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« Les vaccins contre la Covid19 doivent deve­nir un bien commun mondial »

Fédé­ra­tion mondiale des travailleurs scien­ti­fiques
World Fede­ra­tion of Scien­ti­fic Workers

Edité par le SNCS-FSU, Syndi­cat natio­nal des cher­cheurs scien­ti­fiques, syndi­cat de la FSU.


Paris, le 6 juillet 2021
LES VACCINS CONTRE LA COVID 19 DOIVENT DEVENIR UN BIEN COMMUN MONDIAL
« La pandé­mie n’est pas sous contrôle. La catas­trophe sani­taire en Inde en témoigne, mais aussi la situa­tion en Russie, Brésil, Chili, Afrique du Sud, Grande-Breta­gne… Dans de nombreux pays, les vaccins restent une denrée rare voire inexis­tante. Les dons de vaccins
des pays riches aux pays moins nantis sont loin de permettre la vacci­na­tion de toutes les popu­la­tions mena­cées. Par ailleurs, nul ne sait si les vaccins actuels proté­ge­ront effi­ca­ce­ment de l’émer­gence éven­tuelle de nouveaux variants plus agres­sifs.
Par cette décla­ra­tion, nous rejoi­gnons les commis­sions d’éthique de l’UNESCO qui affirment que « la dispo­ni­bi­lité des vaccins pour tous, dans tous les pays, est une ques­tion éthique essen­tielle » et que les vaccins doivent deve­nir un « Bien commun mondial » effec­tif.
Nous appuyons l’en­ga­ge­ment de l’Inde et de l’Afrique du Sud, soute­nus par une centaine de pays, dont la Chine et la Russie, puis par les États-Unis et aujourd’­hui par la France, afin que l’Or­ga­ni­sa­tion mondiale du commerce (OMC) libère les licences de produc­tion des
vaccins contre la Covid, comme le demande depuis des mois la FMTS avec divers mouve­ments progres­sistes. Malheu­reu­se­ment, des pays parti­ci­pants à l’OMC (dont les déci­sions se prennent à l’una­ni­mité), notam­ment l’Al­le­magne et le Royaume-Uni, s’op­posent à la libé­ra­tion de ces licences. Ils cherchent ainsi à proté­ger les grands groupes phar­ma­ceu­tiques et leurs sur- profits consi­dé­rables.

Il ne sera donc pas possible de favo­ri­ser à court terme la diffu­sion des tech­niques de fabri­ca­tion vacci­nale permet­tant à de nombreuses régions et pays de par le monde de proté­ger leurs popu­la­tions.
Il est donc très probable que la pandé­mie ne sera pas endi­guée de sitôt.
Aussi, il est néces­saire de rappe­ler les efforts de l’OMS pour déve­lop­per les coopé­ra­tions entre pays au plan sani­taire et scien­ti­fique.
C’est la voie la plus promet­teuse. Pour ce faire, il faut se libé­rer de la domi­na­tion des logiques finan­cières et mercan­tiles.
Nous avons besoin de déve­lop­per les connais­sances fonda­men­tales sur cette mala­die comme sur les zoonoses nouvelles qui ne manque­ront pas de surve­nir. Le soutien aux centres de recherche publics et à leur syner­gie doit être déve­loppé.

En même temps, les poli­tiques publiques doivent se doter des protec­tions contre les
conflits d’in­té­rêt nuisant à la promo­tion des soins les plus effi­caces et contre la méfiance, voire l’hos­ti­lité, de nombreuses personnes envers la vacci­na­tion. Il est essen­tiel de soute­nir aussi les centres de soins et augmen­ter le nombre de soignant(e)s alors que de
nombreux pays – notam­ment du Sud, d’où migrent par ailleurs de forts contin­gents de méde­cins et de person­nels para­mé­di­caux – connaissent des régres­sions ou insuf­fi­sances mises en exergue par la pandé­mie.
La pandé­mie s’est éten­due en pleine accé­lé­ra­tion du chan­ge­ment clima­tique. Elle nous rappelle que le modèle écono­mique domi­nant mondial affecte non seule­ment l’en­vi­ron­ne­ment mais aussi la santé humaine. La décen­nie sera déter­mi­nante pour mieux proté­ger l’hu­ma­nité de catas­trophes massives et meur­trières.
Nous appe­lons nos collègues à rejoindre les mouve­ments pour chan­ger nos façons de produire et de consom­mer et mieux prendre soin de la vie sur terre en géné­ral et de nos congé­nères en parti­cu­lier.
Le Secré­ta­riat inter­na­tio­nal

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