

Celui-ci, par ses votes démontre sa vraie nature. Loin d’être le défen­seur des classes popu­laires, il s’op­pose à toutes les mesures de justice sociale et fiscale. En même temps, il se rapproche du grand patro­nat et accen­tue son cours libé­ral en faveur des riches. Hélas, malgré cette orien­ta­tion il conti­nue d’avoir le soutien d’une part non négli­geable de l’opi­nion. La pers­pec­tive d’ar­ri­vée au pouvoir et d’un accord à terme avec tout ou partie de la droite tradi­tion­nelle n’est plus une fiction en parti­cu­lier en cas de victoire à la prochaine prési­den­tielle. Face à ces menaces la gauche et les écolo­gistes sont loin d’être à la hauteur.

Le recen­trage du PS, mani­feste depuis son dernier congrès, n’est pas sans consé­quence. Il exclut désor­mais toute alliance avec la FI, rompant ainsi la pers­pec­tive d’une renais­sance du NFP. Notons toute­fois que le PS ne parvient pas à entraî­ner toustes les dépu­tés de gauche. Ceux de LFI, de L’Après, d’une partie des écolo­gistes et des commu­nistes restent fidèles au programme du NFP.

Mais de son côté, LFI privi­lé­gie l’échéance prési­den­tielle et sa propre candi­da­ture refu­sant de tendre vrai­ment la main à ses poten­tiels parte­naires. Souvent LFI donne l’im­pres­sion de ne pas prendre la mesure du danger du RN ou de se présen­ter comme seule alter­na­tive. Le projet « NFP 2027 » qui tentait de main­te­nir le cap du rassem­ble­ment de la gauche et des écolo­gistes pour les prochaines échéances se trouve ainsi forte­ment fragi­lisé.

Dans ce paysage de divi­sion, il faut saluer la conver­gence de la gauche dans la condam­na­tion de l’agres­sion US contre le Véné­zuela.

A l’in­verse, les muni­ci­pales n’ap­portent guère de clari­fi­ca­tion. Les enjeux internes à la gauche, les concur­rences locales dominent et amènent à la multi­pli­ca­tion des listes dans la plupart des villes. Certes, il est tradi­tion­nel que les partis ne se regroupent qu’au deuxième tour, voire se contentent de « fusion tech­nique » faute d’ac­cord de majo­rité. Il est aussi légi­time qu’une force poli­tique souhaite utili­ser cette échéance pour appa­raître de manière auto­nome.

Pour autant, cette volonté d’af­fir­ma­tion poli­tique ne doit pas contri­buer à renfor­cer la divi­sion à gauche comme par exemple quand le PS se présente face à des Mairies écolo­gistes sortantes ou quand LFI pratique une campagne unique­ment déga­giste, en se coupant d’une partie de l’élec­to­rat de gauche ou encore refuse des listes d’union citoyenne. De même le refus de fusion tech­nique au second tour affi­ché aujourd’­hui par le PS dans de nombreuses villes prend le risque de faire gagner la droite.

La séquence actuelle est domi­née à gauche par l’im­puis­sance et les calculs parti­sans. Les mili­tant.es de la GES, qui luttent pour la consti­tu­tion d’un front social et poli­tique progres­siste appuyé sur un programme de rupture avec le libé­ra­lisme, ne peuvent se satis­faire de cette situa­tion. Partout où elle est présente, dans le cadre de LFI, de l’Après ou en lien avec de multiples collec­tifs citoyens, la GES main­tien­dra les liens sans exclu­sive avec tous ceux et toutes celles qui ont voca­tion à travailler à une alter­na­tive de gauche au macro­nisme et à l’ex­trême-droite, qu’il s’agisse de la néces­saire union dans les mobi­li­sa­tions ou dans les élec­tions. Sans qu’il soit possible d’en iden­ti­fier dans l’ave­nir les formes précises, nous soutien­drons toutes les initia­tives allant dans ce sens.

Le 6 janvier 2025.

Secré­ta­riat provi­soire de la GES

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