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La psychia­trie en deuil. Thouars, 13 février 2020

Voici un commu­niqué natio­nal de l’Union syndi­cale de la psychia­trie:

Jeudi 13 février, une infir­mière exerçant au centre spécia­lisé de Thouars est morte dans l’exer­cice de son métier, tuée par un jeune patient hospi­ta­lisé. Nous sommes forte­ment touchés par ce drame qui brise une vie, une famille, des collègues et amènera proba­ble­ment ce patient au crépus­cule quand il s’en rendra compte.

Richard Ferrand ne l’a pas compris, montrant une inhu­ma­nité crasse face à la demande de Caro­line Fiat, à l’As­sem­blée natio­nale, d’une minute de silence à la mémoire de cette jeune femme fonc­tion­naire.

Si un tel passage à l’acte de patient est raris­sime, compor­tant toujours une part de mystère tenant au déchai­ne­ment de la folie, il n’en reste pas moins que les profes­sion­nels exerçant en psychia­trie ont le senti­ment d’être de plus en plus expo­sés à l’agres­si­vité des patients, parti­cu­liè­re­ment dans les unités d’hos­pi­ta­li­sa­tion. L’ac­crois­se­ment des mesures d’iso­le­ment et de conten­tions montre leurs diffi­cul­tés à y faire face.

Depuis au moins deux ans, les profes­sion­nels de la psychia­trie tentent de faire entendre leur voix pour dénon­cer le manque de moyens que sont les leurs pour soigner correc­te­ment les sujets qu’ils ont à prendre en charge. Les grèves dures n’y ont pas suffi, le Prin­temps de la psychia­trie non plus. Les choses n’ont pas changé et ne font qu’em­pi­rer.

Pour abais­ser ce niveau de violence dans les services, il faut de toute urgence des renforts de person­nels pour donner de la dispo­ni­bi­lité à la rela­tion, donner du temps pour écou­ter, penser, comprendre, donner du temps pour faire la cuisine ensemble, donner du temps pour se prome­ner dans les jardins. Ne plus retar­der toujours le moment de la rencontre, qui parfois n’a jamais lieu.

Il faut du temps aussi pour l’ana­lyse clinique et insti­tu­tion­nelle.

Il faut d’ur­gence des forma­tions qui permettent aux méde­cins de décou­vrir une plura­lité des pratiques, alliant l’ap­pren­tis­sage des psycho­thé­ra­pies à la phar­ma­co­pée, et pas unique­ment en centres univer­si­taires. Des forma­tions spéci­fiques pour les infir­miers, dont la psychia­trie repré­sente une portion congrue des trois années d’en­sei­gne­ment post-bac.

Le minis­tère déplore qu’i­so­le­ment et conten­tions sont deve­nus les réponses de première inten­tion aux phéno­mènes de violences émer­geant dans les services, mais que fait-il pour enrayer le phéno­mène ?

La psychia­trie, ses usagers et ses profes­sion­nels étouffent de cette situa­tion inte­nable et inhu­maine pour tous.

Pour l’USP,
Delphine Glachant

Nous recom­man­dons aussi la lecture de billet de blog du jour­na­liste renommé Jean-Yves Nau : https://jeany­ves­nau.com/2020/02/14/au-lende­main-de-la-mort-de-linfir­miere-poignar­dee-le-cri-du-prin­temps-de-la-psychia­trie/

Nous avons lu dans La Nouvelle répu­blique des Deux Sèvres daté du 14 février cette poignante réac­tion d’ un infir­mier psychia­trique CGT de cet hôpi­tal, Alain Fouquet : »Les sala­riés sont boule­ver­sés, les équipes vivent un calvaire ».

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 Et puis aussi :

Commu­niqué de Sud Santé Sociaux

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