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17 avril 2026

Le Monde, 4 décembre. Une nouvelle tenta­tive de discré­di­ter la psycha­na­lyse. Et la riposte.

« L’éli­mi­na­tion de la psycha­na­lyse n’a jamais amélioré le soin, mais elle a appau­vri l’idée de ce qu’est un être humain »

L’amen­de­ment présenté au Sénat visant à dérem­bour­ser les actes se récla­mant de la psycha­na­lyse, depuis retiré, traduit la réac­ti­va­tion d’un vieux fantasme : celui d’un être humain sans incons­cient, estiment les psycha­na­lystes Cynthia Fleury, Roland Gori et Clotilde Leguil, dans une tribune au « Monde ».

Publié le 04 décembre 2025 

(…), n’y a-t-il pas une ironie à émettre un amen­de­ment qui condamne « les soins, actes et pres­ta­tions se récla­mant de la psycha­na­lyse ou repo­sant sur des fonde­ments théo­riques psycha­na­ly­tiques » ?

L’amen­de­ment présenté au Sénat, le 21 novembre, a certes été retiré, mais il se pour­rait bien qu’il ne soit que le premier coup présa­geant d’un achar­ne­ment à venir. Au nom d’une cohé­rence scien­ti­fique arti­cu­lée aux dépenses de santé, cet amen­de­ment propo­sait d’in­ci­ter prio­ri­tai­re­ment « la diffu­sion des pratiques compor­te­men­tales, éduca­tives et de réha­bi­li­ta­tion psycho­so­ciale » pour mieux effa­cer de la carte l’ap­port psycha­na­ly­tique fondé sur la parole.

Mais que s’agit-il à travers cette inci­ta­tion de décon­seiller, d’in­ter­dire, et à l’en­vers de promou­voir ? Il ne s’agit pas seule­ment de ne plus donner lieu à rembour­se­ment pour des soins se récla­mant de la psycha­na­lyse au sein notam­ment des centres médico-psycho­lo­giques, mais aussi de dési­gner ces prises en charge comme contre-produc­tives et inadap­tées, « à diffé­ren­cier des psycho­thé­ra­pies ». Cette distinc­tion délé­gi­time les psycho­thé­ra­pies se réfé­rant à la psycha­na­lyse et risque de conduire à la disqua­li­fi­ca­tion de tous les prati­ciens formés depuis la psycha­na­lyse. C’est aussi la destruc­tion du tissu social du soin psychique qui est là préfi­gu­rée.

En un moment où le nouveau malaise dans la civi­li­sa­tion (…) n’est-ce pas aller à contre-courant de l’ur­gence de l’époque que d’in­va­li­der les pratiques de la parole fondée sur la théo­rie psycha­na­ly­tique ?

Nous sommes en manque cruel d’une clinique de la dignité pour répondre à cette nouvelle toxi­cité du monde, qui s’ac­croît à mesure que le déchaî­ne­ment pulsion­nel s’ac­tive en tous sens et que la valeur de la parole est oubliée. Il semble­rait que l’ap­proche psycha­na­ly­tique, pour­tant à jour sur les problé­ma­tiques les plus cruciales de notre moment – celle des abus et du consen­te­ment dans la vie amou­reuse et sexuelle, celle des trau­mas de guerre, celle des égare­ments dans la violence, celle de la perte de sens d’un monde en manque de désir et encom­bré de pulsions – fasse l’épreuve d’une nouvelle aver­sion de la part de l’Etat : l’aver­sion pour la parole, l’aver­sion pour le sujet, l’aver­sion fina­le­ment pour ce qui, en nous, permet aussi d’échap­per à l’em­prise.

Car parler de ses troubles en s’aper­ce­vant que l’on n’est pas trans­pa­rent à soi-même, c’est aussi s’in­ter­ro­ger sur les forces auxquelles on obéit, et tenter quelque­fois de s’en déprendre pour renouer avec son désir. La psycha­na­lyse rappelle qu’un sujet ne se laisse jamais réduire à ses compor­te­ments, qu’il porte une histoire, un refoulé, des failles et un désir. A cet égard, la disqua­li­fi­ca­tion actuelle, sous couvert d’une préten­due ortho­doxie scien­ti­fique, réac­tive un vieux rêve : celui d’un être humain sans opacité, sans incons­cient, parfai­te­ment régi par ses données. Or l’his­toire montre que l’éli­mi­na­tion de la psycha­na­lyse n’a jamais amélioré le soin ; elle a simple­ment appau­vri l’idée même de ce qu’est un être humain et renforcé l’em­prise des insti­tu­tions et des normes sur lui.

Le tollé soulevé par cet amen­de­ment dans le monde de la santé mentale, depuis les psycho­logues formés par la psycha­na­lyse jusqu’aux psychiatres se réfé­rant encore à la clinique analy­tique, provient de sa violence bureau­cra­tique qui met les profes­sion­nels sous tutelle. Les recom­man­da­tions de la Haute Auto­rité de santé se trans­forment en obli­ga­tions, la respon­sa­bi­lité des prati­ciens est confisquée par la bureau­cra­tie et l’idéo­lo­gie.

Mais peut-être cet amen­de­ment retiré est-il l’oc­ca­sion pour nous d’ou­vrir les yeux sur les discours qui font emprise sur les corps en tentant de faire dispa­raître le sujet ? Peut-être est-il l’oc­ca­sion d’aper­ce­voir que les raisons pour lesquelles il a été retiré n’ont rien à voir avec une légi­ti­ma­tion de la psycha­na­lyse, mais avec une inap­pli­ca­bi­lité immé­diate de préco­ni­sa­tions propo­sées. Ne nous rappro­chons-nous pas alors douce­ment du meilleur des mondes, ce monde dépeint en 1932 par l’écri­vain Aldous Huxley comme celui où il n’est plus permis d’être triste lorsqu’on est confronté à la mort – on se souvient que les enfants apprennent à rire lorsque la fumée sort des lieux d’in­ci­né­ra­tion des cada­vres… ? Où il n’est plus ques­tion d’éprou­ver le drame de l’amour et de tenter de s’en extraire en inter­ro­geant ses symp­tômes ? Où il n’y a plus lieu de ques­tion­ner ce qui nous a été trans­mis par la parole ?

N’ou­blions pas que ce qui rend le monde dési­rable n’est pas tant l’adap­ta­tion forcée à ce qu’il y a quelque­fois d’in­vi­vable en lui, mais le fait de pouvoir entre-aper­ce­voir une place pour le sujet et un lieu pour dire ce qui ne va pas. Ce qui restera peut-être à jamais inadapté et c’est tant mieux, c’est le sujet – qui se perd souvent mais se retrouve aussi grâce à la parole, grâce au désir de l’autre. Ce sujet-là devra tenter de survivre encore un peu dans une civi­li­sa­tion qui ne veut plus entendre parler de lui.

Cynthia Fleury est philo­sophe, psycha­na­lyste, profes­seure titu­laire de la chaire Huma­ni­tés et Santé au Conser­va­toire natio­nal des arts et métiers – Sorbonne Univer­sité ; Roland Gori est profes­seur hono­raire de psycho­pa­tho­lo­gie à Aix Marseille Univer­sité, psycha­na­lyste, membre de l’as­so­cia­tion Espace analy­tique ; Clotilde Leguil est philo­sophe, psycha­na­lyste, membre de l’Ecole de la cause freu­dienne, profes­seure au dépar­te­ment de psycha­na­lyse de l’Uni­ver­sité de Paris V-III.

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