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Des gilets jaunes dénoncent les appels au suicide lancés à des poli­ciers par des mani­fes­tants ce samedi à Paris

Le cri « suici­dez vous! »lancé par certains mani­fes­tants ce samedi à des
poli­ciers alors que le nombre de suicides dans la police est si élevé est
into­lé­rable. Bien sûr la déri­sion tous azimuts est devenu une
marchan­dise vulgaire et rentable dans les médias de masse; nous nous
habi­tuons à rica­ner de tout.
Mais qui a vu au moins une fois le corps suppli­cié d’un suicidé sait le
respect et le silence qui est dû à ces malheu­reux.
Les mani­fes­tants pour un autre monde ont à garder une éthique
mili­tante face à nos adver­saires qui n’ont guère d’éthique quant à eux.
Ajou­tons que les repré­sen­tants des « syndi­cats » de poli­ciers qui font la
commu­ni­ca­tion de Casta­ner comme ils firent celle de ses prédé­ces­seurs
et qui appellent avec rage chaque semaine à toujours plus de répres­sion
ne sont pas nos amis.

PB, 22–4–2019




« Commu­niqué Gilets Jaunes »
  Nous dénonçons avec vigueur les propos invi­tant les poli­ciers à se suici­der, enten­dus très margi­na­le­ment et pour la première fois lors de l’acte XXIII des Gilets Jaunes, après plus de cinq mois de
mobi­li­sa­tion.   Nous appor­tons notre soutien total aux familles des
vingt-huit poli­ciers et des deux gendarmes qui ont mis fin à leurs
jours depuis le début de l’an­née. Notre soli­da­rité et notre compas­sion
vont aux fonc­tion­naires qui subissent, comme nous, au quoti­dien, les
poli­tiques de destruc­tion du service public.   Macron et son
gouver­ne­ment, dont la légi­timé ne tient plus qu’à un fil, sont au service d’une oligar­chie qui spolie chaque jour un peu plus l’hon­nête travail des Français, instru­men­ta­lise sans vergogne des forces de l’ordre déjà mises à rude épreuve.  

Toute­fois, les violences poli­cières consta­tées de manière répé­tée durant les vingt-trois semaines de mobi­li­sa­tion restent sans précé­dent
dans l’his­toire de la Ve Répu­blique. Le compte, malheu­reu­se­ment
provi­soire, fait état de 248 bles­sures à la tête, 23 personnes ébor­gnées, 5 mains arra­chées, ainsi que le décès de la malheu­reuse Zineb Redouane, âgée de 80 ans, dont la famille vient de porter plainte.  
Un certain nombre d’agents, qui ne devraient pas avoir leur place
dans la police, acceptent d’obéir à certains ordres au mépris de tout
cadre déon­to­lo­gique, et mutilent sciem­ment des mani­fes­tants paci­fiques.   La justice devrait à ce sujet se montrer sévère, et l’on est en droit de
penser que la sépa­ra­tion des pouvoirs est plus que jamais mise à mal
dans ce pays et sous ce gouver­ne­ment.  
Dans ce contexte de dégra­da­tion mani­feste du climat social, il paraît
évident que des propos malheu­reux peuvent, et pour­ront encore surgir
ici ou là, sans pour autant empor­ter l’adhé­sion géné­rale.

Lors du dernier acte, un poli­cier m’a par exemple genti­ment
proposé de me crever l’œil qu’il me reste (Jérôme Rodrigues).   Par
consé­quent, nous condam­nons la manœuvre des poli­ti­ciens et des
médias qui se sont saisis des propos d’une petite poignée d’in­di­vi­dus
pour tenter de diabo­li­ser une fois encore les gilets jaunes.   Car
l’en­tre­prise n’est pas nouvelle, et toutes les pires lâche­tés auront été
mobi­li­sées en ce sens. On aurait bien aimé voir condam­ner, avec la
même véhé­mence, les propos de Luc Ferry lorsqu’il appe­lait à tirer
sur les mani­fes­tants. On aurait bien aimé voir condam­ner les
bavures à répé­ti­tion, ainsi que l’ex­tra­or­di­naire rétré­cis­se­ment des
liber­tés indi­vi­duelles auquel nous assis­tons. L’État assume en effet
une trajec­toire auto­ri­taire dans l’in­dif­fé­rence géné­rale des grands
médias, si prompts à s’émou­voir par ailleurs.
Nous n’al­lons pas tomber dans le piège qui nous est tendu. Nous savons que les poli­ciers et les gendarmes sont fati­gués, que les fortes chaleurs à venir seront éprou­vantes pour eux, et que leur hiérar­chie craint plus
que tout qu’ils frater­nisent avec leurs compa­triotes, unis dans le plus
formi­dable mouve­ment social qui soit apparu en France depuis plus de
cinquante ans.  
S’il souhaite réel­le­ment mettre un terme à cette situa­tion, nous invi­tons expres­sé­ment le président Macron à mettre en actions nos reven­di­ca­tions. Il les trou­vera par exemple dans les conclu­sions du Vrai
ébat.   Notre déter­mi­na­tion est intacte, et nous reste­rons mobi­li­sés
autant qu’il le faudra.  

Pris­cil­lia Ludosky, Laeti­tia Dewalle, Julie Castin, Élodie Crisias (95),
Faouzy Lellouche, Benoit Le Cam (Chartres), Maxime Nicolle,
Philippe Pascot, Natha­naël RAMPHFT (Lille), Éric Drouet, Juan Branco, François Boulo, Hakim Lowe, Maxime Souque (Le vrai débat),
Jérôme Rodrigues #Lafa­mille

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