13 mars 2026

Des diri­geantes syndi­cales et asso­cia­tives. 28 février, »Face à l’ex­trême-droite, l’am­bi­guïté n’est pas une option »

« Ne lais­sons pas l’ex­trême droite déci­der de l’ave­nir de nos terri­toires », par Mary­lise Léon et Sophie Binet

« Ne lais­sons pas l’ex­trême droite déci­der de l’ave­nir de nos terri­toires », par Mary­lise Léon et Sophie Binet

À l’aube des élec­tions muni­ci­pales, les décla­ra­tions de prin­cipes ne suffi­ront pas pour pour faire barrage à l’ex­trême droite : il faut des réponses concrètes face aux urgences qui frac­turent le pays, appelle un collec­tif de person­na­li­tés.

Le danger de l’ex­trême droite n’a jamais été aussi présent. Son projet ne se cache plus : remettre en cause les équi­libres démo­cra­tiques, fragi­li­ser les droits fonda­men­taux et impo­ser une vision auto­ri­taire de la société.

Partout où elle gouverne, le même bilan : justice sous contrôle, presse muse­lée, syndi­cats et asso­cia­tions entra­vés, droits sociaux lami­nés, droits des femmes attaqués, urgence clima­tique niée. Ce n’est pas de la poli­tique, c’est un système qui détruit métho­dique­ment ce que des géné­ra­tions ont construit. Les élec­tions muni­ci­pales à venir consti­tuent un tour­nant déci­sif. 

La mairie, c’est la première porte de la Répu­blique. C’est là que se joue concrè­te­ment l’éga­lité : le loge­ment acces­sible ou hors de prix, les trans­ports qui fonc­tionnent ou pas, l’école qui reste ouverte, la crèche, les lieux cultu­rels de proxi­mité, le bon fonc­tion­ne­ment de la démo­cra­tie locale, le service public qui résis­te…

Confier cette première porte à l’ex­trême droite, c’est lais­ser entrer ceux qui veulent refer­mer la Répu­blique sur elle-même. C’est accep­ter que l’éga­lité, la soli­da­rité et le vivre-ensemble reculent dans nos propres rues.

L’ex­trême droite ne sort pas de nulle part. Elle se nour­rit du déclas­se­ment, des terri­toires aban­don­nés, du travail qui ne paie plus, des services publics qui ferment. Elle gran­dit aussi lorsque le débat public se laisse enfer­mer dans ses thèmes, lorsque la stig­ma­ti­sa­tion, souvent traver­sée par le racisme, l’em­porte sur la recherche de solu­tions.

Mais rien n’est joué. Les mobi­li­sa­tions de ces derniers mois l’ont démon­tré : ce pays refuse le pire. Des millions de personnes restent atta­chées à la démo­cra­tie, à la justice sociale, aux liber­tés. Cette force existe. Elle attend des pers­pec­tives concrètes, pas des discours creux.

Faire barrage à l’ex­trême droite ne peut se limi­ter à des décla­ra­tions de prin­cipe. Cela exige des réponses concrètes aux urgences qui frac­turent le pays : redon­ner du sens au travail, agir pour les salaires, les mini­mas sociaux et le pouvoir d’achat, proté­ger les plus précaires, inves­tir dans les services publics, lutter contre les inéga­li­tés terri­to­riales, accom­pa­gner les tran­si­tions indus­trielles et écolo­giques, renfor­cer la démo­cra­tie locale et sociale.

Les forces répu­bli­caines ont la respon­sa­bi­lité de présen­ter des projets clairs et crédibles, en prise avec les réali­tés vécues par les habi­tantes et les habi­tants. C’est par la cohé­rence des choix, la lisi­bi­lité des posi­tions et la capa­cité à répondre aux urgences sociales et terri­to­riales que l’ex­trême droite peut être dura­ble­ment conte­nue.

Les élec­tions muni­ci­pales se jouent aussi dans la clarté des choix, en parti­cu­lier au second tour. Face à l’ex­trême droite, l’am­bi­guïté n’est pas une option. Les élec­trices et les élec­teurs ont besoin de repères lisibles, de posi­tions assu­mées et de refus expli­cites de toute complai­sance avec les partis d’ex­trême droite. La respon­sa­bi­lité répu­bli­caine impose de ne lais­ser aucun doute sur le fait que l’ex­trême droite ne peut être un parte­naire, ni direct ni indi­rect, de la gestion de nos communes.

Dans chaque terri­toire, nous aler­te­rons, mobi­li­se­rons et inter­pel­le­rons les candi­dates et candi­dats aux élec­tions muni­ci­pales. Nous leur deman­de­rons comment ils entendent défendre concrè­te­ment la démo­cra­tie, la cohé­sion sociale et l’éga­lité des droits, et quelle part ils pren­dront dans la lutte contre l’ex­trême droite.

L’ex­trême droite avance là où l’on renonce à la justice sociale, aux services publics et à la démo­cra­tie. Lui faire barrage ne se décrète pas. Cela se construit. Main­te­nant.

Les signa­taires :
* Mary­lise Léon, Secré­taire géné­rale de la CFDT
* Sophie Binet, Secré­taire géné­rale de la CGT
* Najat Vallaud-Belka­cem, Prési­dente de France Terre d’Asile
* Cécile Duflot, Direc­trice géné­rale d’Oxfam France
* Bruno Morel, Président d’Emmaüs France
* Natha­lie Tehio, Prési­dente de la LDH (Ligue des droits de l’Homme)
* Domi­nique Sopo, Président de SOS Racisme
* Laurent Escure, Secré­taire géné­ral de l’UNSA
* Caro­line Chevé, Secré­taire géné­rale de la FSU
* Julie Ferrua et Murielle Guil­bert, Co-délé­guées géné­rales de l’Union syndi­cale Soli­daires
* Patri­cia Coler, Délé­guée géné­rale de l’UFISC
* Régis Balry, Direc­teur Natio­nal du CEMEA
* José­phine Delpey­rat, Délé­guée géné­rale d’Ani­ma­fac
* Sophie Descar­pen­tries, Copré­si­dente de FRENE, réseau français d’édu­ca­tion à la nature et à l’en­vi­ron­ne­ment
* Anne Féray, Copré­si­dente du MRAP, Mouve­ment contre le Racisme et pour l’Ami­tié entre les Peuples
* Tatiana Formet, Repré­sen­tante légale du Mouve­ment natio­nal Peuple et Culture
* Enzo Garcia, Président d’Eras­mus Student Network France
* Antoine Gatet, Président de France Nature Envi­ron­ne­ment
* Nico­las Gavri­lenko, Président de l’UFAL — Union des Familles Laïques
* Monique Guyot-Bernit, Prési­dente de la Cimade
* Hania Hamidi, Secré­taire géné­rale de l’UNEF
* Yannick Hervé, Coor­di­na­teur natio­nal 1001 terri­toires Pour la frater­nité
* Evanne Jeanne-Rose, Président de l’Union Natio­nale pour l’Ha­bi­tat Jeunes (UNHAJ)
* Ugo Joly, Président de Concor­dia
* Hélène Lacas­sagne, Prési­dente de La Ligue de l’En­sei­gne­ment
* Aurore Laloux, Prési­dente des Jeunes Euro­péens – France
* Armel Le Coz, Co-président de Démo­cra­tie ouverte
* Anne Mazé, Prési­dente de l’As­so­cia­tion des Ludo­thèques Françaises
* Olivier Morzelle, Président d’ATD Quart Monde
* Daniel Mosmant, Admi­nis­tra­teur d’URHAJ Île-de-France
* Suzanne Nijdam, Prési­dente de la FAGE – Fédé­ra­tion des Asso­cia­tions Géné­rales Étudiantes
* Roland Nivet, Secré­taire natio­nal et porte-parole natio­nal du Mouve­ment de la paix
* Céline Piques, Porte-parole d’Osez le Fémi­nisme
* Suzy Rojt­man, Porte-parole du Collec­tif natio­nal pour les Droits des Femmes
* François Saute­rey, Copré­sident du MRAP, Mouve­ment contre le Racisme et pour l’Ami­tié entre les Peuples
* Arnaud Tier­ce­lin, Copré­sident du CNAJEP

https://www.latri­bune.fr/article/la-tribune-dimanche/opinions/2968942851600514/opinion-ne-lais­sons-pas-lextreme-droite-deci­der-de-lave­nir-de-nos-terri­toires-par-mary­lise-leon-sophie-binet-najat-vallaud-belka­cem-cecile-duflot-unsa-et-soli­daires

https://www.ldh-france.org/28-fevrier-2026-tribune-collec­tive-ne-lais­sons-pas-lextreme-droite-deci­der-de-lave­nir-de-nos-terri­toires-par-la-tribune-dimanche/

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