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Nuit debout. A Poitiers. Article de Centre presse du 11 avril.

Plusieurs dizaines ce soir du 11 avril . Demain, dès 18 heures, ça conti­nue. Place de la mairie.

Un article paru dans la presse locale du 11 avril au matin:

« Ils sont là, debout, sur la place Leclerc, quelques-uns s’af­fairent à monter une agora, les uns sont canton­nés à la cantine froide. Les autres se rassemblent par petits groupes. Pas de porte-parole, que des indi­vi­dua­li­tés pour dire non à ce qu’il se passe dans le pays. Pour mili­ter « pour une nouvelle démo­cra­tie sans tout balayer de celle qui existe », raconte Jules, 21 ans, en fac d’his­toire. « Je viens pour qu’on s’ap­pro­prie la démo­cra­tie par le bas, témoigne Nico­las, 37 ans, sala­rié dans une entre­prise privée. Si nous sommes là ce soir, c’est parce que nous avons été dégoû­tés de la poli­tique de ces quarante dernières années. »

Estelle, 32 ans, ensei­gnante, a été à Paris vivre cette expé­rience – « J’ai même écrit une chan­son inti­tu­lée « Nuit Debout » qui est passée sur France Inter » -. A Poitiers, samedi soir, elle espère créer « une plate­forme popu­laire et démo­cra­tique. »
La place Leclerc prend des allures d’une immense tribune citoyenne pour que chacun s’ex­prime, « redis­cute ensemble ». L’idée semble faire son chemin, les parti­ci­pants à cette première « Nuit Debout » venus pour des raisons diffé­rentes convergent quant à la fina­lité de ce mouve­ment, qui ressemble fort à une expres­sion poli­tique nouvelle. Jacques, la cinquan­taine passée, mili­tant poli­tique de gauche, encarté au PG (parti de gauche), appelle de ses voeux cette volonté de construire autre chose: « Nous allons faire de la poli­tique avec les citoyens qui s’as­semblent et discutent ». Ajou­tant: « Cela fait long­temps que j’at­tends ce réveil ». Devant lui, sur cette scène impro­vi­sée, un slogan jeté à la vue de ceux qui prennent le temps de lire: « citoyen réveillé. »
Bastien, 24 ans, sala­rié d’une asso­cia­tion d’édu­ca­tion popu­laire, dans la mani­fes­ta­tion le matin contre le projet de loi El Khomri, est un jeune homme engagé: « Luttons contre les inéga­li­tés sociales, on ne nous entend pas. Pour­tant les causes que l’on porte sont celles de la Répu­blique, la soli­da­rité, l’éga­lité et l’in­té­rêt géné­ral. »
Samedi, au corps de la nuit, selon plusieurs sources parti­ci­pantes, « trois cents personnes ont accom­pa­gné le mouve­ment qui a été recon­duit par un vote pour une nouvelle Nuit Debout. »

Didier Monteil

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