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En 2017, faisons Front commun ! L’ap­pel auquel fait réfé­rence la majo­rité d’En­semble!

En 2017, faisons Front commun

« Citoyennes et citoyens de gauche, orga­ni­sés ou non, nous voulons que les élec­tions prési­den­tielle et légis­la­tives de 2017 soient utiles pour ouvrir dans notre pays une pers­pec­tive poli­tique de progrès humain, démo­cra­tique, social et écolo­gique.

Après cinq ans de gouver­ne­ments se récla­mant de la gauche tout en pour­sui­vant les poli­tiques néoli­bé­rales et auto­ri­taires de la droite, l’écœu­re­ment et la colère risquent de se traduire par une absten­tion record de l’élec­to­rat popu­laire, une défaite histo­rique du parti socia­liste et la victoire d’une droite radi­ca­li­sée flanquée d’une extrême droite plus menaçante que jamais. Quant à la gauche de trans­for­ma­tion sociale et écolo­gique, qui avait commencé à créer du neuf, notam­ment avec le Front de gauche, elle pour­rait bien reve­nir une nouvelle fois à sa disper­sion anté­rieure et tuer pour long­temps l’es­poir qu’elle avait réussi à faire naître en 2012. Nous ne voulons pas de ce scena­rio épou­van­table qui abou­ti­rait à un très dange­reux face à face entre néoli­bé­ra­lisme et natio­nal-popu­lisme, confor­tant la super­che­rie visant à faire passer celui-ci pour la seule alter­na­tive envi­sa­geable au « système » qui ravage nos socié­tés. Le pire devien­drait alors possible.

Au vu des risques bien réels d’une catas­trophe poli­tique aux consé­quences incal­cu­lables, nous en appe­lons à l’es­prit de respon­sa­bi­lité et d’au­dace de toutes les forces de la gauche de trans­for­ma­tion sociale et écolo­giste. Elles sont diverses, à l’image du peuple qu’il s’agit de rassem­bler, comme des combats dont elles sont héri­tières : socia­liste, commu­niste, écolo­giste, liber­taire, fémi­niste, anti­co­lo­nia­liste, paci­fiste, anti­ra­ciste, alter­mon­dia­listes, etc. Mais elles ont telle­ment en commun, comme l’ont montré l’adop­tion du programme « l’Hu­main d’abord » il y a cinq ans, les luttes que nous avons menées ensemble et l’in­té­rêt soulevé en Europe par des expé­riences nova­trices comme celles de Syriza et Pode­mos, qu’il serait inac­cep­table qu’elles ne réus­sissent pas à se rassem­bler aujourd’­hui pour mener ensemble le combat diffi­cile qui s’an­nonce.

Dans cet esprit, nous déci­dons de nous enga­ger dans la campagne élec­to­rale de 2017. Les jeux ne sont pas faits. En profon­deur, le peuple français est en attente. Les mobi­li­sa­tions au moment de la COP 21, celles contre la déchéance de natio­na­lité et à Notre Dame des Landes, contre la loi travail et Nuit debout ont montré que, dans l’au­to­no­mie de leurs mouve­ments et dans leur diver­sité, les exigences de justice sociale et écolo­giste, d’éga­lité, de démo­cra­tie sont toujours bien vivantes. Elles doivent pouvoir trou­ver l’ex­pres­sion de leur poten­tiel poli­tique. Il est donc vital de créer un élan, et pour cela de jeter de toute urgence les bases du rassem­ble­ment poli­tique à construire.

Cela suppose une nouvelle propo­si­tion poli­tique, un programme et des candi­da­tures en rupture avec l’ordre produc­ti­viste et néoli­bé­ral, permet­tant un très large rassem­ble­ment de forces et de person­na­li­tés repré­sen­ta­tives des diffé­rentes sensi­bi­li­tés de gauche, à égalité avec des citoyennes et des citoyens enga­gées dans la vie poli­tique, syndi­cale, asso­cia­tive, intel­lec­tuelle et cultu­relle.

On assiste au contraire à un épar­pille­ment suici­daire. EELV s’ap­prête à dési­gner son candi­dat. Les « fron­deurs » du PS risquent, après la primaire, de se retrou­ver à soute­nir un candi­dat qu’ils n’ont eu de cesse de combattre. Le Front de Gauche est éclaté. Le Parti commu­niste désigne ses candi­dats aux légis­la­tives et annonce qu’il déci­dera le 5 novembre prochain de la candi­da­ture qu’il présen­tera ou soutien­dra pour la prési­den­tielle. Jean-Luc Mélen­chon a annoncé la sienne et entend que « La France insou­mise » qu’il a créée soit le cadre unique d’or­ga­ni­sa­tion des campagnes élec­to­rales de l’an prochain. Tout cela ne pour­rait abou­tir qu’à des candi­da­tures fratri­cides, y compris aux légis­la­tives, et à un désastre complet.

Nous refu­sons de lais­ser une nouvelle fois le piège de l’élec­tion prési­den­tielle et les débats sur une candi­da­ture ruiner tout espoir avec la vaine recherche d’une femme ou d’un homme provi­den­tiel. Une candi­da­ture de large rassem­ble­ment est possible et peut résul­ter d’une construc­tion collec­tive impliquant direc­te­ment, au-delà des forces concer­nées, les citoyen-nes. Quels que soient les argu­ments des uns et des autres ou les diver­gences que nous pouvons avoir avec lui, la candi­da­ture de Jean-Luc Mélen­chon est dans les circons­tances actuelles instal­lée dans le paysage poli­tique. Elle exprime dans les classes popu­laires le refus à gauche de la poli­tique mise en œuvre par François Hollande. A six mois de l’échéance, il serait, à nos yeux, irres­pon­sable de ne pas prendre acte de cette situa­tion. Cepen­dant son mouve­ment « La France insou­mise » ne repré­sente qu’une partie des forces dispo­nibles. Réus­sir à les rassem­bler très large­ment néces­site une alter­na­tive poli­tique plura­liste, démo­cra­tique, répon­dant aux exigences d’un fonc­tion­ne­ment plus hori­zon­tal et citoyen portées notam­ment par la mobi­li­sa­tion contre la loi travail et les Nuits debout.

Il faut donc fran­chir une étape. Afin de nous enga­ger toutes et tous ensemble dans ce combat poli­tique si impor­tant pour l’ave­nir de notre pays, il est indis­pen­sable que soit consti­tué au plan natio­nal, avec toutes les parties concer­nées, un lieu d’échange et de coor­di­na­tion qui rendra compte de notre diver­sité poli­tique et sera ouverte aux acteurs des mouve­ments sociaux comme aux intel­lec­tuels, créa­teurs et artistes, qui mani­fes­tera notre ambi­tion commune et donnera à nos campagnes prési­den­tielle et légis­la­tives la plus grande effi­ca­cité. Nous propo­sons que celles et ceux qui entendent se joindre à notre appel contri­buent acti­ve­ment à la conver­gence des forces sociales et poli­tiques de gauche et écolo­giste dans les villes, les dépar­te­ments et les 577 circons­crip­tions légis­la­tives, avec les orga­ni­sa­tions locales du PCF, du PG et de « La France insou­mise », d’En­semble, d’EELV et des groupes de socia­listes critiques, ceux de l’Ap­pel des cent, les assem­blées citoyennes créées dans le cadre du Front de gauche ainsi que les citoyennes et citoyens, celles et ceux qui se sont mobi­li­sés depuis des mois contre la poli­tique du gouver­ne­ment, les femmes et les hommes suscep­tibles de parti­ci­per à une démarche de rassem­ble­ment et d’in­no­va­tion à gauche pour 2017. C’est la clé d’une conver­gence à gauche auda­cieuse et déter­mi­née, d’une véri­table dyna­mique collec­tive et donc du succès. Nous prenons à cette fin toutes les initia­tives néces­saires.

Nous appe­lons toutes les femmes, tous les hommes et toutes les forces de progrès à se joindre à cette démarche en signant cet appel et en s’en­ga­geant concrè­te­ment pour la réali­sa­tion des objec­tifs qu’il se fixe. C’est la condi­tion pour échap­per au piège qui nous est tendu en 2017. Et pour que cette campagne marque une étape déci­sive dans la recons­truc­tion dans notre pays d’une gauche digne de ce nom. »

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