9 janvier 2026

Soli­da­rité avec les véne­zue­lien.nes

Soli­da­rité avec les véne­zue­lien·nes (et autres textes)

Soli­da­rité avec le Vene­zuela – Décla­ra­tion du Cadtm-Ayna

Ce samedi 3 janvier 2026, à l’aube, l’im­pé­ria­lisme améri­cain bombarde le Vene­zuela.

Après une offen­sive crimi­nelle, avec un siège naval et le prétexte falla­cieux de lutter contre le trafic de drogue, les États-Unis agressent le Vene­zuela et, sous couvert de léga­lité, annoncent sous un autre nom qu’ils ont séques­tré le président Nico­las Maduro et son épouse.

Le CADTM-AYNA dénonce cette lâche agres­sion impé­ria­liste contre le Vene­zuela ; il condamne et répu­die égale­ment la déten­tion illé­gale du président de la Répu­blique.

Nous exigeons la fin de l’agres­sion impé­ria­liste, la libé­ra­tion immé­diate du président Nicolás Maduro et de son épouse Cilia Florez ; nous appe­lons égale­ment à la soli­da­rité des peuples et des gouver­ne­ments du monde entier, à se mobi­li­ser et à exiger la fin du coup de force brutal contre le peuple véné­zué­lien.

Les États-Unis convoitent le pétrole du Vene­zuela et entravent toute tenta­tive auto­nome de construc­tion poli­tique, tout en essayant d’af­fir­mer leur droit d’in­ter­ve­nir dans la région, comme l’in­dique leur récent docu­ment sur la sécu­rité exté­rieure.

Non à l’in­ter­ven­tion améri­caine, oui à l’au­to­no­mie du Vene­zuela et de toutes les nations mena­cées par les États-Unis !!!.
3 janvier 2026

Abya Yala Nues­tra América
Abya Yala est le nom donné par les Indiens Kunas du Panama et de la Colom­bie au conti­nent améri­cain avant l’ar­ri­vée de Chris­tophe Colomb et des euro­péens. L’ex­pres­sion « Abya Yala » signi­fie « terre dans sa pleine matu­rité » dans la langue des Kunas. Le leader indi­gène aymara de Boli­vie Takir Mamani a proposé que tous les peuples indi­gènes des Amériques nomment ainsi leurs terres d’ori­gine, et utilisent cette déno­mi­na­tion dans leurs docu­ments et leurs décla­ra­tions orales, arguant que « placer des noms étran­gers sur nos villes, nos cités et nos conti­nents équi­vaut à assujet­tir notre iden­tité à la volonté de nos enva­his­seurs et de leurs héri­tiers. ». Abya Yala est choi­sie en 1992 par les nations indi­gènes d’Amé­rique pour dési­gner l’Amé­rique au lieu de le nommer d’après Amerigo Vespucci.

https://www.cadtm.org/Soli­da­rite-avec-le-Vene­zuela

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France Amérique Latine dénonce et
condamne l’agres­sion des États-Unis contre le Vene­zuela

Trump et son admi­nis­tra­tion l’avaient annoncé : ils ont non seule­ment agressé un pays mais kidnappé son président. En bafouant le droit inter­na­tio­nal et la souve­rai­neté des peuples, ce nouvel acte impé­ria­liste met en scène un nouvel ordre mondial fasci­sant qui est une menace pour tous les peuples du monde.

Pour Trump, le pétrole et les multi­na­tio­nales étasu­niennes priment sur tout. Les États-Unis relancent la stra­té­gie d’in­gé­rence des sombres années 1970, et s’aven­turent dans une désta­bi­li­sa­tion mondiale déjà amor­cée par diffé­rentes mesures prises depuis un an, passant des pres­sions écono­miques et diplo­ma­tiques au recours assumé à la force mili­taire et au kidnap­ping. `

FAL a toujours défendu la souve­rai­neté des peuples seuls légi­times à déci­der de leur avenir.

La France, la Commu­nauté euro­péenne, comme inter­na­tio­nale, se doivent de dénon­cer une telle menace, et exiger la libé­ra­tion du président du Vene­zuela, l’ar­rêt immé­diat de toute opéra­tion mili­taire, le respect de la Charte de l’ONU, la levée des sanc­tions écono­miques, et la convo­ca­tion en urgence des instances inter­na­tio­nales pour une solu­tion poli­tique et paci­fique.

FAL appelle, dans ce sens, au rassem­ble­ment de ce samedi soir à 18h à Paris, et en tout lieu en France.

Bureau natio­nal de FAL, 3 janvier 2026

https://www.fran­cea­me­rique­la­tine.org/fal-denonce-condamne-agres­sion-etats-unis-contre-vene­zuela-commu­nique/

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Pourquoi condam­ner l’agres­sion des États-Unis
contre le Vene­zuela ?

Що не так з агресією США проти Венесуели?

 

Le matin du 3 janvier marque le début d’une vaste offen­sive contre la démo­cra­tie et la paix rela­tive des peuples d’Amé­rique latine – et bien au-delà.

Les événe­ments en Vene­zuela, où, après une opéra­tion mili­taire étasu­nienne, le président Nico­las Maduro a été capturé et l’état d’ur­gence avec mobi­li­sa­tion a été déclaré, sont une nouvelle mani­fes­ta­tion de l’in­ten­si­fi­ca­tion de la confron­ta­tion impé­ria­liste, dont les consé­quences seront ressen­ties par des millions de personnes à travers tout le conti­nent.

Les actions de l’ad­mi­nis­tra­tion de Donald Trump ne peuvent être consi­dé­rées comme un inci­dent isolé ou une « réponse forcée » à la crise. Comme aupa­ra­vant – des bombar­de­ments de petits navires dans les Caraïbes et l’océan Paci­fique au blocus sanc­tionné – il s’agit d’une démons­tra­tion de force et de la volonté totale des États-Unis de recou­rir à la violence sans procès, sans enquête et sans aucun respect du droit inter­na­tio­nal. Des prétextes tels que la lutte contre le trafic de drogue et les cartels sont utili­sés pour légi­ti­mer l’agres­sion. La part du trafic de drogue tran­si­tant par le terri­toire véné­zué­lien repré­sente un pour­cen­tage négli­geable par rapport à d’autres pays de la région et aux voies mari­times.

Les excuses invoquant la lutte contre un « gouver­ne­ment lié aux cartels de la drogue » semblent parti­cu­liè­re­ment cyniques dans le contexte de la récente amnis­tie accor­dée par Trump à l’an­cien président hondu­rien de droite Hernán­dez, condamné à une lourde peine pour son impli­ca­tion dans le trafic de cocaïne, mais il a été libéré afin d’ai­der ses alliés lors des dernières élec­tions. Comme dans le cas de la « lutte contre le terro­risme », l’objec­tif réel n’est pas la protec­tion, mais le contrôle des ressources pétro­lières et miné­rales et la mise en place d’un régime loyal à Washing­ton.

Dans le même temps, il faut appe­ler les choses par leur nom : le régime de Nicolás Maduro est auto­ri­taire, répres­sif et profon­dé­ment corrompu. Il n’a rien à voir avec la démo­cra­tie socia­liste, même s’il se cache derrière l’hé­ri­tage d’Hugo Chávez et la rhéto­rique boli­va­rienne. Avec les sanc­tions destruc­trices des États-Unis, c’est préci­sé­ment la poli­tique du gouver­ne­ment Maduro qui est respon­sable de l’ef­fon­dre­ment écono­mique, de la catas­trophe sociale, des exécu­tions extra­ju­di­ciaires, de la malnu­tri­tion et de l’émi­gra­tion massive de millions de Véné­zué­lien·nes. Les diri­geants madu­ristes ont réduit à néant les acquis des mouve­ments de masse et les programmes sociaux de l’époque de Chávez, discré­di­tant ainsi l’idée de gauche dans la région. Para­si­tant la popu­la­tion, le régime se main­tient grâce aux forces de sécu­rité, à la restric­tion des liber­tés et au soutien exté­rieur, prin­ci­pa­le­ment de la Russie.

C’est préci­sé­ment le Krem­lin qui est devenu l’un des prin­ci­paux alliés de Cara­cas dans le main­tien d’un modèle auto­ri­taire de pouvoir. Le ministre des Affaires étran­gères de la Fédé­ra­tion de Russie, Sergueï Lavrov, s’est rendu à plusieurs reprises au Vene­zuela, notam­ment en avril 2023, dans le cadre d’une tour­née en Brésil, au Vene­zuela, au Nica­ra­gua et à Cuba, dans le but de mobi­li­ser le soutien poli­tique à la guerre menée par la Russie contre l’Ukraine. Bien qu’il ne soit pas aussi détesté que Daniel Ortega, le traître de la révo­lu­tion sandi­niste au Nica­ra­gua, le président Maduro a déclaré dès le début de l’in­va­sion à grande échelle son « soutien total » à la Russie, et les insti­tu­tions étatiques et les médias ont acti­ve­ment promu l’in­ter­pré­ta­tion des événe­ments par le Krem­lin.

Cepen­dant, iden­ti­fier le régime de Maduro à la société véné­zué­lienne est une grave erreur.
Malgré une propa­gande massive, la plupart des Véné­zué­lien·nes n’ont pas adhéré aux discours pro-russes. Dès les premiers jours de l’in­va­sion russe en Ukraine en 2022, les gens sont descen­dus dans la rue pour protes­ter contre l’agres­sion, dans un pays où les mani­fes­ta­tions sont régu­liè­re­ment crimi­na­li­sées et disper­sées. Les Véné­zué­lien·nes bran­dis­saient des drapeaux ukrai­niens, scan­daient « Stop Poutine » et critiquaient ouver­te­ment l’al­liance de leur gouver­ne­ment avec le Krem­lin.

Cette soli­da­rité avec l’Ukraine a des racines profondes. Depuis l’époque de l’Eu­ro­maï­dan, de nombreuses et nombreux Véné­zué­liens consi­dèrent la lutte ukrai­nienne comme proche et compré­hen­sible : une lutte contre un pouvoir corrompu, le contrôle étran­ger et l’au­to­ri­ta­risme. La sympa­thie pour l’Ukraine ne provient pas seule­ment d’un senti­ment anti-guerre, mais aussi d’un rejet de l’in­fluence étran­gère, qui est déter­mi­nante pour la survie du régime de Maduro, tout comme pour celle du régime de Vladi­mir Poutine – tous deux faisant l’objet d’une enquête de la Cour pénale inter­na­tio­nale.

Depuis 1999, l’Ukraine et le Vene­zuela ont construit des rela­tions amicales, qui ont commencé à se déve­lop­per sous le ministre des Affaires étran­gères ukrai­nien Boris Tara­syuk, qui a été reçu par le président véné­zué­lien de l’époque, Hugo Chávez. Il est à noter que le consul véné­zué­lien en Russie à l’époque de Chávez, José David Chaparro, a rejoint en 2022 la Légion inter­na­tio­nale de défense terri­to­riale de l’Ukraine et s’est occupé de la recons­truc­tion des villes détruites par les troupes russes.

C’est pourquoi l’agres­sion actuelle des États-Unis ne peut être justi­fiée, même par les critiques de Maduro. En procla­mant dans sa récente « Stra­té­gie de sécu­rité natio­nale » son inten­tion de rame­ner l’Amé­rique latine et les Caraïbes au rôle de   arrière-cour » subor­don­née, dans l’es­prit de la « doctrine Monroe », l’im­pé­ria­lisme améri­cain cherche à « nettoyer » la région de tout régime qui ne corres­pond pas à ses inté­rêts écono­miques et géopo­li­tiques, tout en renforçant les forces d’ex­trême droite.

L’iso­le­ment du gouver­ne­ment progres­siste colom­bien et les menaces qui pèsent sur un gouver­ne­ment simi­laire au Mexique, le renfor­ce­ment de l’al­liance avec le régime d’ex­trême droite en Argen­tine aux frais des contri­buables étasu­nien·nes, le soutien aux revan­chards néofas­cistes au Brésil, avec à leur tête Jair Bolso­naro, l’uti­li­sa­tion de la tris­te­ment célèbre méga-prison du régime répres­sif de Bukele au Salva­dor pour déte­nir les personnes expul­sées des États-Unis — tout cela fait partie d’une stra­té­gie visant à réta­blir l’hé­gé­mo­nie de Washing­ton en Amérique latine. Il est signi­fi­ca­tif que, lors du précé­dent mandat de Trump, les affaires véné­zué­liennes aient été super­vi­sées par le même Elliot Abrams, respon­sable de la forma­tion, à l’époque de Reagan, des « esca­drons de la mort » des dicta­tures anti­com­mu­nistes, qui ont commis plus de 90 % des crimes des guerres civiles dans les États d’Amé­rique centrale, comme le massacre d’un millier d’ha­bi­tant·es du village de Mosote au Salva­dor.

Un « chan­ge­ment de régime » imposé de l’ex­té­rieur ne fera qu’ag­gra­ver la catas­trophe sociale. Tout comme la poli­tique raciste de Trump à l’égard des réfu­gié·es véné­zué­lien·nes, cette guerre s’ins­crit dans la conti­nuité d’une poli­tique de mépris de la vie humaine. Même si elle ne fait pas de victimes directes (l’in­va­sion des Marines améri­cains en 1989 pour renver­ser le dicta­teur et narco­tra­fiquant Noriega, qui était encore récem­ment un client de la CIA dans la lutte contre les mouve­ments révo­lu­tion­naires de la région, a fait au moins une centaine de mort·es parmi les civil·es), la désta­bi­li­sa­tion exté­rieure entraî­nera de nouveaux boule­ver­se­ments internes.

De plus, l’ar­ri­vée au pouvoir de l’aile « trum­piste » de l’op­po­si­tion repré­sente égale­ment un danger. Tout comme Maduro est une cari­ca­ture du socia­lisme, le cours ultra-droite et ultra-capi­ta­liste de María Corina Machado, qui, après avoir reçu le prix Nobel de la paix, a souli­gné à plusieurs reprises qu’elle préfé­re­rait le remettre à Trump et soutien­drait son inter­ven­tion contre son propre pays, est une cari­ca­ture du mouve­ment démo­cra­tique. En revanche, l’op­po­si­tion de gauche au madu­risme, qui rassemble de plus en plus les dernier·es parti­san·es déçu·es de la révo­lu­tion boli­va­rienne, insiste sur l’inac­cep­ta­bi­lité d’un scéna­rio mili­taire et sur le fait que le sort du Vene­zuela doit être décidé par les Véné­zué­lien·nes elles et eux-mêmes, et non par les diri­geants impé­ria­listes.

La lutte contre la dicta­ture de Maduro et la lutte contre l’im­pé­ria­lisme améri­cain ne sont pas contra­dic­toires. Ce sont les deux faces d’un même conflit, dans lequel les peuples sont pris en otages par des jeux géopo­li­tiques. C’est pourquoi il est néces­saire aujourd’­hui de parler de soli­da­rité avec la popu­la­tion véné­zué­lienne, la même soli­da­rité que les Véné­zué­lien·nes ont mani­fes­tée envers l’Ukraine dans sa résis­tance à l’agres­sion russe.

Le peuple véné­zué­lien lutte contre le joug impé­ria­liste et est otage du régime préda­teur de Maduro.

Vene­zuela, nous résis­tons nous aussi à l’im­pé­ria­lisme !

https://rev.org.ua/shho-ne-tak-z-napa­dom-na-vene­suelu/
Traduit par DE

Anche dall’U­craina, no all’ag­gres­sione al Vene­zuela
https://andream94.word­press.com/2026/01/03/anche-dallu­craina-no-allag­gres­sione-al-vene­zuela/

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