Collectif Pensée et Combat – 17 janvier 2026
Iran, entre la répression et la vie
Ce qui se déroule aujourd’hui en Iran n’est ni un événement exceptionnel ni une explosion soudaine. Cette voix est celle d’une vie qui, pendant des années, a été écrasée sous la pression et qui ne supporte plus ni la répression ni le silence. Les personnes descendues dans la rue ne sont ni des instruments de complots ni des pions des puissances mondiales ; elles sont le produit d’une pauvreté absolue, d’une répression continue, de discriminations quotidiennes et d’un apartheid tissé jusque dans la trame même de leur existence. Ces protestations ne viennent pas de l’extérieur ; elles ont surgi du cœur des foyers, des rues et d’êtres humains qui ne veulent plus seulement survivre, mais veulent vivre pleinement leur vie.
Les puissances mondiales tentent d’aligner ces réalités mises à nu sur leurs propres intérêts. D’un côté, des responsables politiques qui, sans vergogne, qualifient les personnes tuées de « armées » afin de justifier le sang versé ; de l’autre, une partie de la gauche mondiale qui, en se réfugiant derrière la théorie de la « résistance anti-impérialiste », blanchit un régime qui applique jour et nuit contre son propre peuple la même logique d’occupation, d’apartheid et de violence organisée. Dans ces récits, la souffrance du peuple est soit niée, soit transformée en monnaie d’échange dans des tractations plus vastes.
À l’intérieur de l’Iran, il ne s’agit pas d’une concurrence entre deux forces politiques, mais d’une confrontation directe entre les secteurs opprimés de la société et un régime qui respire par la prison, la balle et l’exécution, et qui étouffe dans l’œuf toute possibilité d’organisation indépendante. Parallèlement, les forces monarchistes en exil, sans racines réelles au sein de la société, s’appuient sur le capital, les médias et les soutiens étrangers pour tenter de détourner ou de confisquer de l’extérieur les mouvements de protestation. Ces forces n’offrent pas un horizon de libération ; elles projettent au contraire des ombres lourdes et déformantes sur le chemin de la lutte. Ce qui est constamment ignoré, cependant, c’est la force qui naît d’en bas, du cœur de la souffrance et de la résistance quotidienne : des protestations de janvier 2017 (Dey 1396) et de novembre 2019 (Aban 1398) jusqu’au soulèvement révolutionnaire de 2022 (1401) avec le slogan « Femme, Vie, Liberté », les travailleurs, les femmes, les minorités et les personnes marginalisées, les mains vides mais porteurs de revendications légitimes, ont transformé la rue en scène de révolution.
Pourtant, le parcours de ces soulèvements s’est brisé à maintes reprises non pas en raison de la faiblesse de leurs revendications, mais sous la pression de la répression étatique organisée et des tentatives extérieures de confiscation et de détournement des protestations. La République islamique a répondu par les balles à toute possibilité de poursuite des luttes et, simultanément, les forces de droite monarchistes ont cherché, en déformant le sens du combat et en imposant leurs propres exigences, à arracher l’initiative des mains des combattants. Mais malgré l’étouffement et la répression, les couches opprimées n’ont pas reculé ; elles continuent, les mains nues, à revenir combattre cet ordre inégal à travers chaque fissure possible.
Le peuple iranien ne veut ni d’un retour au passé ni d’un salut venu de l’extérieur. Il se bat pour le pain, pour la dignité, pour la liberté et pour le droit de décider de sa propre vie. Cette lutte n’a besoin ni de tuteur ni de sauveur. L’avenir de l’Iran ne s’écrit ni dans les palais ni en exil ; il se forge dans les rues, dans les grèves et dans les luttes quotidiennes qui, malgré une répression nue et terrifiante, tiennent encore debout, résistent encore et maintiennent l’espoir en vie.
Collectif Pensée et Combat – 17 janvier 2026
Samedi 17 janvier 2026 à 15h Place du PanthéonSolidarité avec les Iranien·nes en lutte pour la démocratie, la liberté et l’égalité en Iran
Ni clercs, ni sauveurs suprêmes : Jina est notre guide !/ Ni guide ni monarque !
Pour l’autodétermination des peuples !
Femmes vie liberté vit et vaincra !Depuis le 28 décembre 2025, les manifestations contre la crise économique sans précédent qui accablent la population en Iran, ont gagné en intensité pour toucher l’ensemble des classes de la société et des régions. Nourri·es des acquis des révoltes de ces dernières années et prêt·es à en découdre , les manifestant·es réclament aujourd’hui sans aucune ambiguïté la chute de ce régime dictatorial, théocratique, militarisé et misogyne.Comme elles le font depuis 47 ans, les autorités massacrent impitoyablement les manifestant·es, les témoins sur place font état d’un usage massif de la force, d’arrestations arbitraires, de tortures et de sévices en détention. Les manifestant·es blessé·es sont traqué·es jusque dans les hôpitaux, et ce sont des images de véritables charniers qui nous parviennent heure après heure.Nous, collectifs féministes et associations de défense des droits humains de la société civile en diaspora, disons notre rejet de la République islamique qui tire à balles réelle sur sa propre
population.Nous sommes solidaires des Iraniennes et des Iraniens en lutte contre leur dictateur et en accord avec leurs aspirations légitimes à une vie libre et digne dans une société égalitaire. Nous soutenons les manifestant·es issu·es de la société civile et les militant·es qui
réclament leurs droits les plus élémentaires face à un État qui commet des crimes contre les femmes, les minorités sexuelles et de genre, les groupes ethniques et nationaux minorisés, les
classes populaires, les Afghan·es (immigré·es et descendant·es), les opposant·es, et ce depuis ses premiers jours d’existence.
Fidèles au slogan « Femmes, Vie, Liberté » et au mouvement émancipateur qui l’a porté en 2022, nous réaffirmons qu’aucun peuple n’est libre tant que sévit l’apartheid de genre, à l’instar de ce que vivent les Iraniennes qui subissent chaque jour les lois de la République islamique. En écho à ces révoltes, et alors que la population en Iran est mise à l’isolement en raison des coupures massives d’internet orchestrées par les autorités, nous témoignons de la diversité de l’opposition à la République islamique. Nous demandons à ce que cette diversité soit entendue ici. La solidarité internationale n’a besoin ni d’hommes providentiels, d’où qu’ils viennent, ni d’ingérence étrangère.Nous voulons la chute de la République islamique, l’égalité, la fin des discriminations systémiques, le droit à l’auto-détermination.
Vive la solidarité internationale !
Vive les peuples en lutte!
Femmes, vie, liberté !
