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Nais­sance d’En­semble! en Charente

Même dans les périodes diffi­ciles, on doit se réjouir d’une nais­sance, puisqu’elles sont porteuses d’es­poirs futurs !

Ça y est, les résul­tats des premier et deuxième tours des élec­tions régio­nales sont connus ! Il ne nous reste que l’amer­tume et un gout de fiel dans la bouche ; partout, quel que soit la région, Front de Gauche et Europe Ecolo­gie, réunis ou concur­rents, n’in­carnent plus d’al­ter­na­tive crédible face au social libé­ra­lisme mâtiné d’au­to­ri­ta­risme qu’est devenu le gouver­ne­ment français . C’est le Front Natio­nal qui repré­sente aujourd’­hui l’al­ter­na­tive pour x millions d’élec­teurs

Alors, nous vous annonçons la nais­sance d’une nouvelle section d’un parti poli­tique en Charente : Ensemble !

Ensemble ! est le regrou­pe­ment de plusieurs petits partis poli­tiques qui a commencé fin 2013 et s’est conclu lors d’un congrès consti­tu­tif début 2015: Les Alter­na­tifs, Conver­gences et Alter­na­tive, la Fédé­ra­tion pour une Alter­na­tive Sociale et Ecolo­gique, la Gauche Anti­ca­pi­ta­liste, une large majo­rité des mili­tants de Gauche unitaire et des personnes précé­dem­ment non-membres d’une orga­ni­sa­tion poli­tique ; Compte tenu de sa créa­tion, il s’agit plus d’un mouve­ment poli­tique où l’on discute et où on cherche au maxi­mum à régler ses débats internes par consen­sus que d’un parti poli­tique avec sa ligne impo­sée d’en haut, ses combats entre courants, ses appé­tits élec­to­raux et ses leaders auto­pro­cla­més.

Notre objec­tif : Chan­ger la vie !

Chan­ger la vie parce que nous voulons être fier du travail que nous faisons et remer­cié pour sa qualité, parce que nous voulons avoir un revenu qui ne nous oblige pas à jongler toutes les fins de mois et que nous voulons avoir le temps de nous occu­per de nos compagnes ou compa­gnons, de nos enfants ou de nos amis.

Alors, oui, nous sommes socia­listes et auto­ges­tion­naires pour que chacun puisse avoir sa place recon­nue dans le travail, nous voulons réduire la durée de travail vers les 30 h par semaine pour qu’il n’y ait plus de cama­rades sur le bord de la route, nous voulons un autre partage des richesses pour que nous ayons tous de quoi vivre et nous choi­si­rons toujours la soli­da­rité et la cama­ra­de­rie contre la promo­tion indi­vi­duelle et la compé­ti­ti­vité.

Alors est-ce la peine de préci­ser que nous sommes aussi sans réserve pour le déve­lop­pe­ment des services publics de qualité, contre l’aus­té­rité, le libé­ra­lisme, le produc­ti­visme … ?

Chan­ger la vie parce que nous aimons vivre, que nous aimons nous prome­ner dans la campagne ou dans notre ville ; parce que nous aimons bien manger avec nos amis et que nous ne voulons plus avaler n’im­porte quels pesti­cides dans notre assiette, parce que nous aimons notre planète telle qu’elle est.

Alors, oui, nous sommes écolo­gistes et anti­nu­cléaires pour que chacun d’entre nous puisse profi­ter de la vie, pour que nous ne nous trou­vions pas un jour obligé de quit­ter nos maisons comme les habi­tants de Tcher­no­byl ou Fuku­shima, pour que nous ne soyons plus obli­gés d’ache­ter pétrole et gaz à ces dicta­tures que sont l’Ara­bie Saou­dite ou le Koweit, pour que nous ne consom­mions pas plus que ce que notre planète ne peut suppor­ter.

Alors est-ce la peine de préci­ser que nous sommes aussi parti­sans d’une décrois­sance raison­née où nous rempla­ce­rons la décrois­sance de la consom­ma­tion de biens maté­riels par la crois­sance de la culture, de l’édu­ca­tion, de la santé … ?

Chan­ger la vie parce que nous voulons être libres d’ai­mer qui nous voulons comme nous voulons, quel que soit sa race, sa natio­na­lité, sa reli­gion, son sexe, avec ou sans-papiers et que nous savons qu’il n’y a qu’une seule espèce humaine sur terre, pygmées, chinois ou eski­mos ! Parce que nous savons que c’est grâce à la soli­da­rité entre ses membres que cette fragile espèce a pu traver­ser les millé­naires pour deve­nir ce que nous sommes aujourd’­hui.

Parce que cette soli­da­rité est bafouée aux fron­tières de Schen­gen par la mort de milliers de migrants qui tentent de fuir la guerre et la misère, misère provoquée par toujours plus de profit pour les plus riches, bafouée égale­ment par le triste sort fait aux migrants et aux sans-papiers exploi­tés et traqués ; nous nous battrons égale­ment pour que les travailleurs immi­grés, léga­le­ment ou pas, aient des droits recon­nus par tous, que le droit de vote leur soit enfin accordé, pour que l’on recon­naisse leurs cultures dans le cadre de la laïcité répu­bli­caine ; pour qu’ils puissent s’in­té­grer progres­si­ve­ment dans notre société, et enfin pour qu’on n’ou­blie pas que nombre d’entre eux sont morts pour la liberté de la France pendant les première et deuxième guerres mondiales. Nous nous battrons aussi pour que cesse l’ex­ploi­ta­tion des pays pauvres qui pousse des popu­la­tions entières à fuir leur pays.

Alors oui nous sommes pour la régu­la­ri­sa­tion de tous les sans-papiers et le respect du droit d’asile.

Et parce que plus de la moitié de cette espèce sont des femmes, alors oui, nous sommes fémi­nistes. Pour que les femmes aient partout les mêmes droits, les mêmes reve­nus, les mêmes devoirs que les hommes. Pour l’élar­gis­se­ment de services publics de la petite enfance permet­tant aux femmes de conci­lier vie de famille et vie profes­sion­nelle. Pour qu’en­fin partout soit reconnu le libre choix de leur sexua­lité, l’ac­cès libre et gratuit à la contra­cep­tion et à l’avor­te­ment et pour que des moyens consé­quents soient consa­crés à la lutte contre les violences faites aux femmes.

Le chan­ge­ment socié­tal se fera car nous ne céde­rons pas d’un pouce face aux tenta­tives répé­tées des franges les plus réac­tion­naires de notre société pour reve­nir en arrière, pour faire inter­dire les asso­cia­tions telles que le plan­ning fami­lial, le libre accès à l’avor­te­ment, pour faire inter­dire le mariage pour tous.

Chan­ger la vie parce que nous voulons vivre en paix, parce que nous voulons pouvoir prendre tranquille­ment un verre à la terrasse des bistrots sans risquer notre vie, parce que les « fous de dieu », qu’ils soient musul­mans, catho­liques, protes­tants, hindouistes, n’ont que l’in­vec­tive et l’ana­thème à la bouche et préfèrent la mort à la vie ; nous nous voulons vivre !

Mais tout ça ne se fera du jour au lende­main et le résul­tat de ces dernières élec­tions viennent de nous montrer que la bêtise et la haine de l’autre, ont de beaux jours devant eux dans notre pays ! C’est bien le résul­tat de la victoire cultu­rel de la droite, de ceux qui croient avoir gagné dans la lutte des classes. Nous les combat­trons sans relâche, comme nous combat­trons sans relâche, ceux qui aujourd’­hui réin­tro­duise le droit du sang, la déchéance de natio­na­lité de sinistre mémoire et par leurs reculs succes­sifs accré­ditent les idées les plus nauséa­bondes.

Alors, on s’y coltine !

Le chan­ge­ment social ne vien­dra pas d’un seul coup mais se fera par le déve­lop­pe­ment des formes d’éco­no­mie non capi­ta­lis­tiques, SCOP (société coopé­ra­tive ouvrière de produc­tion), régies publiques, coopé­ra­tives à taille humaine, entre­prises natio­na­li­sées sous contrôle public, etc…) Il se fera égale­ment par le soutien aux luttes syndi­cales, par des légis­la­tions locales ou natio­nales limi­tant les pouvoirs du capi­ta­lisme libé­ral, mais aussi par nos inves­tis­se­ments éthiques (terre de liens …).

Le chan­ge­ment écolo­gique se fera aussi progres­si­ve­ment, par la modi­fi­ca­tion de nos compor­te­ments indi­vi­duels et collec­tifs, par le soutien aux formes coopé­ra­tives de consom­ma­tion (Amap, Ener­coop… ) ou de produc­tion (éner­gie parta­gée), par notre enga­ge­ment dans les asso­cia­tions anti­nu­cléaires, par notre soutien à tous ceux et celles qui mènent des combats diffi­ciles à Notre Dame des Landes ou ailleurs.

Le combat pour chan­ger la vie est multi­forme et il n’y en a pas une supé­rieure aux autres ; dans les asso­cia­tions pour faire parta­ger nos idées de soli­da­rité, de lutte contre toutes formes de discri­mi­na­tions, et de protec­tion de notre planète ; dans les syndi­cats pour défendre le droit du travail, pour aider nos cama­rades écra­sés et pour propo­ser de nouveaux rapports dans l’en­tre­prise.

Et enfin au niveau poli­tique ; parce que nous croyons que chan­ger la vie se fera aussi par des modi­fi­ca­tions de textes légis­la­tifs que ce soit au niveau commu­nal, dépar­te­men­tal, régio­nal, natio­nal, euro­péen. Parce que nous pensons que la situa­tion devient suffi­sam­ment grave pour que nous ne souhai­tions pas la voir conti­nuer à se dégra­der et que la poli­tique du pire qui voudrait lais­ser la droite extrême et à l’ex­trême droite prendre le pouvoir nous paraît morti­fère ; Parce que nous pensons qu’il faut des élus pour influen­cer sur le cours des choses ou bien, sinon, nous préve­nir des mauvais coups qui se préparent, -non des élus profes­sion­nels mais des citoyens parmi d’autres-; et avoir des élus, dans le système élec­to­ral de la 5ème répu­blique veut dire passer des compro­mis sans compro­mis­sion. Et aussi parce que c’est au niveau poli­tique que nous pouvons porter un projet global et concret de chan­ge­ment radi­cal, car c’est sur du concret que nous pouvons travailler ensemble,

Comment faire ?

Nous nous inscri­vons réso­lu­ment dans une démarche de Front (popu­laire, de Gauche, du peuple …peu importe le nom) car ce n’est que par l’union des forces de Gauche avec lesquelles nous parta­geons la plupart des analyses et des objec­tifs que nous pour­rons progres­ser. Mais nous n’avons jamais pensé qu’une telle recom­po­si­tion se ferait rapi­de­ment. La mise en commun, la confiance, la prise de conscience de la néces­sité de se dépas­ser, cela prend du temps.

Avec des cama­rades commu­nistes lassés de la valse hési­ta­tion de leurs diri­geants entre le PS ou le Front de Gauche suivant les oppor­tu­ni­tés locales et qui croient encore à feue l’union de la gauche de 1980 ; Avec des cama­rades d’EELV qui ne supportent plus le carrié­risme de certain-e-s, qui ne veulent pas du « green washing » des entre­prises du CAC 40, et qui ne veulent pas s’en­fer­mer dans un indi­vi­dua­lisme mépri­sant ; Avec les cama­rades du Parti Socia­liste qui se sentent trahis par leur parti mais qui n’ont pas encore trouvé vers où se diri­ger pour avoir de l’ef­fi­ca­cité -et nous ne voulons pas faire de l’an­ti­so­cia­lisme primaire même si le gouver­ne­ment actuel et ses filiales régio­nales dépar­te­men­tales ou locales nous révoltent- ; Avec les cama­rades du Parti de Gauche, des mouve­ments citoyens, de Nouvelle Donne, du NPA …

Ensemble ! nous ne voulons pas être un énième parti poli­tique propo­sant sa ligne venue d’en haut, se voulant le guide des masses incultes ou bien nous consi­dé­rant comme une entre­prise de place­ment pour jeunes loups-louves-, nous voulons simple­ment être reconnu en tant que citoyens concer­nés par notre envi­ron­ne­ment social, écono­mique et écolo­gique ; nous voulons que le socia­lisme auto­ges­tion­naire, l’éco­lo­gie, la soli­da­rité, le fémi­nisme soient à nouveau des idées porteuses d’es­poir, des objec­tifs qui nous font rêver .

Alors pourquoi un nouveau parti poli­tique ?! Parce que dans le système actuel, il est encore néces­saire d’avoir une orga­ni­sa­tion globale au niveau natio­nal, non pas pour dicter sa ligne de pensée, mais pour coor­don­ner les efforts multiples de ses mili­tants, pour rassem­bler ceux qui sont férus d’éco­no­mie et ceux dont la passion est l’éco­lo­gie, pour défendre ces idées par rapport aux appé­tits féroces de ceux qui veulent le pouvoir pour l’argent ou les honneurs

Est-ce une utopie ?

Et puis, surtout, n’ou­blions pas que si la poli­tique est une chose très sérieuse parce que c’est par elle que nous pouvons chan­ger nos vies, alors, ne la lais­sons pas aux mains des senten­cieux, des pisses froid, de ceux qui ont la vérité révé­lée,

La poli­tique, c’est comme la vie, rendons la joyeuse !

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