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Justice sociale, justice clima­tique : c’est un chan­ge­ment de cap qu’il faut impo­ser

A l’ini­tia­tive d’At­tac et de la Fonda­tion Coper­nic, syndi­ca­listes, respon­sables asso­cia­tifs et poli­tiques, cher­cheur·es, univer­si­taires ou artistes appellent à mani­fes­ter paci­fique­ment dans la rue massi­ve­ment le 8 décembre, jour­née de mobi­li­sa­tion inter­na­tio­nale pour la justice clima­tique, en conver­gence avec la quatrième jour­née de mobi­li­sa­tion des gilets jaunes.

Tribune.

Le mouve­ment des gilets jaunes met dans le débat public l’en­semble de la poli­tique sociale du gouver­ne­ment. Plus large­ment ce sont les poli­tiques néoli­bé­rales mises en œuvre par les gouver­ne­ments succes­sifs depuis des décen­nies qui sont en cause. Fins de mois de plus en plus diffi­ciles, préca­ri­sa­tion toujours accrue du travail, injus­tice fiscale, condi­tions de vie qui se dété­riorent, telle est la situa­tion subie par la majo­rité de la popu­la­tion. Ce qui touche en parti­cu­lier les femmes, très nombreuses à se mobi­li­ser dans ce mouve­ment. Dans le même temps, l’éva­sion fiscale n’a jamais été aussi impor­tante et les plus riches se sont vu offrir de multiples allè­ge­ments d’im­pôts : suppres­sion de l’ISF, flat tax de 30 % pour les reve­nus du capi­tal qui ne sont plus soumis à l’im­pôt progres­sif, baisse de l’im­pôt sur les socié­tés… Dans ces condi­tions, l’aug­men­ta­tion des taxes sur les carbu­rants est appa­rue comme « la goutte d’eau qui a fait débor­der le vase ».

En dépit d’une tenta­tive de main­mise de l’ex­trême droite sur le mouve­ment, celui-ci se carac­té­rise par son auto-orga­ni­sa­tion hori­zon­tale et pose l’exi­gence d’une démo­cra­tie réelle contre une prési­dence auto­ri­taire et mépri­sante. A l’heure où se déroule la COP 24 en Pologne et où la lutte contre le réchauf­fe­ment clima­tique est urgente, ce mouve­ment met égale­ment en évidence le lien entre la ques­tion sociale et les impé­ra­tifs écolo­giques : les plus grands pollueurs sont exoné­rés de tout effort, les prin­ci­pales causes du réchauf­fe­ment clima­tique ne sont pas trai­tées, la casse des services publics et des commerces de proxi­mité et l’éta­le­ment urbain se pour­suivent, les alter­na­tives en matière de trans­port en commun ne sont pas déve­lop­pées. Le modèle du loge­ment social en France est en mis en péril par sa marchan­di­sa­tion au profit des grands groupes privés. Dans ces condi­tions, ce n’est certai­ne­ment pas aux classes moyennes et popu­laires de payer la tran­si­tion écolo­gique.
La poli­tique du gouver­ne­ment ne répond ni à la colère sociale ni aux impé­ra­tifs écolo­giques. Le gouver­ne­ment laisse les multi­na­tio­nales et les lobbys produc­ti­vistes n’en faire qu’à leur tête en privi­lé­giant toujours plus leur inté­rêt propre et celui de leurs action­naires au détri­ment du plus grand nombre et de l’ave­nir de la planète. Pendant des jours, le gouver­ne­ment a campé sur une posture intran­si­geante, refu­sant le moindre geste et clamant qu’il main­te­nait le cap et ce, malgré le fait qu’une énorme majo­rité de la popu­la­tion soute­nait ce mouve­ment. Cette atti­tude a entraîné une exas­pé­ra­tion crois­sante qui a conduit à des actes de violence dont le gouver­ne­ment pouvait espé­rer tirer parti. Cela n’a pas été le cas et le soutien de la popu­la­tion est resté massif.

Le gouver­ne­ment vient d’an­non­cer, entre autres, le gel, puis l’an­nu­la­tion de l’aug­men­ta­tion des taxes sur les carbu­rants. C’est un premier recul mais c’est trop peu, trop tard, car c’est de toute la poli­tique sociale et de ses consé­quences écono­miques et écolo­giques qu’il faut discu­ter. Alors même que la jeunesse a décidé de se mettre en mouve­ment pour contes­ter les choix éduca­tifs du pouvoir, c’est un chan­ge­ment de cap qu’il faut impo­ser. Pour commen­cer, il faut répondre aux reven­di­ca­tions syndi­cales en augmen­tant le smic et en reve­nant sur le plafon­ne­ment de l’aug­men­ta­tion des retraites à 0,3 %, réta­blir l’ISF et taxer les multi­na­tio­nales, dont Total, les Gafa et les banques qui financent les éner­gies fossiles pour inves­tir massi­ve­ment dans l’iso­la­tion ther­mique des bâti­ments et les éner­gies renou­ve­lables.

C’est pourquoi, les sous­si­gné·es, syndi­ca­listes, respon­sables asso­cia­tifs et poli­tiques, cher­cheur·es, univer­si­taires, artistes, etc., soutiennent les reven­di­ca­tions de justice fiscale et sociale portées par le mouve­ment des gilets jaunes. Ils appellent la popu­la­tion à se mobi­li­ser pour impo­ser une poli­tique qui permette de mieux vivre, et à mani­fes­ter paci­fique­ment dans la rue massi­ve­ment le 8 décembre, jour­née de mobi­li­sa­tion inter­na­tio­nale pour la justice clima­tique, en conver­gence avec la quatrième jour­née de mobi­li­sa­tion des gilets jaunes.

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