Solidarité avec le Venezuela – Déclaration du Cadtm-Ayna
Ce samedi 3 janvier 2026, à l’aube, l’impérialisme américain bombarde le Venezuela.
Après une offensive criminelle, avec un siège naval et le prétexte fallacieux de lutter contre le trafic de drogue, les États-Unis agressent le Venezuela et, sous couvert de légalité, annoncent sous un autre nom qu’ils ont séquestré le président Nicolas Maduro et son épouse.
Le CADTM-AYNA dénonce cette lâche agression impérialiste contre le Venezuela ; il condamne et répudie également la détention illégale du président de la République.
Nous exigeons la fin de l’agression impérialiste, la libération immédiate du président Nicolás Maduro et de son épouse Cilia Florez ; nous appelons également à la solidarité des peuples et des gouvernements du monde entier, à se mobiliser et à exiger la fin du coup de force brutal contre le peuple vénézuélien.
Les États-Unis convoitent le pétrole du Venezuela et entravent toute tentative autonome de construction politique, tout en essayant d’affirmer leur droit d’intervenir dans la région, comme l’indique leur récent document sur la sécurité extérieure.
Non à l’intervention américaine, oui à l’autonomie du Venezuela et de toutes les nations menacées par les États-Unis !!!.
3 janvier 2026
Abya Yala Nuestra América
Abya Yala est le nom donné par les Indiens Kunas du Panama et de la Colombie au continent américain avant l’arrivée de Christophe Colomb et des européens. L’expression « Abya Yala » signifie « terre dans sa pleine maturité » dans la langue des Kunas. Le leader indigène aymara de Bolivie Takir Mamani a proposé que tous les peuples indigènes des Amériques nomment ainsi leurs terres d’origine, et utilisent cette dénomination dans leurs documents et leurs déclarations orales, arguant que « placer des noms étrangers sur nos villes, nos cités et nos continents équivaut à assujettir notre identité à la volonté de nos envahisseurs et de leurs héritiers. ». Abya Yala est choisie en 1992 par les nations indigènes d’Amérique pour désigner l’Amérique au lieu de le nommer d’après Amerigo Vespucci.
https://www.cadtm.org/Solidarite-avec-le-Venezuela
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France Amérique Latine dénonce et
condamne l’agression des États-Unis contre le Venezuela
Trump et son administration l’avaient annoncé : ils ont non seulement agressé un pays mais kidnappé son président. En bafouant le droit international et la souveraineté des peuples, ce nouvel acte impérialiste met en scène un nouvel ordre mondial fascisant qui est une menace pour tous les peuples du monde.
Pour Trump, le pétrole et les multinationales étasuniennes priment sur tout. Les États-Unis relancent la stratégie d’ingérence des sombres années 1970, et s’aventurent dans une déstabilisation mondiale déjà amorcée par différentes mesures prises depuis un an, passant des pressions économiques et diplomatiques au recours assumé à la force militaire et au kidnapping. `
FAL a toujours défendu la souveraineté des peuples seuls légitimes à décider de leur avenir.
La France, la Communauté européenne, comme internationale, se doivent de dénoncer une telle menace, et exiger la libération du président du Venezuela, l’arrêt immédiat de toute opération militaire, le respect de la Charte de l’ONU, la levée des sanctions économiques, et la convocation en urgence des instances internationales pour une solution politique et pacifique.
FAL appelle, dans ce sens, au rassemblement de ce samedi soir à 18h à Paris, et en tout lieu en France.
Bureau national de FAL, 3 janvier 2026
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Pourquoi condamner l’agression des États-Unis
contre le Venezuela ?
Le matin du 3 janvier marque le début d’une vaste offensive contre la démocratie et la paix relative des peuples d’Amérique latine – et bien au-delà.
Les événements en Venezuela, où, après une opération militaire étasunienne, le président Nicolas Maduro a été capturé et l’état d’urgence avec mobilisation a été déclaré, sont une nouvelle manifestation de l’intensification de la confrontation impérialiste, dont les conséquences seront ressenties par des millions de personnes à travers tout le continent.
Les actions de l’administration de Donald Trump ne peuvent être considérées comme un incident isolé ou une « réponse forcée » à la crise. Comme auparavant – des bombardements de petits navires dans les Caraïbes et l’océan Pacifique au blocus sanctionné – il s’agit d’une démonstration de force et de la volonté totale des États-Unis de recourir à la violence sans procès, sans enquête et sans aucun respect du droit international. Des prétextes tels que la lutte contre le trafic de drogue et les cartels sont utilisés pour légitimer l’agression. La part du trafic de drogue transitant par le territoire vénézuélien représente un pourcentage négligeable par rapport à d’autres pays de la région et aux voies maritimes.
Les excuses invoquant la lutte contre un « gouvernement lié aux cartels de la drogue » semblent particulièrement cyniques dans le contexte de la récente amnistie accordée par Trump à l’ancien président hondurien de droite Hernández, condamné à une lourde peine pour son implication dans le trafic de cocaïne, mais il a été libéré afin d’aider ses alliés lors des dernières élections. Comme dans le cas de la « lutte contre le terrorisme », l’objectif réel n’est pas la protection, mais le contrôle des ressources pétrolières et minérales et la mise en place d’un régime loyal à Washington.
Dans le même temps, il faut appeler les choses par leur nom : le régime de Nicolás Maduro est autoritaire, répressif et profondément corrompu. Il n’a rien à voir avec la démocratie socialiste, même s’il se cache derrière l’héritage d’Hugo Chávez et la rhétorique bolivarienne. Avec les sanctions destructrices des États-Unis, c’est précisément la politique du gouvernement Maduro qui est responsable de l’effondrement économique, de la catastrophe sociale, des exécutions extrajudiciaires, de la malnutrition et de l’émigration massive de millions de Vénézuélien·nes. Les dirigeants maduristes ont réduit à néant les acquis des mouvements de masse et les programmes sociaux de l’époque de Chávez, discréditant ainsi l’idée de gauche dans la région. Parasitant la population, le régime se maintient grâce aux forces de sécurité, à la restriction des libertés et au soutien extérieur, principalement de la Russie.
C’est précisément le Kremlin qui est devenu l’un des principaux alliés de Caracas dans le maintien d’un modèle autoritaire de pouvoir. Le ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, Sergueï Lavrov, s’est rendu à plusieurs reprises au Venezuela, notamment en avril 2023, dans le cadre d’une tournée en Brésil, au Venezuela, au Nicaragua et à Cuba, dans le but de mobiliser le soutien politique à la guerre menée par la Russie contre l’Ukraine. Bien qu’il ne soit pas aussi détesté que Daniel Ortega, le traître de la révolution sandiniste au Nicaragua, le président Maduro a déclaré dès le début de l’invasion à grande échelle son « soutien total » à la Russie, et les institutions étatiques et les médias ont activement promu l’interprétation des événements par le Kremlin.
Cependant, identifier le régime de Maduro à la société vénézuélienne est une grave erreur.
Malgré une propagande massive, la plupart des Vénézuélien·nes n’ont pas adhéré aux discours pro-russes. Dès les premiers jours de l’invasion russe en Ukraine en 2022, les gens sont descendus dans la rue pour protester contre l’agression, dans un pays où les manifestations sont régulièrement criminalisées et dispersées. Les Vénézuélien·nes brandissaient des drapeaux ukrainiens, scandaient « Stop Poutine » et critiquaient ouvertement l’alliance de leur gouvernement avec le Kremlin.
Cette solidarité avec l’Ukraine a des racines profondes. Depuis l’époque de l’Euromaïdan, de nombreuses et nombreux Vénézuéliens considèrent la lutte ukrainienne comme proche et compréhensible : une lutte contre un pouvoir corrompu, le contrôle étranger et l’autoritarisme. La sympathie pour l’Ukraine ne provient pas seulement d’un sentiment anti-guerre, mais aussi d’un rejet de l’influence étrangère, qui est déterminante pour la survie du régime de Maduro, tout comme pour celle du régime de Vladimir Poutine – tous deux faisant l’objet d’une enquête de la Cour pénale internationale.
Depuis 1999, l’Ukraine et le Venezuela ont construit des relations amicales, qui ont commencé à se développer sous le ministre des Affaires étrangères ukrainien Boris Tarasyuk, qui a été reçu par le président vénézuélien de l’époque, Hugo Chávez. Il est à noter que le consul vénézuélien en Russie à l’époque de Chávez, José David Chaparro, a rejoint en 2022 la Légion internationale de défense territoriale de l’Ukraine et s’est occupé de la reconstruction des villes détruites par les troupes russes.
C’est pourquoi l’agression actuelle des États-Unis ne peut être justifiée, même par les critiques de Maduro. En proclamant dans sa récente « Stratégie de sécurité nationale » son intention de ramener l’Amérique latine et les Caraïbes au rôle de arrière-cour » subordonnée, dans l’esprit de la « doctrine Monroe », l’impérialisme américain cherche à « nettoyer » la région de tout régime qui ne correspond pas à ses intérêts économiques et géopolitiques, tout en renforçant les forces d’extrême droite.
L’isolement du gouvernement progressiste colombien et les menaces qui pèsent sur un gouvernement similaire au Mexique, le renforcement de l’alliance avec le régime d’extrême droite en Argentine aux frais des contribuables étasunien·nes, le soutien aux revanchards néofascistes au Brésil, avec à leur tête Jair Bolsonaro, l’utilisation de la tristement célèbre méga-prison du régime répressif de Bukele au Salvador pour détenir les personnes expulsées des États-Unis — tout cela fait partie d’une stratégie visant à rétablir l’hégémonie de Washington en Amérique latine. Il est significatif que, lors du précédent mandat de Trump, les affaires vénézuéliennes aient été supervisées par le même Elliot Abrams, responsable de la formation, à l’époque de Reagan, des « escadrons de la mort » des dictatures anticommunistes, qui ont commis plus de 90 % des crimes des guerres civiles dans les États d’Amérique centrale, comme le massacre d’un millier d’habitant·es du village de Mosote au Salvador.
Un « changement de régime » imposé de l’extérieur ne fera qu’aggraver la catastrophe sociale. Tout comme la politique raciste de Trump à l’égard des réfugié·es vénézuélien·nes, cette guerre s’inscrit dans la continuité d’une politique de mépris de la vie humaine. Même si elle ne fait pas de victimes directes (l’invasion des Marines américains en 1989 pour renverser le dictateur et narcotrafiquant Noriega, qui était encore récemment un client de la CIA dans la lutte contre les mouvements révolutionnaires de la région, a fait au moins une centaine de mort·es parmi les civil·es), la déstabilisation extérieure entraînera de nouveaux bouleversements internes.
De plus, l’arrivée au pouvoir de l’aile « trumpiste » de l’opposition représente également un danger. Tout comme Maduro est une caricature du socialisme, le cours ultra-droite et ultra-capitaliste de María Corina Machado, qui, après avoir reçu le prix Nobel de la paix, a souligné à plusieurs reprises qu’elle préférerait le remettre à Trump et soutiendrait son intervention contre son propre pays, est une caricature du mouvement démocratique. En revanche, l’opposition de gauche au madurisme, qui rassemble de plus en plus les dernier·es partisan·es déçu·es de la révolution bolivarienne, insiste sur l’inacceptabilité d’un scénario militaire et sur le fait que le sort du Venezuela doit être décidé par les Vénézuélien·nes elles et eux-mêmes, et non par les dirigeants impérialistes.
La lutte contre la dictature de Maduro et la lutte contre l’impérialisme américain ne sont pas contradictoires. Ce sont les deux faces d’un même conflit, dans lequel les peuples sont pris en otages par des jeux géopolitiques. C’est pourquoi il est nécessaire aujourd’hui de parler de solidarité avec la population vénézuélienne, la même solidarité que les Vénézuélien·nes ont manifestée envers l’Ukraine dans sa résistance à l’agression russe.
Le peuple vénézuélien lutte contre le joug impérialiste et est otage du régime prédateur de Maduro.
Venezuela, nous résistons nous aussi à l’impérialisme !
https://rev.org.ua/shho-ne-tak-z-napadom-na-venesuelu/
Traduit par DE
Anche dall’Ucraina, no all’aggressione al Venezuela
https://andream94.wordpress.com/2026/01/03/anche-dallucraina-no-allaggressione-al-venezuela/
