Aller au contenu

Appel unitaire au retrait de la plate­forme Parcour­sup et du projet de loi rela­tif à l’orien­ta­tion et à la réus­site des étudiants (loi ORE)

Ce 20 janvier l’ASES orga­ni­sait à la Bourse du Travail de Paris un meeting sous l’in­ti­tulé « La sélec­tion n’est pas la solu­tion ». La majo­rité des orga­ni­sa­tions de inter­fé­dé­rale (FSU, CGT, FO, SUD, UNEF, UNL…) ainsi que des asso­cia­tions soute­naient cette initia­tive ou bien, comme le SNESUP, avaient direc­te­ment appelé les collègues à s’y joindre. De nombreux syndiqués étaient présents. L’ap­pel ci-dessous a été adopté à l’una­ni­mité. Au plus fort de l’après-midi la salle Henaff était pleine, soit plus de 300 personnes.

 

« Appel du 20 janvier 2018 »

 

Nous, étudiant.e.s, membres du person­nel de l’en­sei­gne­ment supé­rieur et secon­daire, réuni.e.s le 20 janvier 2018 à la Bourse du Travail de Paris, réaf­fir­mons que la réforme mise en place à marche forcée par la ministre Frédé­rique Vidal, alors que le projet de loi est encore en discus­sion devant le Parle­ment, ne se limite pas à la « correc­tion » d’une lacune dans le système APB : cette réforme met en place les condi­tions d’une compé­ti­tion et d’un clas­se­ment entre élèves, ensei­gnants, forma­tions, univer­si­tés et terri­toires. Les propos de la ministre devant la commis­sion « Culture, Éduca­tion, ensei­gne­ment supé­rieur et recherche » du Sénat laissent clai­re­ment entendre que le projet de loi ORE est pensé et imposé en lieu et place d’un inves­tis­se­ment massif de moyens à hauteur de l’enjeu que repré­sente l’Uni­ver­sité pour le pacte répu­bli­cain. Si le président de la Répu­blique a pu dire qu’ « il faut en finir avec le mythe de l’uni­ver­sité pour tous », ce n’est assu­ré­ment pas à lui de déci­der de cela. L’uni­ver­sité publique française est fondée sur l’ac­cès de droit à tout titu­laire du bac, sur des frais d’ins­crip­tion conte­nus et fixés natio­na­le­ment, sur l’éga­lité entre établis­se­ments et sur le cadrage natio­nal des diplômes. Tous ces prin­cipes sont remis en cause par le projet de loi ORE et par la mise en place de Parcour­sup. Ceci rend possible à moyen terme une augmen­ta­tion des frais d’ins­crip­tion, l’en­det­te­ment des étudiants et la priva­ti­sa­tion de filières complètes de l’en­sei­gne­ment supé­rieur public. S’op­po­ser à cette loi par tous les moyens légaux est une ardente obli­ga­tion : il y va de l’éga­lité de toutes et tous pour l’ac­cès à la connais­sance, à la forma­tion et à la culture. 

Voilà pourquoi nous appe­lons :

  1. à ne pas répondre aux injonc­tions de mise en œuvre d’une procé­dure prévue par une loi non encore votée. L’éthique du fonc­tion­naire engage à refu­ser les ordres illé­gaux. Nous appe­lons aussi à saisir les tribu­naux admi­nis­tra­tifs contre toute déci­sion prise dans les établis­se­ments en dehors du cadre démo­cra­tique de vote dans les conseils centraux.
  2. à défendre le bacca­lau­réat comme premier grade univer­si­taire fondé sur des épreuves anonymes en fin de termi­nale. Nous appe­lons, avec les collègues du secon­daire mobi­li­sés contre la réforme du Bac et pour le retrait de Parcour­sup, à ne pas parti­ci­per à la mise en place de la réforme, en donnant des avis posi­tifs à tous les élèves. Nous appe­lons les parents d’élèves à inter­pe­ler sur ce point leurs repré­sen­tants, les direc­tions des lycées et les élus de la nation.
  3. à inves­tir immé­dia­te­ment dans l’uni­ver­sité le milliard par an dont la néces­sité est recon­nue depuis long­temps par tous : les 6 milliards du crédit impôt recherche  est la preuve que l’argent est dispo­nible pour l’uni­ver­sité, sans porter atteinte aux équi­libres budgé­taires natio­naux.
  4. à la réunion d’une Coor­di­na­tion natio­nale de l’édu­ca­tion  samedi 27 janvier 2018.
  5. à parti­ci­per massi­ve­ment à la jour­née natio­nale de grève et de mobi­li­sa­tion du 1er février.

Appel adopté à l’una­ni­mité

Billets en relation :

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.