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Prépa­ra­tion du 8 mars: une initia­tive natio­nale contre les violences sexistes et sexuelles

Un site natio­nal a été lancé pour le 8 mars avec une petite vidéo d’ap­pel à la mobi­li­sa­tion et une grande enquête en ligne sur les violences sexistes et sexuelles, permet­tant d’in­ter­pel­ler les employeurs sur leurs respon­sa­bi­li­tés.

Le site permet d’an­non­cer les initia­tives et actions prévues le 8 mars. Elles seront publiées le 6 mars sur une carte de France.

https://8mars15h40.fr/

– Une page face­book natio­nale : https://www.face­book.com/events/332452103928389/

Pour signer l’ap­pel natio­nal, vous pouvez envoyer un mail à : collec­tif­droits­des­femmes@gmail.com ou binet­so@g­mail.com).

Mercredi dernier, nous avons lancé la grande enquête sur les violences au travail. En 1 semaine, plus de 1500 personnes ont déjà répondu pour commen­cer à évaluer l’am­pleur des violences dans les entre­prises.
Bonjour ,

 

52% des femmes sont victimes de harcè­le­ment sexuel au cours de leur vie. 1 femme sur 2.

1 femme sur 5 déclare subir ou avoir subi du harcè­le­ment sexuel sur son lieu de travail.

 

Pour­tant, 82 % des employeurs n’ont toujours pas mis en place de mesures de préven­tion contre le harcè­le­ment sexuel. Cela peut chan­ger. Le 7 mars, le gouver­ne­ment devrait présen­ter son projet de loi sur l’éga­lité. Mais à l’heure actuelle, aucune mesure ne concerne les violences au travail.

 

Je réponds à la grande enquête
Les réponses sont anonymes, et seule­ment les résul­tats les plus signi­fi­ca­tifs dans les entre­prises les plus citées seront publiés à partir du 6 mars.

 

À l’oc­ca­sion de la jour­née mondiale pour les droits des femmes, plus de 20 orga­ni­sa­tions fémi­nistes, asso­cia­tions, syndi­cats, et ONG unissent leurs forces et lancent une campagne de mobi­li­sa­tion pour défendre les droits des femmes et exiger des mesures contre les violences sexistes et sexuelles.

Le 8 mars, plus de 40 000 badges à l’ef­fi­gie du « ruban blanc » seront distri­bués partout en France. Ce symbole de la lutte contre les violences est déjà large­ment utilisé à travers le monde. Porter le ruban blanc le 8 mars, c’est affi­cher son soutien à cette lutte, que l’on soit à un rassem­ble­ment, en grève ou encore sur son lieu de travail.

Le 8 mars à 15h40, plusieurs centaines d’ac­tions sont orga­ni­sées partout en France. 15h40, c’est l’heure à laquelle les femmes arrêtent d’être payées chaque jour, sur la base d’une jour­née stan­dard. En France, les femmes sont toujours payées 26 % de moins que les hommes. L’an dernier, plus de 300 actions avaient eu lieu.

Pour l’éga­lité profes­sion­nelle, nous voulons des actes

Commu­niqué commun CFDT, CFE-CGC, CFTC, CGT, FO, FSU, UNSA, SOLIDAIRES

Le mouve­ment déclen­ché par la révé­la­tion des violences sexuelles subies par des actrices dans le cadre de leur travail a permis de rendre visible l’am­pleur des violences sexistes. Nos orga­ni­sa­tions syndi­cales alertent sur la néces­sité d’agir globa­le­ment sur les ques­tions d’éga­lité profes­sion­nelle et sur les violences au travail, dans le public comme dans le privé.

Le Président de la Répu­blique a annoncé faire de l’éga­lité femmes/hommes une grande cause natio­nale. Nous en prenons acte, mais pour cela, il faut des mesures ambi­tieuses, des moyens humains et finan­ciers à la hauteur de l’enjeu, des dispo­si­tifs contrai­gnants et une évalua­tion de toutes les poli­tiques publiques à l’aune de l’éga­lité.

Si nos orga­ni­sa­tions sont elles-mêmes enga­gées de longue date dans ce combat pour l’éga­lité, nous souli­gnons aujourd’­hui la néces­sité d’in­ten­si­fier la mobi­li­sa­tion de nos mili­tant.es, d’am­pli­fier nos actions en faveur de l’éga­lité profes­sion­nelle et de faire progres­ser la mixité au sein de nos orga­ni­sa­tions.

A l’oc­ca­sion du 8 mars, jour­née inter­na­tio­nale de lutte pour les droits des femmes, nous inter­pel­lons le gouver­ne­ment autour des propo­si­tions suivantes :

  1. Assu­rer l’éga­lité sala­riale et profes­sion­nelle.

Dans le public comme dans le privé, ce sont les 26% d’écart de rému­né­ra­tion1 – qu’ils soient liés à la carrière, à la part variable de la rému­né­ra­tion, à la déva­lo­ri­sa­tion des métiers à prédo­mi­nance fémi­nine, ou au temps de travail – qu’il faut neutra­li­ser. Il faut pour cela :

  • Rendre effec­tives les sanc­tions pour les employeurs qui discri­minent et passer, comme en Islande, d’une obli­ga­tion de moyens à une obli­ga­tion de résul­tats. Donner à l’Ins­pec­tion du travail les moyens humains pour garan­tir l’ap­pli­ca­tion de la loi et affec­ter le produit des péna­li­tés à un fond en faveur de l’éga­lité profes­sion­nelle.

  • Limi­ter le recours aux contrats à temps partiels et aux contrats précaires en les rendant finan­ciè­re­ment dissua­sifs pour les employeurs et en amélio­rant la protec­tion sociale des sala­rié-es.

  • Lutter contre les inéga­li­tés de carrière. Renfor­cer et rendre obli­ga­toire les indi­ca­teurs permet­tant d’iden­ti­fier et de suppri­mer les méca­nismes de plafond de verre.

  • Assu­rer la mise en œuvre de la loi qui prévoit un salaire égal pour un travail de valeur égale par une juste recon­nais­sance sala­riale des quali­fi­ca­tions et des compé­tences dans les clas­si­fi­ca­tions. Reva­lo­ri­ser les métiers à prédo­mi­nance fémi­nine (santé, éduca­tion, admi­nis­tra­tifs, propreté, services à la person­ne…) dans le privé comme dans le public.

  • Promou­voir la mixité des métiers et des filières scolaires et univer­si­taires. De l’école à l’en­tre­prise, lutter contre les stéréo­types de genre, notam­ment par des forma­tions dédiées.

  1. Promou­voir une paren­ta­lité parta­gée :

  • Mettre en place un temps de travail et une orga­ni­sa­tion du travail permet­tant à toutes et tous une bonne arti­cu­la­tion de leur vie person­nelle et profes­sion­nelle. Limi­ter les horaires atypiques (dimanche, soir et nuit, horaires morce­lés…)

  • Augmen­ter l’in­dem­ni­sa­tion du congé paren­tal et le calcu­ler en pour­cen­tage du salaire pour permettre une paren­ta­lité parta­gée. Allon­ger le congé pater­nité et le rendre obli­ga­toire. Le congé mater­nité doit être étendu à toutes les travailleuses quel que soit leur statut et allongé à 18 semaines comme le préco­nise l’Orga­ni­sa­tion Inter­na­tio­nale du Travail (OIT).

  • Déve­lop­per les lieux d’ac­cueil acces­sibles pour la petite enfance et répondre aux problèmes liés à la perte d’au­to­no­mie en renforçant les services publics avec des emplois stables.

  1. Lutter contre les violences sexistes et sexuelles :

Nous nous féli­ci­tons que, suite à notre mobi­li­sa­tion, le Gouver­ne­ment français ait fait le choix de soute­nir l’adop­tion d’une norme de l’OIT contre les violences sexistes et sexuelles et nous deman­dons à ce que la France mette en œuvre les mesures suivantes :

  • Faire de la préven­tion des violences sexistes et sexuelles un sujet obli­ga­toire de négo­cia­tion et mettre en œuvre des sanc­tions pour tous les employeurs qui ne disposent pas de plan de préven­tion et de procé­dure sécu­ri­sée pour les victimes et témoins.

  • Proté­ger l’em­ploi et la carrière des victimes, que les violences aient un lien avec le travail ou non, en mettant en place sur présen­ta­tion d’un certi­fi­cat médi­cal le droit à des aména­ge­ments d’ho­raires, de poste, des congés, une mobi­lité fonc­tion­nelle ou géogra­phique… La prise en charge médico-sociale et psycho­lo­gique des victimes doit être effec­tuée sans frais.

  • Former l’en­semble des profes­sion­nel.les (RH et des mana­geurs, inspec­teurs et inspec­trices du travail, magis­trat.es, person­nels de santé, d’édu­ca­tion et de sécu­ri­té…), et les repré­sen­tant.es du person­nel. Mettre en place une sensi­bi­li­sa­tion annuelle obli­ga­toire de tou.te.s les sala­rié.e.s sur leur temps et lieu de travail.

  • Dans le public comme dans le privé, main­te­nir les missions et moyens des IRP en matière d’Hy­giène, de santé et sécu­rité au travail, et mettre en place des réfé­rent.es formé.es et indé­pen­dant.es de l’em­ployeur pour accom­pa­gner les victimes et aler­ter les employeurs.

  • Etendre les préro­ga­tives des Commis­sions Pari­taires Régio­nales Inter­pro­fes­sion­nelles (CPRI) à la préven­tion du harcè­le­ment et des violences sexuelles et celles des conseillers du sala­rié-e à l’ac­com­pa­gne­ment des victimes.

  • Allon­ger les délais de pres­crip­tion des licen­cie­ments commis suite à des discri­mi­na­tions ou à des violences sexuelles au travail.

  • Débloquer les moyens humains et finan­ciers pour permettre aux struc­tures d’aide aux victimes de violences de jouer leur rôle, et notam­ment à l’AVFT, seule asso­cia­tion d’ac­com­pa­gne­ment des femmes victimes de violences au travail, contrainte de fermer son accueil télé­pho­nique faute de moyens.

1 Source : DARES 2016. Si on mesure les femmes par rapport aux hommes, il faudrait même parler de 34% d’écart. Source Jean et Nicole Gadrey, 2017

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