19 mars 2026

Fonda­tion Coper­nic. L’objec­tif de la droite et de l’ex­trême-droite est de faire taire l’an­ti­fas­cisme.

Aver­tis­se­ment
La situa­tion inter­na­tio­nale, avec la montée de l’ex­trême droite dans de nombreux pays dont la
France, et la période ouverte par l’agres­sion mortelle d’un mili­tant d’ex­trême droite à Lyon
pose d’évi­dence la ques­tion des objec­tifs et des formes que doit prendre l’an­ti­fas­cisme
aujourd’­hui. C’est dans ce contexte dange­reux pour la démo­cra­tie que la Fonda­tion Coper­nic
désire ouvrir un débat le plus large possible, couvrant le champ poli­tique, cultu­rel et
séman­tique, sur l’ac­tua­lité de l’an­ti­fas­cisme. Le texte ci-dessous consti­tue la première étape
sur ce chemin. Il sera suivi prochai­ne­ment (et dans la durée) d’autres contri­bu­tions.

Faire taire l’an­ti­fas­cisme et redes­si­ner le paysage poli­tique
Tel est l’objec­tif de la droite et de l’ex­trême droite
L’agres­sion mortelle de Quen­tin Deranque, mili­tant raciste et anti­sé­mite assumé, lié à la
frange la plus radi­cale du catho­li­cisme réac­tion­naire et à l’« ultra-droite lyon­naise », adepte de
la violence contre le mouve­ment social et fémi­niste, a ouvert une nouvelle séquence poli­tique
lourde de dangers pour l’en­semble de la gauche et du camp progres­siste. Au delà de ses
consé­quences sur la capa­cité collec­tive de combattre l’an­ti­fas­cisme (I), cet événe­ment a joué
un rôle d’ac­cé­lé­ra­teur sur le rappro­che­ment en cours entre droite et extrême droite (II).
Inver­se­ment, il exacerbe la désunion au sein de la gauche (III). Il appelle dès lors de notre part
une réflexion appro­fon­die sur les objec­tifs et les moyens d’un anti­fas­cisme consé­quent (IV).

I/ Disqua­li­fier l’an­ti­fas­cisme
Les partis de droite et du bloc dit « central » ainsi que le Gouver­ne­ment, aiguillon­nés par le
Rassem­ble­ment Natio­nal, n’ont de cesse de cher­cher à disqua­li­fier l’an­ti­fas­cisme désor­mais
assi­milé à une nébu­leuse violente mettant en péril la vie démo­cra­tique. Par un effet de
mimé­tisme saisis­sant, les mêmes éléments de langage et le même « narra­tif » que ceux
employés par Donald Trump pour dési­gner l’en­nemi inté­rieur forment aujourd’­hui le discours
natio­nal.
A l’évi­dence, les circons­tances de la mort de ce jeune mili­tant appellent à un vrai débat sur les
moda­li­tés de l’ac­tion anti­fas­ciste et des multiples formes d’au­to­dé­fense que ce combat
requiert. Nous rappel­le­rons d’un mot ici que la manière de combattre l’ex­trême-droite ne
saurait être disso­ciée du projet d’éman­ci­pa­tion écoso­cia­liste, fémi­niste et anti­ra­ciste. A cet
égard, la ligne de conduite d’un anti­fas­cisme consé­quent ne saurait lais­ser place dans son
réper­toire d’ac­tion au viri­lisme et à de telles pratiques de lynchage.
La spéci­fi­cité lyon­naise, carac­té­ri­sée par la menace quoti­dienne que consti­tue l’ex­trême-droite
dans cette ville, doit au contraire nous inci­ter à penser collec­ti­ve­ment un anti­fas­cisme en
cohé­rence avec le projet d’éman­ci­pa­tion dont il se prévaut.
Il est dès lors urgent de ne pas lais­ser s’ins­tal­ler un récit visant à orga­ni­ser la disqua­li­fi­ca­tion
et la diabo­li­sa­tion de l’an­ti­fas­cisme, et au delà de toute la gauche de rupture. Toute une
rhéto­rique visant à poin­ter le danger que consti­tue­raient « les extrêmes » renforce le terrain
lexi­cal et poli­tique propre à une réha­bi­li­ta­tion de l’ex­trême-droite dans « l’es­pace
répu­bli­cain » et à la margi­na­li­sa­tion des gauches de rupture iden­ti­fiées comme une menace
contre l’ordre public. Tirer un trait d’éga­lité entre l’ul­tra-droite néo-nazie, le mouve­ment anti-
fasciste, et plus large­ment la France Insou­mise (comme le font actuel­le­ment le pouvoir et
malheu­reu­se­ment certaines forces de gauche) n’a d’autres visées que de cher­cher à affai­blir
toute oppo­si­tion aux inflexions de plus en plus auto­ri­taires du régime d’ac­cu­mu­la­tion
capi­ta­liste. Cela est d’au­tant plus insup­por­table que la très large majo­rité des violences
poli­tiques, dont certaines ont abouti au décès de mili­tants de gauche, large­ment docu­men­tées
depuis des décen­nies, sont le fait de l’ul­tra-droite et qu’elles ne sont que très rare­ment
sanc­tion­nées péna­le­ment.
Une telle mani­pu­la­tion est d’au­tant plus dange­reuse qu’elle s’ins­crit dans un contexte
inter­na­tio­nal ou l’ex­trême-droite est réso­lu­ment à l’of­fen­sive. Le discours visant à
crimi­na­li­ser l’an­ti­fas­cisme (et avec lui l’en­semble de la gauche) est large­ment repris par
Donald Trump qui, par l’in­ter­mé­diaire du Dépar­te­ment d’État améri­cain, déclare que « 
L’ex­tré­misme violent de gauche est en hausse, et [que] son rôle dans la mort de Quen­tin
Deranque démontre la menace qu’il repré­sente pour la sécu­rité publique (Le Monde, 20
février 2026). En Italie, les néofas­cistes demandent « Justice pour Quen­tin » et, dans la
conti­nuité du discours raciste du rassem­ble­ment Natio­nal, appellent à combattre partout en
Europe « l’is­la­mi­sa­tion rampante ». Quant à Emma­nuel Macron il renvoie dos à dos « 
fascistes et anti-fascistes », alors que dans le même temps Laurent Nuñez, ministre de
l’In­té­rieur, refuse d’in­ter­dire la mani­fes­ta­tion d’ul­tra-droite orga­ni­sée à Lyon le 21 février
dernier par l’en­semble de la facho-sphère en « Hommage à Quen­tin » sous prétexte de
défendre « la liberté d’ex­pres­sion ». Signe des temps : ce mili­tant de l’ul­tra-droite est
trans­formé en icône de la recom­po­si­tion à droite. La minute de silence orga­ni­sée à
l’As­sem­blée natio­nale, à la demande de sa prési­dente, au regard de son passé anti­sé­mite et
raciste sonne comme une injure à la démo­cra­tie Il en est de même lorsque Laurent Wauquiez,
président de la région Rhône-Alpes, et chantre de l’Union des droites, affiche son portrait en
grand format sur le fron­ton de l’Hô­tel de Région. Un véri­table retour­ne­ment de l’His­toire sur
les anciennes terres de Jean Moulin ! Au-delà de l’évé­ne­ment lui-même débou­chant sur
l’or­ga­ni­sa­tion d’une hideuse marche des fier­tés fascistes dans la capi­tale des Gaules, c’est une
nouvelle séquence de recom­po­si­tion poli­tique à laquelle on assiste, sous le signe d’une union
des droites telle que la théo­ri­sait jadis Bruno Mégret.

II/ Une recom­po­si­tion à droite lourde de consé­quences
Cette compli­cité entre la droite et l’ex­trême droite, relayée au plus haut niveau du pouvoir, est
d’au­tant plus insup­por­table qu’elle concourt à favo­ri­ser le proces­sus en cours de
recom­po­si­tion de la mouvance radi­cale de l’ex­trême droite qui voit dans cette séquence une
véri­table aubaine pour aller encore plus loin dans la provo­ca­tion, contre le mouve­ment social,
fémi­niste et anti­ra­ciste, voire écolo­giste (cf. le terme « d’éco­ter­ro­risme » invoqué en 2023 par
Gérald Darma­nin, alors Ministre de l’In­té­rieur). Les attaques verbales et physiques contre des
mili­tants, des locaux syndi­caux (comme ceux de Soli­daires) ou des perma­nences d’élus
poli­tiques, l’alerte à la bombe au siège pari­sien de la France Insou­mise, les menaces de mort
perpé­trées envers des mili­tants de gauche, n’ont qu’un seul objec­tif : faire taire toute riposte
anti­fas­ciste.
Ne nous y trom­pons pas. En dépit de la prudence affi­chée par Jordan Bardella pour ne pas
écor­ner le vernis de respec­ta­bi­lité (rela­tive) obtenu par la « dédia­bo­li­sa­tion » de son parti et
marquer une « distance » à l’égard des groupes de nervis qui gravitent autour du RN, nul
doute qu’ils pour­raient demain se voir confier un rôle de supplé­tifs pour sous-trai­ter ses basses
œuvres à l’en­droit des syndi­ca­listes, des fémi­nistes, des personnes raci­sées ou LGBTQIA+.
Après s’être super­fi­ciel­le­ment lavé de l’in­fa­mie de l’an­ti­sé­mi­tisme qui lui collait à la peau, le
RN prétend désor­mais incar­ner la Répu­blique et postu­ler à sa prési­dence, dans une version qui
durcira encore davan­tage les dispo­si­tifs les plus coer­ci­tifs de la Véme Répu­blique. L’enjeu est
trans­pa­rent. Au moment ou l’en­semble des digues qui entou­raient l’ex­trême droite sont en
train de s’écrou­ler, et que des pans entiers de la droite tradi­tion­nelle quittent le bateau pour
rejoindre Jordan Bardella et Marine Le Pen, il s’agit d’ins­tru­men­ta­li­ser cet événe­ment
drama­tique pour crimi­na­li­ser l’en­semble de la gauche de trans­for­ma­tion sociale, et redes­si­ner le paysage poli­tique français.
Ceux qui comme François Hollande ou Raphaël Glucks­mann s’en­gouffrent dans cette voie
morti­fère et déclarent caduc tout accord avec LFI au nom des gauches préten­du­ment
irré­con­ci­liables, ne font que renfor­cer la proba­bi­lité de voir le Rassem­ble­ment Natio­nal sortir
vainqueur lors des prochaines échéances élec­to­rales, notam­ment prési­den­tielles, pour mieux
s’en prendre aux immi­grés, aux femmes, aux droits des sala­riés et des plus précaires. Les
attaques contre la France Insou­mise, (large­ment relayée par la presse sous le contrôle de
Vincent Bolloré) vont dans ce sens. Maud Bregeon, porte-parole du gouver­ne­ment, décla­rait
que nous avons tous : « une respon­sa­bi­lité quand on glisse un bulle­tin LFI dans l’urne »
cher­chant ainsi à détour­ner « le peuple de gauche » du chemin de la victoire. Cette volonté de
diabo­li­sa­tion concerne l’en­semble de celles et ceux qui se réclament d’un véri­table
chan­ge­ment social, Elle s’ins­crit dans la suite logique des dernières élec­tions légis­la­tives ou,
alors que les forces de gauche unies au sein du NFP avaient été majo­ri­taires, Emma­nuel
Macron avait refusé de nommer un premier ministre issu de ses rangs. C’est bien cette
éven­tua­lité que le pouvoir et la droite cherchent à conju­rer pour les prochaines échéances.
On mesure bien ici les nouveaux piéti­ne­ments program­més en direc­tion de l’État de droit et
les liber­tés publiques.

III/ Refu­ser la désunion à gauche
Pour contrer cette funeste orien­ta­tion il convient que l’en­semble de la gauche et des
écolo­gistes ne tombe pas dans le piège gros­sier qui leur est tendu. L’His­toire a
malheu­reu­se­ment large­ment démon­tré que la désunion des gauches face à la montée de
l’ex­trême droite, fasciste ou hitlé­rienne, ne peut abou­tir, à terme, qu’à son acces­sion au
pouvoir. Au moment où certaines forces poli­tiques de gauche, pour des raisons oppo­sées
(mais toutes aussi morti­fères) s’éver­tuent à briser toute pers­pec­tive d’unité, il importe que le
mouve­ment social s’op­pose à la nouvelle situa­tion poli­tique ouverte aujourd’­hui, et réaf­firme
la néces­sité de retrou­ver une forme d’es­pé­rance dans un avenir éman­ci­pa­teur.
Refu­ser de s’en­gouf­frer comme certains y ont consenti, par oppor­tu­nisme ou par cécité, dans
le piège qui leur a été tendu visant à isoler et bannir la France Insou­mise de l’es­pace
démo­cra­tique au risque de susci­ter de nouvelles attaques, qui vise­ront alors l’en­semble des
forces mili­tantes de gauche, ne vaut pas vali­da­tion des choix stra­té­giques de la FI ni de ceux
de l’ex Jeune Garde. Elle ne vaut pas non plus excom­mu­ni­ca­tion ! Mais cela suppose aussi
que la radi­ca­lité en poli­tique reparte de sa défi­ni­tion étymo­lo­gique : prendre à la racine les
ques­tions qui se posent pour l’ave­nir de nos socié­tés.

IV/ Œuvrer à la refon­da­tion d’un mouve­ment anti­fas­ciste de masse
Penser sans aveu­gle­ment et sans complai­sance les pièges et les écueils qu’une telle séquence
recèle nous encou­rage à ouvrir les condi­tions d’un débat poli­tique serein et argu­menté sur la
néces­sité de construire un véri­table front unitaire anti­fas­ciste.
En effet, la focale placée sur une bataille rangée entre anti­fas et mili­tants d’ex­trême-droite ne doit pas nous faire oublier qu’il existe en France et à l’échelle inter­na­tio­nale un vaste
réper­toire d’ac­tions anti­fas­cistes qui ne se réduit pas à ce seul affron­te­ment. Il en va ainsi du travail quoti­dien des orga­ni­sa­tions syndi­cales sur les lieux de travail et de la forma­tion assu­rée par le réseau VISA, comme de la mobi­li­sa­tion des fémi­nistes contre les attaques visant les droits des femmes ou encore des collec­tifs LGBTQIA+ qui s’or­ga­nisent contre l’of­fen­sive des droites radi­cales. On peut y ajou­ter l’en­semble des médias alter­na­tifs indé­pen­dants qui docu­mentent et analysent cette réalité et orga­nisent le débat sur les moyens de la contrer. Le spectre de l’an­ti­fas­cisme est beau­coup plus large que le prisme poli­ti­cien et média­tique ne le laisse saisir. Raison de plus pour faire vivre le débat avec l’en­semble des actrices et acteurs
qui y sont impliqué.es, sans tabous ni exclu­sives. Il faut pour cela prendre la mesure du risque
bien réel de margi­na­li­sa­tion d’un anti­fas­cisme réduit à la seule conflic­tua­lité de rue, coupé des
forces sociales avec lesquelles il peut et doit chan­ger d’échelle. Si la ques­tion de l’au­to­dé­fense
fait son retour, il convient de l’abor­der à l’aune de la situa­tion histo­rique actuelle.
Nous savons qu’à l’époque des réseaux sociaux, les régimes d’af­fects ont une impor­tance
préémi­nente. L’ex­trême-droite à cet égard déploie une stra­té­gie qui vise à donner une caisse
de réso­nance et une légi­ti­mité aux « passions tristes » qui hélas travaillent la société française,
et à les mettre en récit. Un anti­fas­cisme du XXIème siècle ne pourra faire l’éco­no­mie d’une
réflexion sur les affects mobi­li­sables. Il devra débattre de ceux qu’il retient pour mieux
déli­mi­ter son terrain, y compris éthique. Il aura besoin d’un récit éman­ci­pa­teur dési­rable,
suscep­tible de supplan­ter le cata­logue des peurs, des haines et des ressen­ti­ments qui,
inva­ria­ble­ment carac­té­risent celui de l’ex­trême-droite.
Les mobi­li­sa­tions de la société étasu­nienne contre la police de l’im­mi­gra­tion (ICE) véri­table
milice d’ex­trême-droite inté­grée à l’ap­pa­reil d’État, sont à cet égard porteuses d’en­sei­gne­ments
et d’es­poirs. Minnea­po­lis a montré que les affects liés à la soli­da­rité immé­diate de voisi­nage,
du souci de l’autre, pouvaient avoir une force propul­sive y compris pour mettre collec­ti­ve­ment
en échec le pouvoir et contraindre Donald Trump à un premier recul. L’al­chi­mie sociale créée
à partir des collec­tifs de migrant.es, des orga­ni­sa­tions commu­nau­taires, des collec­tifs mili­tants de quar­tiers et du mouve­ment syndi­cal, nous livre la formule de ce que pour­rait être un anti­fas­cisme de masse. Nous pour­rions évoquer aussi la capa­cité de mobi­li­sa­tion, le courage et l’in­ven­ti­vité de la société ukrai­nienne face à l’agres­seur impé­ria­liste russe, ce qui suppose d’éta­blir un lien entre le combat contre les diffé­rents impé­ria­lismes et un anti­fas­cisme
consé­quent.
Tels sont les enjeux et les défis qu’il nous faut rele­ver pour être en capa­cité d’ins­tal­ler dans
l’es­pace public notre propre agenda et cesser de subir celui d’une extrême-droite dopée par sa
montée en puis­sance à l’échelle mondiale. La réponse anti­fas­ciste se doit d’être
inter­na­tio­na­liste. Elle ne peut en effet avoir de sens que si elle intègre sa dimen­sion
inter­na­tio­nale et vise à relayer et coor­don­ner l’en­semble des initia­tives déve­lop­pées contre les
extrême-droites..
L’or­ga­ni­sa­tion d’as­sises sur l’an­ti­fas­cisme, où l’en­semble des ques­tions liées aux
conte­nus et aux moda­li­tés de son inter­ven­tion, pour­raient être mises en débat, par-delà
les diffé­rences ou les diver­gences d’orien­ta­tion. Une telle initia­tive nous paraît être une
néces­sité cruciale au regard des échéances et des enjeux du moment.
Dans ce contexte parti­cu­liè­re­ment préoc­cu­pant, la fonda­tion Coper­nic conti­nuera de lutter,
aujourd’­hui comme hier, avec ses propres armes qui sont celles de la pensée critique et de
l’ac­tion collec­tive. Elle pour­sui­vra son combat pour l’unité des forces démo­cra­tiques,
syndi­cales, asso­cia­tives et poli­tiques contre le danger de la droite en symbiose avec le
discours raciste et xéno­phobe du Rassem­ble­ment Natio­nal. Elle conti­nuera à œuvrer pour
qu’un futur dési­rable puisse être la réalité de demain.

Gérard Dela­haye, Didier Gelot, Philippe Sultan, membres du Conseil d’Ad­mi­nis­tra­tion de la
Fonda­tion Coper­nic

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