Mettre un terme à la campagne d’exécutions et de condamnations à mort arbitraires de manifestant·e·s (et autres textes)
- IRAN. Au moins 67 prisonniers exécutés en juillet 2026
- Hengaw fait état de violations généralisées des droits des femmes en Iran au cours du mois de juillet 2026
- Déclaration de la Plateforme syndicale suédoise pour l’Iran
- Iran : Huit manifestant.es de Mashhad risquent la peine de mort
- CSDHI : Iran. Il faut mettre un terme à la campagne d’exécutions et de condamnations à mort arbitraires de manifestant·e·s
- Pourquoi l’Iran cible-t-il ses enseignant.es indépendant.es ?
IRAN. Au moins 67 prisonniers exécutés en juillet 2026
IRAN / ROJHILAT – En juillet dernier, les autorités iraniennes ont exécuté au moins 67 prisonniers, dont 10 Kurdes, selon le Centre de statistiques de l’ONG Hengaw. Ce chiffre représente une baisse de 30% par rapport à juillet 2025, où Hengaw avait recensé 96 exécutions.
Parmi les personnes exécutées figuraient deux femmes — Setayesh Mohammadipour (Jahrom) et Azam Gerami (Yasuj) — ainsi qu’un mineur délinquant baloutche, Meysam Irandegani, exécuté à 18 ans pour un crime commis à 16 ans.
Seules 8 exécutions (12%) ont été annoncées officiellement par les autorités. Hengaw a par ailleurs documenté 7 exécutions secrètes, réalisées sans prévenir les familles, et 2 exécutions publiques.
Neuf prisonniers politiques et d’opinion exécutés
Au moins neuf prisonniers politiques, prisonniers d’opinion ou personnes arrêtées lors des manifestations de janvier 2026 et du mouvement « Femme, Vie, Liberté » (Jin, Jiyan, Azadi) ont été mis à mort. Ils étaient notamment accusés de « moharebeh » (guerre contre Dieu), d’espionnage ou d’atteinte à la sécurité nationale.
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https://kurdistan-au-feminin.fr/2026/08/03/iran-au-moins-67-prisonniers-executes-en-juillet-2026/
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Hengaw fait état de violations généralisées des droits des femmes en Iran au cours du mois de juillet 2026
Hengaw – Mercredi 5 août 2026
Au cours du mois de juillet 2026, les autorités iraniennes ont arrêté au moins 11 militantes et condamné 17 femmes à la peine de mort, à des peines d’emprisonnement et à la flagellation. Au cours du même mois, l’Organisation Hengaw pour les droits dhumains a recensé 12 féminicides, l’exécution de deux femmes et les meurtres commis par l’État de deux femmes kurdes à travers l’Iran.
Deux femmes exécutées en Iran au cours du mois de juillet 2026
Au moins deux femmes ont été exécutées dans des prisons iraniennes au cours du mois de juillet 2026. L’une d’elles a été exécutée pour des faits liés à la drogue, tandis que l’autre l’a été pour « meurtre avec préméditation ».
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Deux femmes kurdes tuées par les forces iraniennes
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Onze militantes arrêtées en Iran au cours du mois de juillet 2026
Les forces de sécurité iraniennes ont arrêté au moins 11 militantes au cours du mois de juillet, ce qui représente 8,5% de l’ensemble des arrestations recensées par l’Organisation Hengaw pour les droits de humains au cours de ce mois.
Au moins cinq des personnes arrêtées étaient des femmes kurdes.
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Femmes condamnées en Iran en juillet 2026
En juillet 2026, les tribunaux iraniens ont condamné 17 militantes à la peine de mort, à des peines d’emprisonnement et à la flagellation, parmi lesquelles Mahnaz Chahardouli, qui a été condamnée à mort. Au total, ces femmes ont été condamnées à 65 ans, 3 mois et 15 jours de prison, tandis que trois d’entre elles ont également été condamnées à un total cumulé de 135 coups de fouet.
Parmi les personnes condamnées figuraient au moins quatre femmes kurdes et deux femmes bahá’íes. (…)
Douze féminicides recensés en Iran au cours du mois de juillet 2026
Au moins 12 femmes ont été tuées dans le cadre de féminicides recensés à travers l’Iran en juillet 2026. La grande majorité d’entre elles ont été tuées par des proches, le plus souvent par leur mari.
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Au moins deux de ces féminicides ont été classés comme des « crimes d’honneur ». Huit femmes ont été tuées à la suite de conflits familiaux, une a été tuée après avoir réclamé le paiement de sa mahrieh (droit financier lié au mariage) et une autre a été tuée après avoir rejeté une demande en mariage.
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https://hengaw.net/en/reports-and-statistics-1/2026/08/article-2
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Déclaration de la Plateforme syndicale suédoise pour l’Iran
Non aux exécutions – Non à la guerre
La Plateforme syndicale suédoise pour l’Iran condamne fermement la vague croissante d’exécutions en Iran. Nous condamnons également toutes les attaques militaires menées par les États-Unis, Israël et la République islamique d’Iran.
Nous estimons que ni la guerre, ni les exécutions, ni la répression ne peuvent apporter de solution pour l’avenir de l’Iran. Au contraire, elles ne font qu’aggraver les souffrances du peuple iranien.
Nous appelons à la formation d’une alliance large, indépendante et bien organisée regroupant toutes les forces démocratiques et éprises de liberté, notamment les syndicats, les organisations de femmes, les enseignant.es, les étudiant.es, les retraité.es, les forces politiques démocratiques, les minorités nationales et toutes les couches opprimées de la société.
Une telle alliance devrait se mettre en place autour d’objectifs communs de liberté, de justice sociale, de démocratie et de respect des droits humains.
Notre opposition à la guerre ne doit pas être interprétée comme un soutien à la République islamique. Au contraire, l’expérience a montré à maintes reprises que l’intervention militaire étrangère, loin d’affaiblir le régime autoritaire, offre souvent au gouvernement l’occasion de renforcer les mesures sécuritaires, de réprimer l’opposition intérieure et de présenter les manifestations populaires comme le résultat de « d’ingérences étrangères ».
La grande majorité de l’opposition iranienne aspire à la fin de la République islamique, même si ses membres divergent sur la manière d’atteindre cet objectif. Les expériences de nombreux pays, ainsi que l’histoire récente de l’Iran lui-même, démontrent que la guerre ne garantit pas la démocratie et n’offre pas non plus une voie fiable vers la liberté et la justice.
Selon les rapports d’organisations de défense des droits humains, dont HRANA, plus de 400 personnes ont été exécutées en Iran depuis le début de cette année. Malgré cette répression brutale, la résistance populaire se poursuit.
Parmi les exemples récents, on peut citer :
* la grève des travailleurs/euses de Motogen à Tabriz,
* les actions syndicales menées dans certaines parties du secteur pétrolier et gazier,
* la campagne « Les mardis contre les exécutions » menée par les détenu.es de la prison de Qezel Hesar,
* les manifestations nationales des retraité.es protestant contre l’insuffisance des retraites,
* la mauvaise qualité des soins de santé et le non-paiement des prestations,
* ainsi que les manifestations publiques contre les exécutions et, récemment, le comportement violent des forces de sécurité sur la place Ali Khani à Ispahan.
Ces exemples démontrent que les mouvements sociaux iraniens restent actifs, résilients et déterminés malgré une répression systématique.
La machine d’exécution de la République islamique ne vise pas uniquement les prisonnier.es politiques et les manifestant.es. Un grand nombre de détenu.es ordinaires sont également victimes de ce cycle de violence orchestré par l’État. Le recours massif à la peine de mort sert d’instrument d’intimidation, de terreur et de consolidation du régime autoritaire.
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Nous sommes convaincus que la liberté du peuple iranien ne sera obtenue ni par une intervention militaire de puissances étrangères, ni au sein même des structures de la République islamique. Elle ne peut être conquise que par une lutte indépendante, consciente, organisée et unie, fondée sur la solidarité entre les mouvements syndicaux, sociaux, civiques et démocratiques.
L’histoire nous enseigne qu’aucune transformation fondamentale ne s’accomplit sans organisation, stratégie, solidarité et participation active du peuple. L’action collective organisée a le pouvoir de changer le cours de l’histoire, tandis que les mouvements fragmentés, aussi répandus soient-ils, finissent par s’essouffler.
Nous pensons également qu’aucun mouvement ne peut perdurer sans ouverture à la critique, au dialogue et à l’acceptation de points de vue divergents. Le danger commence lorsque tout choix politique est soustrait à la critique et transformé en une croyance incontestable.
La résistance n’est pas seulement un symbole, c’est une voie.
Unité – Lutte – Victoire
La Plateforme syndicale Suèdoise pour l’Iran lance un appel :
Nous appelons les gouvernements, les institutions internationales, le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits humains, l’Organisation internationale du travail (OIT) et toutes les organisations de défense des droits humains à prendre des mesures concrètes et efficaces pour parvenir aux objectifs suivants :
* La libération immédiate et inconditionnelle de tous les syndicalistes, prisonnier.es politiques, militant.es de la société civile et de toutes les personnes détenues lors des récentes manifestations.
* La suspension immédiate de toutes les exécutions et l’abolition totale de la peine de mort en Iran.
Plateforme syndicale suédoise pour l’Iran
La Plateforme syndicale suédoise pour l’Iran a été créée en 2014 par la Confédération LO, le Syndicat des travailleurs/euses des transports, le Syndicat des employé.es municipaux, If Metal et le Syndicat des enseignant.es.
Traduction : Union syndicale Solidaires
https://www.europe-solidaire.org/spip.php?article79602
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Iran. Il faut mettre un terme à la campagne d’exécutions et de condamnations à mort arbitraires de manifestant·e·s
Les exécutions publiques de deux manifestants mardi 28 juillet 2026, après celle d’au moins trois autres la semaine précédente, marque une nouvelle escalade dans le recours à la peine capitale par les autorités pour étouffer la dissidence, a déclaré Amnesty International. L’organisation craint qu’au moins 60 autres personnes, dont trois arrêtées alors qu’elles étaient mineures, soient sous la menace d’une exécution après leur condamnation à mort, tandis que de nombreuses autres font encore l’objet de poursuites pour des infractions passibles de la peine capitale en lien avec les manifestations.
Durant le premier semestre de 2026, les autorités iraniennes ont de plus en plus utilisé des accusations liées à la sécurité nationale formulées en des termes vagues, telles que l’espionnage et la collaboration avec des États hostiles, pour condamner à mort des personnes arrêtées dans le contexte des manifestations de janvier 2026. (…)
Les autorités iraniennes ont déclenché une vague effroyable d’exécutions et de condamnations à mort pour punir et réprimer la dissidence et donner une image de force et de contrôle absolu à la suite du soulèvement populaire de janvier et sur fond d’attaques des forces états-uniennes et israéliennes
Heba Morayef, Amnesty International.
« Le silence de la communauté internationale encourage les autorités iraniennes à poursuivre leur massacre. Les États membres de l’ONU doivent prendre de toute urgence des mesures diplomatiques coordonnées pour faire pression sur elles afin que les exécutions cessent.(…)
Étant donné que des milliers de personnes ont été arrêtées dans le contexte des manifestations de janvier 2026 et que les familles s’abstiennent généralement de signaler les condamnations à mort par crainte des représailles, Amnesty International est convaincue que de nombreux autres manifestant·e·s risquent de subir ce châtiment.
Exécutions arbitraires liées aux manifestations de janvier 2026
Depuis les attaques illégales menées par Israël et les États-Unis contre l’Iran le 28 février 2026, les autorités iraniennes ont intensifié le recours à la peine de mort contre les personnes arrêtées dans le contexte du soulèvement de janvier 2026.
Le 28 juillet 2026, les autorités ont exécuté arbitrairement Amir Hossein Safari et Abolfazl Sepahi en public. Tous deux avaient été arrêtés pendant les manifestations à Ispahan le 8 janvier 2026 et condamnés à mort à l’issue d’un procès collectif manifestement inéquitable concernant des dizaines d’accusé·e·s. (…)(
Huit autres personnes condamnées à mort dans la même affaire risquent d’être exécutées à tout moment (…)
Mehdi Khaneki, Mohammad Amini Dehaghani, Javad Zamani, Abolfazl Saedi, Ashkan Maleki et Mehrdad Mohammadinia font partie de ceux qui ont été arbitrairement exécutés à la suite de condamnations pour des actes n’impliquant aucun « homicide volontaire », en violation du droit international et des normes connexes.
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Le pouvoir judiciaire et les médias d’État qualifient régulièrement les manifestants exécutés de « fantassins de l’ennemi », « assassins maniant l’épée à la solde du Mossad » et « agents de l’ennemi se faisant passer pour des manifestants ».
Multiplication des condamnations à mort arbitraires liées aux manifestations de janvier 2026
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L’augmentation du recours à la peine capitale s’accompagne d’une multiplication des déclarations officielles et des messages dans les médias d’État décrivant systématiquement les manifestations de janvier 2026 comme une « conspiration terroriste américano-sioniste » ou un « coup d’État ». De hauts responsables du pouvoir judiciaire et d’autres membres des autorités continuent de promettre publiquement des procédures accélérées et l’imposition de peines très lourdes contre les manifestant·e·s.
Selon les informations recueillies par Amnesty International, des manifestant·e·s ont été condamnés à mort à l’issue de procès manifestement iniques tenus à huis clos, marqués par des disparitions forcées, des actes de torture et d’autres mauvais traitements, l’interdiction de consulter un·e avocat·e pendant la phase d’enquête, la privation du droit d’être défendu·e par l’avocat·e de son choix pendant le procès, et l’utilisation d’« aveux » forcés, en violation du droit à la présomption d’innocence, du droit d’être protégé·e de la torture et des autres mauvais traitements, du droit de ne pas être obligé·e de s’accuser soi-même et du droit de ne pas être privé·e arbitrairement de la vie. La Cour suprême a aussi confirmé des condamnations à mort sans réel réexamen des dossiers, privant les accusé·e·s de leur droit à un recours équitable et effectif.
Les autorités ont en outre créé un climat de peur en utilisant de plus en plus la loi sur l’espionnage. Ce texte érige en infractions des activités pacifiques protégées par le droit international relatif aux droits humains, comme le fait de transmettre des informations sur les manifestations et les violations des droits humains à des médias étrangers lorsque les autorités jugent ce comportement contraire à la sécurité nationale, et prévoit la peine capitale pour des actes qualifiés d’« activités de renseignement » ou d’espionnage à la solde d’Israël, des États-Unis ou d’un autre État ou groupe désigné comme « hostile ».
Dans une nouvelle escalade, le ministère du Renseignement a publié le 14 juillet 2026 une liste de plus de 400 personnes et entités, dont des organisations de défense des droits humains et des médias indépendants basés en dehors du pays, considérées comme « hostiles » en vertu de la loi sur l’espionnage. Les personnes en Iran qui communiquent avec les individus ou entités de cette liste risquent des poursuites et pourraient être condamnées à mort si les autorités qualifiaient cette conduite d’« activité de renseignement » ou d’espionnage.
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Ni Benyamin Naghdi, ni Peyman Gaji n’ont été accusés d’avoir été impliqués dans la mort de membres des forces de sécurité.
Au moins trois personnes qui étaient mineures lors de l’infraction présumée – Erfan Amiri, Mansour Jafari et Matin Mohammadi – risquent aussi d’être exécutées. Le droit international relatif aux droits humains interdit formellement de recourir à la peine de mort contre une personne qui était âgée de moins de 18 ans au moment des faits qui lui sont reprochés.
Les autorités iraniennes doivent immédiatement renoncer à toutes les mises à mort programmées et instaurer un moratoire officiel sur toutes les exécutions en vue d’abolir totalement la peine de mort.
Complément d’information
Les autorités iraniennes ont réagi aux manifestations qui ont éclaté dans tout le pays le 28 décembre 2025 par une répression militarisée sans précédent. Elles ont utilisé massivement des armes à feu et d’autres formes de force létale en violation du droit international, tuant des milliers de manifestant·e·s et de passant·e·s les 8 et 9 janvier 2026 et arrêtant des dizaines de milliers de personnes. À la suite des attaques menées par les États-Unis et Israël contre l’Iran le 28 février 2026, l’État a intensifié la répression dans le pays au prétexte de la « situation de guerre », exécutant au moins 52 personnes pour des motifs politiques, dont des manifestant·e·s et des dissident·e·s.
Amnesty International s’oppose catégoriquement à la peine de mort dans tous les cas et en toutes circonstances. Ce châtiment viole le droit à la vie et est le plus cruel, le plus inhumain et le plus dégradant qui soit.
