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Alep, larmes et cris.

Article de notre cama­rade Fran­cis Sitel. Publié sur le site de Cerises et sur le site natio­nal d’En­semble!

À Alep, pour Bachar al-Assad, Poutine et le régime iranien, c’est l’heure de la victoire mili­taire.

Après des mois de bombar­de­ments inces­sants, la popu­la­tion n’a plus d’autre issue que la fuite et l’exil. Pour les rebelles, c’est le choix entre l’hé­roïsme d’une ultime résis­tance et la reddi­tion, au risque de l’exé­cu­tion sommai­re…

Rare­ment un conflit n’a été aussi docu­menté, ni une résis­tance en capa­cité de témoi­gner en direct et jusqu’à l’ex­trême limite de son écra­se­ment. Ladite « commu­nauté inter­na­tio­nale » va donc dispo­ser de tous les moyens pour mesu­rer ce que signi­fie la chute d’Alep : la destruc­tion systé­ma­tique de ce qui rendait possible la survie quoti­dienne de centaines de milliers de civils – les centres de santé, les écoles, les boulan­ge­ries, les ressources en eau… -, la dévas­ta­tion d’une ville de haute civi­li­sa­tion…

Nul ne pourra dire qu’on ne savait pas, ni qu’on igno­rait ce qu’il en serait si on lais­sait les mains libres au régime et à ses alliés.

Et on a laissé faire ! Les bombar­de­ments, les barils de dyna­mite, les missiles explo­sant les abris souter­rains, l’or­ga­ni­sa­tion de la famine, l’of­fen­sive des troupes du Hezbol­lah, des régi­ments d’élite iraniens, des milices afghanes, irakien­nes…

Et de commen­ter que la guerre, c’est cela, sans rien de propre… Occul­tant que cette guerre-là a ceci de parti­cu­lier que c’est la guerre menée par un dicta­teur contre son peuple, au prix de la destruc­tion de son pays. C’est à cette entre­prise-là que les régimes russe et iranien ont fourni tous les moyens dont disposent de modernes armées profes­sion­nel­les… Pour écra­ser et éradiquer une révo­lu­tion popu­laire !

La soumis­sion à la real poli­tik devrait conduire, une fois passées les vertueuses indi­gna­tions et toute honte bue, à un lâche soula­ge­ment : la fin d’Alep, n’est-ce pas le début de la paix ? Fût-elle celle des cime­tiè­res…

Nouvelle illu­sion ! L’ago­nie d’Alep, effroyable, ne signe pas la fin de la guerre – des guerres – de Syrie… Poutine a fait d’Alep une autre Grozny. Mais la Syrie n’est pas la Tchét­ché­nie. Tant que Bachar, privé de la moindre légi­ti­mité, restera au pouvoir, aucune solu­tion poli­tique ne peut se dessi­ner. Tant que conti­nuera la persé­cu­tion de la popu­la­tion syrienne, Daech ou ses clones capi­ta­li­se­ront les inévi­tables pulsions de vengean­ce…

Pour une Syrie libre, débar­ras­sée de Bachar et de Daech, le combat conti­nue, qui a droit à notre soli­da­ri­té…

Fran­cis Sitel, 16 décembre 2016. Publié sur le site de Cerises.

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