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antifascisme / Gauche écosocialiste

Gauche écoso­cia­liste. La crise capi­ta­liste, un monde et ses impé­ria­lismes et ses guerres, une gauche si divi­sée .

pascal bpar pascal b21 avril 2026

Réso­lu­tion de la GES des 11 et 12 avril 2026

Depuis la dernière AG de la GES ayant produit un texte sur la situa­tion géopo­li­tique inter­na­tio­nale, en novembre 2024, le sort des classes popu­laires et des peuples oppri­més n’a fait que s’ag­gra­ver sur tous les conti­nents. La possi­bi­lité de voir émer­ger un monde où serait éradiquée l’ex­ploi­ta­tion des humains par une classe préda­trice semble s’éloi­gner au rythme de la prise du pouvoir par des diri­geants ultra­réac­tion­naires, illi­bé­raux ou d’ex­trême droite. Comment redon­ner espoir dans une pers­pec­tive d’éman­ci­pa­tion des classes labo­rieuses, des femmes et des mino­ri­tés oppri­mées devrait être l’un des chan­tiers des forces de gauche anti-impé­ria­listes dans les mois à venir.

I – Une marche à la guerre des tyrans impé­ria­listes

L’en­trée en guerre des États-Unis et d’Is­raël contre l’Iran le 28 février 2026 alors que des négo­cia­tions étaient en cours sur le dossier nucléaire consacre une nouvelle étape dans la marche à la guerre des tyrans impé­ria­listes. Le risque d’une confla­gra­tion géné­rale est de plus en plus présent, des rodo­mon­tades de Donald Trump contre le Groen­land à l’in­ter­ven­tion des États-Unis au Vene­zuela. Les bombar­de­ments et l’en­lè­ve­ment du président Nicolás Maduro le 6 janvier 2026 consti­tuaient déjà une viola­tion flagrante du droit inter­na­tio­nal. De même, le renfor­ce­ment du blocus états-unien vise à asphyxier Cuba, via un embargo tout aussi illé­gal sur les livrai­sons de pétrole. Depuis long­temps, les grandes puis­sances foulent ouver­te­ment aux pieds les prin­cipes qu’elles préten­daient défendre : souve­rai­neté des États, intan­gi­bi­lité des fron­tières et droit des peuples à dispo­ser d’eux-mêmes. L’ONU n’est plus que l’ombre d’un modus vivendi obso­lète, où le partage du monde issu de la Seconde Guerre mondiale a été remplacé par la loi du plus fort. Le danger est d’au­tant plus grand que tous les grands blocs disposent de l’arme atomique.

Les inter­ven­tions impé­ria­listes s’ins­crivent avant tout dans la lutte pour le contrôle des ressources stra­té­giques, au premier rang desquelles le pétrole, révé­lant la centra­lité des inté­rêts écono­miques et éner­gé­tiques dans les conflits contem­po­rains.

Cette logique de force traverse aujourd’­hui l’en­semble des rapports inter­na­tio­naux. L’of­fen­sive mili­taire israé­lienne de colo­ni­sa­tion et d’éra­di­ca­tion menée contre le peuple pales­ti­nien se pour­suit dans une impu­nité totale. La tenta­tive de conquête de l’Ukraine par l’ar­mée russe s’ins­crit dans la même logique impé­ria­liste. Paral­lè­le­ment, la volonté de la Chine de dépas­ser les États-Unis, y compris sur le terrain mili­taire, confirme le retour de la guerre comme mode de régu­la­tion des conflits inter-impé­ria­listes, sur fond de concur­rence accrue pour l’ac­cès aux ressources et aux marchés.

L’of­fen­sive réac­tion­naire de Trump 2 en Europe

Vis-à-vis de l’Eu­rope, l’ad­mi­nis­tra­tion Trump pour­suit l’objec­tif de façon­ner un « nouvel ordre » struc­turé par la loyauté idéo­lo­gique à l’égard de sa vision du monde. Elle est fondée de ce point de vue sur une logique binaire oppo­sant le monde « libre et chré­tien » à des enti­tés perçues comme « déca­dentes », « athées » ou « socia­listes ». Ce cadre est expli­ci­te­ment formulé dans la nouvelle Stra­té­gie de Sécu­rité Natio­nale états-unienne et implique une logique d’in­gé­rence poli­tique réac­tion­naire et de soutien aux forces néo-fascistes sur le conti­nent.

L’of­fen­sive de l’im­pé­ria­lisme états-unien en Europe s’ac­com­pagne donc de motifs idéo­lo­giques expli­cites. Ceux-ci fondent des conver­gences bien réelles avec la Russie de Poutine. L’arc réac­tion­naire est une réalité concrète, appuyée sur des inté­rêts communs et des conni­vences idéo­lo­giques – une vision du monde en somme. Il recouvre aussi mani­fes­te­ment, en dépit des diffé­rends qui opposent les États-Unis et la Russie, sinon des objec­tifs, du moins une pers­pec­tive commune. Pers­pec­tive qui s’ac­corde, au moins partiel­le­ment, au projet états-unien : une nouvelle domi­na­tion en Europe, arti­cu­lée à ce qui est décrit désor­mais comme une « varso­vi­sa­tion » de l’OTAN.

L’élé­ment clé de cette analyse de la menace que fait peser l’ad­mi­nis­tra­tion Trump, est qu’elle vise l’au­to­no­mie stra­té­gique et la souve­rai­neté de l’Eu­rope et des états euro­péens dans tous les domaines : idéo­lo­gique et poli­tique, écono­mique et tech­no­lo­gique, diplo­ma­tique et mili­taire. C’est une menace globale parce qu’elle repose sur la possi­bi­lité, au moins à titre d’éven­tua­lité, d’ac­tion­ner l’en­semble des instru­ments de coer­ci­tion et d’in­gé­rence dont disposent les Etats-Unis vis-à-vis d’une Europe divi­sée et affai­blie poli­tique­ment, écono­mique­ment et tech­no­lo­gique­ment.

Une crise globale du système capi­ta­liste qui fait émer­ger partout de nouveaux monstres

L’ho­ri­zon s’as­som­brit encore davan­tage sous l’ef­fet de la crise écolo­gique globale, qui se mani­feste dans tous les domaines — climat, pollu­tion, effon­dre­ment de la biodi­ver­sité, acidi­fi­ca­tion des océans, cycle de l’eau, défo­res­ta­tion. Le réchauf­fe­ment clima­tique a atteint désor­mais 1,4 degré, soit presque l’équi­valent du seuil maxi­mum prévu par les Accords de Paris. Sur les neuf limites plané­taires iden­ti­fiées, sept sont d’ores et déjà dépas­sées et font courir le risque d’un effon­dre­ment géné­ra­lisé. La course aux hydro­car­bures et aux terres rares, moteur des affron­te­ments impé­ria­listes, entre en contra­dic­tion fron­tale avec les impé­ra­tifs de la bifur­ca­tion écolo­gique et la néces­sité de rompre avec un modèle produc­ti­viste qui menace les condi­tions mêmes de la vie sur Terre. Le capi­ta­lisme globa­lisé est entré dans une phase de crise profonde déter­mi­née par l’ère de la fini­tude écolo­gique. L’ef­fet cumulé de la limite écolo­gique et de la limite des marchés accen­tue consi­dé­ra­ble­ment la conflic­tua­lité entre puis­sances et fait partout émer­ger de nouveaux monstres.

En Amérique latine, les progres­sistes perdent du terrain et la vague brune pour­suit son chemin : dernier élu, l’hé­ri­tier de Pino­chet, Anto­nio Kast, ambi­tionne de réta­blir un ordre réac­tion­naire au Chili pour le plus grand profit de la bour­geoi­sie préda­trice. Trump peut se réjouir de voir le sous-conti­nent, qu’il consi­dère comme l’ar­rière-cour des Etats-Unis, dominé par la droite et la droite extrême, à l’ex­cep­tion soli­taire de la Colom­bie. Espé­rons que les élec­tions géné­rales au Brésil, en octobre prochain, permet­tront une issue progres­siste.

À rebours de cette dyna­mique, l’Es­pagne fait figure d’ex­cep­tion en Europe, avec un gouver­ne­ment qui mène des poli­tiques plus favo­rables aux droits sociaux et porte, sur la scène inter­na­tio­nale, des posi­tions plus critiques à l’égard des logiques impé­ria­listes.

En Afrique, à de rares excep­tions près, tour­nant le dos aux aspi­ra­tions de popu­la­tions très jeunes, les prési­dents à vie et les dicta­tures conti­nuent de corse­ter la vie poli­tique et sociale d’im­menses pays, sur fond de conflits armés, de misère et de préda­tion des entre­prises occi­den­tales, russes et chinoises.

Luttes d’éman­ci­pa­tion et luttes sociales : un timide espoir

Le soulè­ve­ment du peuple iranien contre la dicta­ture suite au meurtre de Jina Mahsa Amini à l’au­tomne 2022 avait relancé l’es­poir. Les mani­fes­ta­tions massives de l’hi­ver 2025 ont montré que la mobi­li­sa­tion de la popu­la­tion, notam­ment la jeunesse, contre la Répu­blique isla­mique restait très forte. La répres­sion sanglante par le régime en janvier 2026, qui a causé plus de 30 000 morts selon les ONG iraniennes, a stoppé cet élan pour l’ins­tant.

En Europe, la force rela­tive du mouve­ment social a permis de contrer ou de frei­ner certaines offen­sives patro­nales et gouver­ne­men­tales, même si l’âge de départ en retraite a forte­ment reculé dans tous les pays. Les inéga­li­tés s’ac­croissent et la pauvreté s’étend, les services publics reculent tandis que les richesses produites sont captées par une infime mino­rité. Mais les résis­tances s’or­ga­nisent contre la remise en cause des droits des femmes et des personnes LGBTQIA+, contre le racisme et les discri­mi­na­tions, pour le droit à l’édu­ca­tion, au loge­ment, à la protec­tion sociale.

Au-delà des fron­tières euro­péennes, les travailleurs et travailleuses tentent de résis­ter aux attaques de gouver­ne­ments auto­ri­taires. D’énormes mouve­ments de grève ont été déclen­chés par des travailleurs et travailleuses du textile au Pakis­tan en septembre 2025. L’Inde a été bloquée par une grève géné­rale de 300 millions de sala­rié·es et paysan·nes à l’ap­pel d’une large plate­forme syndi­cale et de partis de gauche le 12 février contre les réformes des codes du travail visant à affai­blir les protec­tions du travail, contre les priva­ti­sa­tions et les accords commer­ciaux défa­vo­rables avec les Etats-Unis signés par le gouver­ne­ment illi­bé­ral de Modi. Les conflits sociaux massifs n’épargnent pas la Chine, même si les grèves demeurent inter­dites.

Aux États-Unis mêmes, les résis­tances à la poli­tique de Trump n’ont pas cessé depuis son élec­tion. Les attaques contre les migrant·es ont vu une partie de la popu­la­tion se dres­ser contre l’ICE, de Minnea­po­lis à la Cali­for­nie. Le mouve­ment syndi­cal a retrouvé des forces depuis 2023 et de forts mouve­ments de grève récents ont permis des gains sala­riaux dans plusieurs secteurs (construc­teurs auto­mo­biles ou de moteurs d’avions, hôtel­le­rie par exemple). Enfin, le socia­liste Mamdani à été élu maire de New York, et, en un an, le mouve­ment « No Kings » a orga­nisé trois jour­nées de mani­fes­ta­tions, dont la dernière, le 28 mars, a réuni 8 millions de personnes.

Quelles pers­pec­tives contre la guerre et pour l’éman­ci­pa­tion ?

Le risque de confla­gra­tion mondiale pèse sur la planète. Au-delà de la dénon­cia­tion de la guerre menée par les Etats-Unis et Israël contre l’Iran, le soutien au mouve­ment de libé­ra­tion des Iranien.nes contre le régime dicta­to­rial doit se renfor­cer. Du Kurdis­tan à la Pales­tine, et du Liban à l’Ukraine, nous réaf­fir­mons le droit des peuples à l’au­to­dé­ter­mi­na­tion et la néces­sité de les soute­nir, y compris maté­riel­le­ment, contre leurs agres­seurs. Nous luttons contre la four­ni­ture d’armes à Israël par les pays occi­den­taux, dont la France, illé­gale au regard du droit inter­na­tio­nal.

II – En France, trum­pi­sa­tion accrue et guerre des gauches

Les prin­ci­pales forces de gauche – comme de droite et d’ex­trême droite du reste – ont tendance à privi­lé­gier, dans leurs analyses, les éléments partiels qui confortent l’orien­ta­tion qu’elles défendent. Il en résulte souvent une lecture exces­si­ve­ment posi­tive des résul­tats des élec­tions muni­ci­pales, chacun cher­chant à mettre en avant ses propres points d’ap­pui.

Le véri­table bilan des muni­ci­pales n’au­gure pour­tant pas grand chose de bon.

Sans reprendre ici de manière exhaus­tive les diffé­rentes contri­bu­tions qui circulent à ce propos dans notre famille poli­tique, deux ensei­gne­ments struc­tu­rants s’im­posent :

Une pous­sée du trum­pisme dans le champ poli­tique français. La domi­na­tion de la droite et de l’ex­trême droite se confirme. La poro­sité entre leurs élec­to­rats, mais aussi la proxi­mité crois­sante — voire la conver­gence — de leurs respon­sables poli­tiques, de leurs bases mili­tantes et de leurs élec­to­rats, s’ac­croît. Les thèses issues de l’ex­trême droite sont désor­mais reprises sans détour par une grande partie de la droite tradi­tion­nelle s’ac­com­pa­gnant d’une progres­sion et d’une expres­sion de plus en plus décom­plexée du racisme.

Une gauche affai­blie et frag­men­tée. Le poids élec­to­ral global de la gauche tend à s’éro­der. Et la « guerre des gauches », momen­ta­né­ment conte­nue entre les deux tours dans certaines villes, a repris avec vigueur dès le soir du second tour, affai­blis­sant toute pers­pec­tive de recons­truc­tion.

Face à la séquence qui s’ouvre, il faut le recon­naître sans détour : notre intui­tion stra­té­gique — arti­cu­ler radi­ca­lité et unité — n’a pas trouvé, lors de ces muni­ci­pales, les victoires emblé­ma­tiques (comme à Limoges ou Toulouse) qui auraient pu lui donner un élan déci­sif.

Pour autant, les parti­sans à gauche du « tout sauf LFI » ne peuvent pas davan­tage reven­diquer de démons­tra­tion probante de la supé­rio­rité de leur orien­ta­tion — sauf à faire preuve d’une mauvaise foi à toute épreuve.

Une offen­sive de plus en plus viru­lente est menée contre la FI, visant à l’ex­clure du « champ répu­bli­cain », voire à préco­ni­ser un barrage contre elle, suppri­mant et remplaçant la barrage contre le RN. Le déchaî­ne­ment raciste contre le nouveau Maire de Saint Denis, Bally Bagayoko, montre l’am­pleur d’une offen­sive qui a pour but non seule­ment de condam­ner toute poli­tique se récla­mant expli­ci­te­ment d’une néces­saire rupture avec le système, mais plus préci­sé­ment toute possi­bi­lité d’union à gauche.

Une gauche affai­blie face à la pous­sée trum­piste.

De plus, le Parti socia­liste, par son posi­tion­ne­ment contre la censure du gouver­ne­ment Lecornu, ses ambi­guï­tés répé­tées et, au fond, son choix stra­té­gique de se rappro­cher d’une ligne compa­tible avec le macro­nisme a mis un point final au NFP et profon­dé­ment fragi­lisé toute pers­pec­tive d’unité. Le choix de prolon­ger l’ago­nie du macro­nisme n’est pas neutre : il contri­bue à prolon­ger une poli­tique qui affai­blit les services publics, remet en cause la protec­tion sociale, accen­tue les inéga­li­tés, et orga­nise le recul de l’État face aux logiques de marché. Une poli­tique que payent dans tous les sens du terme les classes popu­laires.

Ces derniers mois, le PS a conso­lidé son unité interne sur une ligne portée par son aile droite. Il a refusé tout accord avec La France Insou­mise, et fait des élec­tions muni­ci­pales une oppor­tu­nité pour la margi­na­li­ser. Cela s’est traduit par une parti­ci­pa­tion active au « LFI bashing », rendant de fait toute construc­tion commune extrê­me­ment diffi­cile et handi­ca­pant les fusions de listes PS / LFI qui sont appa­rues insin­cères aux yeux de nombre d’élec­trices et élec­teurs.

La direc­tion du PCF, alors même que les votes de son groupe parle­men­taire sont pour l’es­sen­tiel communs avec la FI comme avec ceux des dépu­tés de l’Après, affirme, par la bouche de Rous­sel, vouloir en finir avec le NFP, et s’oriente vers une stricte affir­ma­tion iden­ti­taire.

Dans le même temps, la ligne de LFI a consisté à creu­ser le fossé avec le toutes les frac­tions du PS dans l’illu­sion sans doute de passer du statut de première force à gauche, à seule force de gauche. A ceci se sont ajou­tées les décla­ra­tions de Jean-Luc Mélen­chon – qui a utilisé les muni­ci­pales comme l’acte I de la prési­den­tielle – dont la tona­lité ou le contenu, ont large­ment contri­bué à four­nir des muni­tions à ceux qui cherchent à disqua­li­fier ou salir La France Insou­mise. Certaines de ces prises de posi­tion, pour le moins problé­ma­tiques, ont alimenté des dyna­miques de rejet autant qu’elles contri­buent à souder dans une logique de cita­delle assié­gée une frac­tion encore très large des mili­tant·es de la gauche.

Tout cela converge vers un même résul­tat : affai­blir le camp de la gauche de trans­for­ma­tion et faire, objec­ti­ve­ment, le jeu de nos pires adver­saires poli­tiques.

Pour­tant l’as­pi­ra­tion à l’unité à gauche existe forte­ment. C’est une des raisons du succès de François Pique­mal à Toulouse ou Damien Maudet à Limoges au premier tour des muni­ci­pales, alors que les candi­dats LFI qui ont exprimé une ligne beau­coup moins unitaire, beau­coup plus agres­sive vis-à-vis du PS, de Sophia Chiki­rou à Sébas­tien Delogu en passant par Natha­lie Oziol, ont enre­gis­tré des résul­tats bien moindres.

À l’is­sue des muni­ci­pales, les débats internes au Parti socia­liste révèlent des tensions stra­té­giques profondes :

D’un côté, une stra­té­gie de recom­po­si­tion social-libé­rale, à tona­lité néo-macro­niste, incar­née notam­ment par Raphaël Glucks­mann et François Hollande.

De l’autre, une ligne portée par Olivier Faure, plus ancrée à gauche dans son discours, mais qui, dans les faits, ne vise pas à recons­truire l’unité sur le péri­mètre du NFP, privi­lé­giant un rassem­ble­ment excluant La France Insou­mise.

Cette contra­dic­tion s’ins­talle et se durcit. Les deux lignes s’af­frontent sans se dépar­ta­ger, faute pour la ligne portée par Olivier Faure d’avoir obtenu au dernier congrès une majo­rité suffi­sam­ment nette pour s’im­po­ser, ce qui recon­duit le conflit à chaque échéance poli­tique.

Du côté de La France Insou­mise, le texte publié par la direc­tion à l’oc­ca­sion de la convo­ca­tion de l’As­sem­blée repré­sen­ta­tive cris­tal­lise plusieurs problèmes d’orien­ta­tion :

Une lecture globa­le­ment très opti­miste de la situa­tion, qui tend à sures­ti­mer le niveau réel d’adhé­sion popu­laire et la centra­lité de LFI dans le paysage poli­tique actuel.

Un appel à l’unité qui relève davan­tage d’une logique de rassem­ble­ment sous direc­tion de LFI que d’une démarche réel­le­ment plura­liste.

Une place insuf­fi­sante accor­dée aux luttes sociales, pour­tant déter­mi­nantes dans toute stra­té­gie de trans­for­ma­tion à gauche.

Enfin, des évolu­tions annon­cées en matière de fonc­tion­ne­ment qui, à ce stade, appa­raissent peu étayées et large­ment incan­ta­toires.

L’as­sem­blée repré­sen­ta­tive du 12 avril prochain semble surtout être conçue comme la rampe de lance­ment pour une quatrième candi­da­ture de Jean-Luc Mélen­chon à la prési­den­tielle.

Entre les pôles sociaux-démo­crates et insou­mis, la diffi­culté à construire un pont

Sans reprendre à notre compte les lectures triom­pha­listes, d’où qu’elles viennent, il faut néan­moins consta­ter qu’à gauche, LFI et le PS s’en sortent nette­ment mieux que les Ecolo­gistes qui, contrai­re­ment à la dyna­mique de 2020 et au « moment vert » que EELV incar­nait alors, ont connu aujourd’­hui de lourds revers.

En proie à de fortes dissen­sions internes et à une crise de leader­ship, on voit mal les Ecolo­gistes peser véri­ta­ble­ment dans la prépa­ra­tion de la prési­den­tielle. Le bilan des muni­ci­pales et les inten­tions de vote des insti­tuts de sondage plombent le lance­ment de la pré-campagne de sa candi­date, Marine Tonde­lier.

Les forma­tions issues de La France Insou­mise, comme L’Après et Debout, se trouvent elles aussi en diffi­culté.

D’une part, parce que les « fron­deurs » de LFI n’ont jamais réel­le­ment réussi à s’ac­cor­der et avancent, pour l’hy­po­thé­tique primaire d’oc­tobre, deux candi­da­tures concur­rentes, celles de Clémen­tine Autain et de François Ruffin.

D’autre part, parce que le coeur même de leur orien­ta­tion — l’idée d’une candi­da­ture unique de la gauche à l’élec­tion prési­den­tielle — se heurte fron­ta­le­ment au refus des prin­ci­paux pôles poli­tiques concer­nés, qu’il s’agisse des parti­sans de François Hollande, de Raphaël Glucks­mann ou de Jean-Luc Mélen­chon, fragi­li­sant ainsi la pers­pec­tive même d’une primaire.

Quant au PCF, il semble vivre sur le mythe d’un retour à un passé glorieux et envi­sa­ger une candi­da­ture auto­nome à la prési­den­tielle, comme s’il pouvait en résul­ter autre chose qu’un nouvel échec cuisant.

Unité et radi­ca­lité, deux exigences à porter de pair

Dans ce mael­ström, la seule orien­ta­tion cohé­rente que la GES peut défendre, quelles que soient nos appar­te­nances mili­tantes, est celle d’un rassem­ble­ment poli­tique, doté d’un programme de rupture avec la Ve Répu­blique, les poli­tiques libé­rales-capi­ta­listes, un programme pour l’éga­lité sociale, la lutte contre toutes les formes de discri­mi­na­tion, contre l’im­pé­ria­lisme et la guerre, pour la bifur­ca­tion écolo­gique. Ce rassem­ble­ment poli­tique doit arti­cu­ler candi­da­ture commune à l’élec­tion prési­den­tielle et accord pour les légis­la­tives permet­tant de déga­ger une majo­rité.

Nous avons plei­ne­ment conscience des diffi­cul­tés consi­dé­rables pour la mise en oeuvre d’une telle pers­pec­tive. Mais aucune alter­na­tive crédible ne permet aujourd’­hui d’évi­ter l’abîme, celle de l’ar­ri­vée au pouvoir de l’ex­trême droite et de la droite extré­mi­sée ou d’une nouvelle solu­tion néo-macro­niste qui ne fera qu’en retar­der l’ar­ri­vée tout en pour­sui­vant les poli­tiques anti­so­ciales et liber­ti­cides.

III – Une GES « Kiri­kou », petite mais vaillante !

À ce stade, la Gauche écoso­cia­liste doit conti­nuer modes­te­ment à consti­tuer un cadre de réflexion, d’éla­bo­ra­tion d’une ligne pour l’ac­tion.

Nous restons atta­ché·es à la péren­ni­sa­tion d’un courant anti­ca­pi­ta­liste, écolo­giste anti­ra­ciste et fémi­niste même si nous sommes conscient·es des diffi­cul­tés actuelles pour le faire exis­ter.

Le cœur de notre orien­ta­tion reste inchangé :

Favo­ri­ser une poli­tique de front unique permet­tant de lutter, dans la rue et dans les urnes, contre le macro­nisme, la droite et l’ex­trême droite, pour défendre un programme qui défende les inté­rêts de la majo­rité de la popu­la­tion

Lutter pour le regrou­pe­ment des forces de la gauche radi­cale dans une même orga­ni­sa­tion démo­cra­tique.

Faire vivre le projet écoso­cia­liste tout en s’in­sé­rant dans les enjeux qui vont se poser à la gauche dans les prochains mois comme la lutte prio­ri­taire contre l’ex­trême-droite.

Main­te­nir les contacts et le dialogue avec les forces proches comme l’Après, le NPA-A, le RESI, ou la gauche des écolo­gistes.

Pratique­ment et modes­te­ment, le secré­ta­riat natio­nal est mandaté pour :

Assu­rer la circu­la­tion de l’in­for­ma­tion et les réflexions entre nous, en parti­cu­lier à travers le site de la GES.

Publier régu­liè­re­ment des analyses et commu­niqués sur notre site.

Orga­ni­ser des réunions natio­nales en fonc­tion de l’ac­tua­lité poli­tique.

Orga­ni­ser la prochaine AG de la GES qui se tien­dra au mois de juin. A ce moment-là, nous pour­rons mieux mesu­rer concrè­te­ment les capa­ci­tés de regrou­pe­ment des diffé­rentes forces et appré­cier les dyna­miques réel­le­ment à l’œuvre.

La GES voit dans sa diver­sité d’in­ter­ven­tions dans divers cadres mili­tants (LFI, L’Après, diverses orga­ni­sa­tions du mouve­ment social) une richesse pour la réflexion, pour l’ac­tion et pour prépa­rer les recom­po­si­tions qui s’an­noncent.

Dans ce cadre, nous appe­lons les cama­rades regrou­pé·es dans le RESI à recon­si­dé­rer leur choix de sépa­ra­tion d’avec la GES. Nous leur adres­sons un ultime appel à main­te­nir le cadre commun. Si leur déci­sion devait néan­moins se confir­mer, nous en pren­drions acte avec regret et l’As­sem­blée géné­rale de la GES approuve à l’una­ni­mité (moins une absten­tion) les termes de l’ac­cord de sépa­ra­tion tel qu’il a été acté entre les parties.

Nous appe­lons égale­ment les cama­rades enga­gé·es dans l’Après à entre­te­nir et renfor­cer leurs liens avec la GES, dans la pers­pec­tive des échéances à venir.
Adopté à l’una­ni­mité de l’AG réunie le 11 avril 2026 à Montreuil sous Bois

 

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3 décembre 2024

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