7 juin 2026

Politis. 2 juin. Lafarge : patrons libérés, militants écologistes réprimés

https://www.politis.fr/articles/2026/06/lafarge-patrons-liberes-militants-ecologistes-reprimes/

Lafarge : patrons libérés, militants écologistes réprimés

Politis, 2 juin. Hugo Boursier.

(…)

En effet, le 26 mai, le tribunal a accepté de libérer les deux hommes, moyennant un pointage bimensuel au commissariat et une interdiction de sortir du territoire national. Un contrôle judiciaire peu contraignant, les deux cadres, placés dans la même cellule, pouvant même entrer en contact avant le procès en appel qui doit se tenir dans plusieurs mois. (…) Comment comprendre cette libération, alors que tant d’autres personnes écrouées croupissent en silence et à même le sol en attendant leur procès ? Une différence de traitement flagrante qui rappelle l’indécence d’un certain Nicolas Sarkozy, auteur piteux d’un bien inutile Journal d’un prisonnier.

Hasard du calendrier : cette décision de libération intervient quelques jours avant le procès en appel à la cour de Rouen de quatre militants écologistes. Ils sont jugés pour s’être introduits sur le site du même cimentier à Val-de-Reuil, en décembre 2023. L’action était destinée à dénoncer l’artificialisation des sols, et selon la procureure de la République d’Évreux, des sacs de ciment avaient été éventrés, du matériel informatique détruit.

Pour ces infractions, la police a déployé des moyens considérables : c’est la brigade antiterroriste, la Sdat, qui a interpellé les militants au printemps 2024. Une unité réservée à un public particulièrement dangereux.

Un comble, quand on sait que les patrons de l’entreprise ont rempli le tiroir-caisse de l’État islamique, lui permettant de projeter des attentats à l’étranger.

En décembre 2024, quatre militants avaient été condamnés à des peines allant de six à dix mois de prison avec sursis. Dans leur procès en appel, ce mardi, l’avocat général a requis des peines encore plus lourdes : passant de 12 à 18 mois de prison avec sursis, assortis d’une peine d’inéligibilité de cinq ans. De quoi éviter le « choc carcéral ». Mais pas les traumatismes d’une arrestation brutale, en plus d’être considéré comme des « écoterroristes ».

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