25 janvier 2026

AFPS. 20 janvier. our les Pales­ti­nien·nes et les peuples du monde, le droit ou la barba­rie ?

Pour les Pales­ti­nien·nes et les peuples du monde,
le droit ou la barba­rie ?

En ce début d’an­née 2026 Israël occupe main­te­nant près de 60% de la bande de Gaza où deux millions de Pales­ti­nien·nes survivent dans des condi­tions inhu­maines aggra­vées par un hiver parti­cu­liè­re­ment dur. Israël avait annoncé son inten­tion de rendre la bande de Gaza invi­vable : c’est ce qu’il a fait.

Ses habi­tant·es conti­nuent de subir les attaques inces­santes de l’ar­mée israé­lienne qui ont fait plus de 450 morts et près de 1200 bles­sés en 3 mois de « cessez-le feu », victimes des snipers ou des bombar­de­ments qui n’ont jamais cessé.

En viola­tion des ordon­nances de la Cour inter­na­tio­nale de Justice (CIJ), Israël conti­nue de restreindre l’en­trée de l’aide huma­ni­taire. Alors qu’il n’a aucun droit sur la bande de Gaza, il a décidé d’en inter­dire l’ac­cès à 37 ONG, prétex­tant qu’elles auraient des liens avec des orga­ni­sa­tions terro­ristes. Cette stra­té­gie n’est pas nouvelle pour Israël : il l’a utili­sée contre l’UNRWA, et avant elle contre les ONG pales­ti­niennes de défense des droits humains. Ces accu­sa­tions s’étant révé­lées chaque fois sans fonde­ment, Benja­min Haddad, membre du gouver­ne­ment français, aurait été bien inspiré de ne pas relayer les calom­nies du gouver­ne­ment israé­lien et de se garder de deman­der à l’Union euro­péenne d’enquê­ter sur la ques­tion. Un tel aligne­ment sur la propa­gande israé­lienne est indigne.

Donald Trump a annoncé la mise en œuvre de la phase deux de son plan. Ce plan de mise sous tutelle de la bande de Gaza et de ses habi­tant·es, empreint d’une logique colo­niale, piétine le droit à l’au­to­dé­ter­mi­na­tion du peuple pales­ti­nien.

Un « Comité natio­nal pales­ti­nien pour l’ad­mi­nis­tra­tion de Gaza  » a tenu sa première réunion au Caire. On est en droit de se deman­der quelle sera sa marge de manœuvre alors qu’il est sous la tutelle du « Conseil de la paix » (Peace board), dont les premiers membres connus sont Trump et sa garde rappro­chée accom­pa­gnés de Tony Blair et de Javier Milei, soutiens incon­di­tion­nels d’Is­raël et Viktor Orban. Devant le mécon­ten­te­ment de Neta­nya­hou sur sa compo­si­tion, Trump lui aurait proposé d’en faire partie. Cela donne le ton. Ce conseil appa­raît main­te­nant clai­re­ment pour ce qu’il est, une struc­ture desti­née à se substi­tuer à l’ONU. Combien de temps l’ONU et ses États membres vont-il rester muets face à ces provo­ca­tions ?

Cette phase deux prévoit qu’Is­raël évacue complè­te­ment la bande de Gaza. Au lieu de cela il a conforté et accru son occu­pa­tion de plus de la moitié du terri­toire et il n’est plus ques­tion de son départ. Rappe­lons qu’Is­raël n’a aucun droit sur le terri­toire pales­ti­nien qu’il occupe depuis 1967, juste l’obli­ga­tion d’en partir comme le lui impose l’avis de la CIJ et les réso­lu­tions de l’ONU.

Le nettoyage ethnique, la colo­ni­sa­tion et l’an­nexion de fait se pour­suivent à marche forcée en Cisjor­da­nie. Ce terri­toire occupé illé­ga­le­ment est en état de siège perma­nent : armée et colons y font régner la terreur. Plus de 1 000 Pales­ti­nien·nes ont été tué·es par Israël en Cisjor­da­nie depuis octobre 2023, plus de 20 000 ont été arrê­té·es.

Pour Neta­nya­hou et Trump tout doit concou­rir à empê­cher la créa­tion d’un État pales­ti­nien et à pour­suivre l’ef­fa­ce­ment de son peuple. Le prétendu cessez-le-feu permet juste à Israël de pour­suivre ses crimes, toujours en totale impu­nité.

L’aban­don des Pales­ti­nien·nes est une faillite morale. Le deux poids deux mesures dans le respect des droits humains et l’ap­pli­ca­tion du droit inter­na­tio­nal ont ouvert la voie au retour de l’ère colo­niale auquel on assiste ces derniers mois. La loi du plus fort devient la norme.

Le Moyen-Orient est dura­ble­ment désta­bi­lisé par les inter­ven­tions états-uniennes et israé­liennes. Le peuple iranien se soulève contre la tyran­nie des mollahs. Ceux qui font du pied à Trump ou appellent au retour de l’hé­ri­tier de l’an­cien tyran sont les mêmes qui ont soutenu l’agres­sion croi­sée et illé­gale d’Is­raël et des USA en juin 2025 dont la consé­quence a été une répres­sion terrible. En Iran comme partout dans le monde l’AFPS soutient les mouve­ments de libé­ra­tion des peuples.

L’acte de pira­te­rie de Trump au Vene­zuela n’est pas un acte isolé, il s’ins­crit lui aussi dans le renver­se­ment programmé du nouvel ordre mondial instauré il y a 80 ans et basé sur le droit des peuples à dispo­ser d’eux-mêmes et la réso­lu­tion paci­fique des conflits. Gaza et la Pales­tine ont servi de terrain d’ex­pé­ri­men­ta­tion : occu­pa­tion, colo­ni­sa­tion, annexion, apar­theid, géno­cide, autant de crimes qui n’ont fait l’objet d’au­cune sanc­tion. Comment est-ce possible ?

Chaque silence, chaque renon­ce­ment de nos diri­geants contri­bue à l’af­fai­blis­se­ment du droit et ouvre plus grand la porte à la barba­rie.

Sans une appli­ca­tion ferme du droit inter­na­tio­nal et la sanc­tion de ses viola­tions, l’ordre mondial basé sur la charte des Nations unies sera supplanté par la loi du plus fort et lais­sera la place à la barba­rie comme on le voit depuis plus de deux ans à Gaza.

Ce n’est pas une fata­lité, l’es­poir réside dans la résis­tance des peuples face à la volonté de domi­na­tion des plus forts.

L’AFPS est déter­mi­née à y prendre sa part. Son combat pour le droit à l’au­to­dé­ter­mi­na­tion du peuple pales­ti­nien, son droit à sa terre, sa liberté, sa dignité en est un pan essen­tiel.

Le Bureau Natio­nal de l’AFPS, Lle 20 janvier 2026
https://www.france-pales­tine.org/Pour-les-Pales­ti­nien-nes-et-les-peuples-du-monde-le-droit-ou-la-barba­rie

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