28 février 2026

Méde­cins sans fron­tières. « Ukraine : vivre dans un pays détruit par quatre années de guerre »

Quatre ans d’in­va­sion à grande échelle (Cinq textes)

Ukraine : vivre dans un pays détruit par quatre années de guerre

Le 24 février 2022, après 8 années d’af­fron­te­ments dans l’est du pays, les troupes russes ont lancé une inva­sion à grande échelle de l’Ukraine. Depuis, l’es­ca­lade conti­nue du conflit armé a coûté la vie à des milliers de civils, déplacé des millions de familles et causé des dégâts consi­dé­rables aux infra­struc­tures, y compris aux instal­la­tions médi­cales. Ces 4 années de guerre ont dévasté le pays. La Popu­la­tion tente de survivre dans des condi­tions de vie extrê­me­ment précaires, aggra­vées par la destruc­tion ciblée des infra­struc­tures éner­gé­tiques par les forces russes.

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« Au cours des deux derniers mois, nous avons vécu un hiver très diffi­cile, le plus froid que l’Ukraine ait connu depuis plusieurs années. Les attaques russes ont visé les infra­struc­tures élec­triques et de chauf­fage, et les consé­quences ont été brutales. J’ai dû emmé­na­ger dans l’ap­par­te­ment d’un collègue après un mois sans eau courante, sans toilettes, avec un chauf­fage très inter­mit­tent et parfois seule­ment 2 ou 3 heures d’élec­tri­cité par jour  », détaille Robin Meldrum, direc­teur des acti­vi­tés de MSF en Ukraine.

MSF est présente dans des abris comme celui où vivent Kate­rina et Damir, grâce à des cliniques médi­cales mobiles. Les besoins des personnes dépla­cées sont crois­sants, alors que les combats conti­nuent de vider les villes et les villages. Le nombre de consul­ta­tions four­nies par les cliniques médi­cales mobiles a plus que doublé en 2025 par rapport à 2024, passant de 4 327 à 9 500. 

Pour de nombreuses personnes vivant près de la ligne de front, la déci­sion de quit­ter leur foyer est très diffi­cile à prendre, malgré le danger extrême que repré­sente l’avan­cée de la ligne de front. Dispo­sant de moyens finan­ciers limi­tés et de peu d’al­ter­na­tives, les personnes âgées et celles souf­frant de mala­dies chro­niques restent souvent chez elles jusqu’à ce que les bombar­de­ments inces­sants et l’ef­fon­dre­ment des infra­struc­tures et des services essen­tiels, y compris les services médi­caux, ne leur laissent d’autre choix que de fuir.

L’am­pleur des destruc­tions en Ukraine est très impor­tante et ne fait que s’ag­gra­ver. La nature de la guerre, qui mobi­lise en première ligne de l’ar­tille­rie, des drones et des missiles, n’épargne rien ni personne lorsque la ligne de front se déplace. Les équipes de MSF ont égale­ment été contraintes de s’adap­ter, quit­tant sept hôpi­taux et plus de 40 sites où elles géraient des cliniques mobiles, lorsque la situa­tion est deve­nue trop dange­reuse. 

« Un hôpi­tal géné­ral que nous soute­nions près de la ligne de front à l’est n’avait pas de chirur­gien, jusqu’à ce que l’équipe MSF propose d’y inté­grer une équipe médi­cale. Pendant 12 mois, notre équipe a réalisé ou assisté 452 inter­ven­tions chirur­gi­cales dans cet hôpi­tal, jusqu’à ce que la ligne de front se rapproche trop et que nous devions nous reti­rer et commen­cer à soute­nir un autre hôpi­tal situé un peu plus loin de la zone de combat active  » explique Robin Meldrum.

Lyman, dans la région de Donetsk, est l’un des districts où MSF gérait des cliniques mobiles avant que l’in­sé­cu­rité ne rende les opéra­tions impos­sibles. En juin 2024, les acti­vi­tés ont été entiè­re­ment suspen­dues. Aujourd’­hui, envi­ron 2 000 habi­tants restent dans cette ville située en première ligne, qui subit des bombar­de­ments quoti­diens.

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Alors que la guerre se pour­suit, les hôpi­taux, les phar­ma­cies, les écoles et les maga­sins ont été détruits ou fermés. Des villes entières sont deve­nues inha­bi­tables. À mesure que les combats se pour­suivent, les dépla­ce­ments de popu­la­tion augmentent — et les besoins huma­ni­taires deviennent plus complexes et prolon­gés. 

MSF conti­nue de four­nir des soins médi­caux et psycho­lo­giques dans toute l’Ukraine. Elle apporte un soutien aux hôpi­taux situés près de la ligne de front, parti­cipe à la gestion des ambu­lances pour les bles­sés de guerre et à la gestion des cliniques mobiles dans les abris et les commu­nau­tés accueillant des personnes dépla­cées, mais aussi dans les endroits où les gens tentent de rester, malgré l’ef­fon­dre­ment des services et l’avan­cée des lignes de front.

Https://www.msf.fr/actua­lites/ukraine-vivre-dans-un-pays-detruit-par-quatre-annees-de-guerre

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