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Une femme de 80 ans a reçu une grenade lacry­mo­gène dans son appar­te­ment à Marseille; elle est morte.

Fran­cet­vinfo:

« Gilets jaunes » : ce que l’on sait de la mort d’une octo­gé­naire bles­sée par une grenade lacry­mo­gène à Marseille

Des plots de grenade ont été décou­verts chez la femme, qui rési­dait près de la Cane­bière où ont éclaté les violents inci­dents samedi.

Quand a eu lieu le drame ?

La jour­née du samedi 1er décembre a été marquée par plusieurs mani­fes­ta­tions dans la cité phocéenne, à l’ap­pel des « gilets jaunes », de la CGT mais aussi d’un collec­tif né après la mort de huit personnes dans l’ef­fon­dre­ment de deux immeubles le 5 novembre dans le centre-ville. En fin de jour­née, de violents inci­dents ont éclaté, sur le Vieux-Port, puis sur la Cane­bière. Les CRS se sont retrou­vés en sous-nombre.

Des grenades ont été tirées « dans tous les sens », rapportent des témoins, cités par La Provence. « La situa­tion était très tendue, c’était bouillant, on a pris des pavés », explique égale­ment une source poli­cière à Media­part.

Comment l’oc­to­gé­naire a été touchée par un lacry­mo­gène ?

Zineb Redouane, née en juillet 1938 et de natio­na­lité algé­rienne, fermait les volets de son appar­te­ment samedi, au quatrième étage d’un immeuble de la rue des Feuillants, dans le 1er arron­dis­se­ment de Marseille, proche de la Cane­bière, lorsqu’un projec­tile l’a heur­tée au visage.

La victime, une femme « à la santé fragile », était « en train de fermer ses volets pour éviter les fumées de bombes lacry­mo­gènes et en a reçu une en pleine face », a assuré à l’AFP Salim Moussa, avocat d’une amie de la victime qui habite l’im­meuble en face.

« Samedi vers 17h30, enten­dant le brou­haha dans la rue, ma mère en refer­mant les volets de sa fenêtre pour éviter les fumées a croisé le regard d’un CRS posi­tionné en face de son immeuble. Celui-ci l’a immé­dia­te­ment mise en joue et a tiré une grenade avec son fusil, il l’a atteinte en plein visage. Ses voisins l’ont immé­dia­te­ment évacuée à l’hô­pi­tal », raconte pour sa part son fils Sami Redouane au site algé­rien Magh­reb Emergent

Ce témoi­gnage va dans le même sens que ceux des voisins de la victime. « Quand je suis arri­vée, témoigne Nadja à Libé­ra­tion, elle sortait de la salle de bains une serviette en sang sur la mâchoire. Elle criait : ‘Ils m’ont visée, ils m’ont visée !’ L’ap­par­te­ment était rempli d’une fumée noire. Elle m’a racon­tée que deux poli­ciers en tenue se trou­vaient sur le trot­toir d’en face de la Cane­bière et lui ont tiré dessus. »

(…)

Où en est l’enquête ?

Tran­spor­tée à l’hô­pi­tal, l’oc­to­gé­naire y a été opérée mais est morte « d’un choc opéra­toire », a déclaré le procu­reur de la Répu­blique de Marseille, Xavier Tara­beux. Elle a été victime d‘ »un arrêt cardiaque sur la table d’opé­ra­tion », a-t-il précisé.

L’au­top­sie a révélé que le « choc facial n’était pas la cause du décès ». Des plots de grenade ont pour­tant été retrou­vés chez la victime. « Plus préci­sé­ment, il s’agit de deux capsules actives de 10 grammes de gaz proje­tés par les grenades MP7, déve­loppe La Provence. Une fois lancée, chacune libère sept palets qui dégagent un épais nuage gazeux. » Une enquête de l’IGPN a été ouverte.

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