« Plus jamais ça »: Taxons les super-profits des multi­na­tio­nales

https://blogs.media­part.fr/collec­tif-plus-jamais-ca/blog/180722/taxons-les-super-profits-des-multi­na­tio­nales-pour-redon­ner-du-pouvoir-d-achat?at_medium=custom7&at_campaign=1046

Collec­tif Plus jamais ça (Amis de la Terre, Attac France, CGT, Confé­dé­ra­tion paysanne, FSU, Green­peace France, Union syndi­cale Soli­daires, Oxfam France)

Des dizaines de milliards, issus de prélè­ve­ments excep­tion­nels sur les « super profits », sont mobi­li­sables pour lutter contre la baisse du pouvoir d’achat tout en accé­lé­rant la tran­si­tion écolo­gique.

(…)Pour les orga­ni­sa­tions de PJC, alliance écolo­gique et sociale, l’argent néces­saire est mobi­li­sable : ce sont les super­pro­fits.


Ceux-ci sont engran­gés par des multi­na­tio­nales qui ont profité de la crise sani­taire ou de la guerre en Ukraine, pendant que des millions de personnes se sont appau­vries et que les effets du chan­ge­ment clima­tique sont de plus en plus criants.
Ainsi, Total cumu­lait 6 milliards de béné­fices annuels en moyenne entre 2018 et 2020. En 2021, ce chiffre est monté à 16 milliards.
Carre­four de son côté a engrangé en moyenne 403 millions de béné­fices entre 2018 et 2020. En 2021, l’en­tre­prise a réalisé un béné­fice record de 1,7 milliards d’eu­ros.
La BNP Pari­bas a elle engrangé 7,5 milliards en moyenne entre 2018 et 2020 contre près de 9.5 milliards en 2021.

Nous propo­sons de mettre en place un méca­nisme de taxa­tion de ces super profits et d’en affec­ter le produit à des mesures d’ur­gence, ciblées, desti­nées à main­te­nir le pouvoir d’achat des ménages les plus impac­tés par les hausses de prix, tout en accé­lé­rant la tran­si­tion écolo­gique.
(…) nous propo­sons de profi­ter de cette situa­tion pour que toutes les mesures d’ur­gence soient un accé­lé­ra­teur de la tran­si­tion écolo­gique et un déclen­cheur de mesures beau­coup plus struc­tu­relles. 

Des millions de personnes ont de plus en plus de mal à se nour­rir. (…) En outre, la hausse des prix de l’éner­gie et des matières premières et l’in­fla­tion ne sont pas dues à des pénu­ries de ressources, mais à des situa­tions spécu­la­tives et à des profits de guerre. D’un côté, les condi­tions de vie et le pouvoir d’achat des plus défa­vo­ri­sés se dégradent, de l’autre, les milliar­daires et les multi­na­tio­nales ne se sont jamais autant enri­chis.

Des pans entiers de notre écono­mie sont à recon­ver­tir et relo­ca­li­ser.
Nous devons sortir des éner­gies fossiles au plus vite, recons­truire notre système de santé et sortir de l’agri­cul­ture indus­trielle.

Une infla­tion pouvant aller jusqu’à 7%, a déjà un impact énorme sur le pouvoir d’achat des ménages et fragi­lise davan­tage encore les popu­la­tions les plus précaires. La hausse des prix touche un grand nombre de postes de dépenses contraintes du quoti­dien comme le loge­ment, le trans­port ou l’éner­gie. Certain·es se retrouvent confron­té·es à des dilemmes comme choi­sir entre payer leur loyer, se dépla­cer ou se nour­rir. Les salaires, eux, n’aug­mentent pas autant et les aides aux personnes en situa­tion de préca­rité ne sont pas suffi­sam­ment ambi­tieuses.

A l’in­verse, les profits engran­gés dans de nombreux secteurs sont consi­dé­rables, il est donc légi­time que ces béné­fices liés à la crise sani­taire et la guerre en Ukraine puissent être taxés pour répondre à l’ur­gence. En France, si l’on retient  les entre­prises du CAC40, on arrive à 61,37 milliards d’eu­ros avant impôts. Étendu aux 150 plus grandes entre­prises, on peut esti­mer¹ qu’en moyenne pour l’an­née 2021 elles ont dégagé de 80 à 90 milliards d’eu­ros de « super­pro­fits », soit des profits excep­tion­nels par rapport aux marges de profits en dehors des condi­tions de crise connues depuis 2 ans. 

Cette taxe à hauteur de 50 à 90% pourra permettre de déga­ger unique­ment pour les entre­prises du CAC 40, un budget de 15 à 30 milliards d’eu­ros en fonc­tion du taux retenu.
Avec cet argent, il est possible d’ap­por­ter de nombreuses réponses immé­diates aux diffi­cul­tés rencon­trées par les ménages, tout en contri­buant de manière signi­fi­ca­tive à la tran­si­tion. Dans la logique que nous portons de ne pas oppo­ser la fin du mois à la fin du monde, les mesures de lutte contre la baisse du pouvoir d’achat ne doivent pas justi­fier un coup d’ar­rêt aux urgences envi­ron­ne­men­tales.
Nous pensons qu’au contraire, elles peuvent être un formi­dable accé­lé­ra­teur de la lutte contre le chan­ge­ment clima­tique et contri­buer à un monde plus stable.

Une aide excep­tion­nelle pour­rait être prévue pour les cantines et les restau­rants univer­si­taires, dès la rentrée et pour toute l’an­née, pour des repas à 1€, soit 1 milliard de repas sur l’an­née et permet­tant égale­ment de renfor­cer la mise en place des circuits courts. Le train et les autres trans­ports en commun pour­raient être rendus plus acces­sibles avec un tarif réduit ou forfai­taire sur tout le terri­toire, avec des moyens pour assu­rer le service. On pour­rait encore imagi­ner une aide massive pour rattra­per le retard pris dans la réno­va­tion des bâti­ments… 
Les solu­tions existent, l’argent aussi. Il ne manque que la volonté poli­tique.

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