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Commu­niqué de Ensemble. Après les résul­tats des élec­tions euro­péennes

Notre espace poli­tique reste en-deçà de ses possi­bi­li­tés et de ce qui est néces­saire face à un gouver­ne­ment qui met la gauche à droite et la menace d’une droite extrême en embus­cade

Les condi­tions de cette campagne élec­to­rale euro­péenne, éclair et sous-média­ti­sée, ont contri­bué au triste résul­tat majeur de ce soir : une victoire du Front Natio­nal et une forte absten­tion qui ampli­fie la crise démo­cra­tique. Le rejet des poli­tiques en place, à l’échelle euro­péenne et natio­nale, s’est large­ment exprimé. Le PS, seul aujourd’­hui à gouver­ner, avec moins de 15%, subit une défaite cinglante qui contri­bue à délé­gi­ti­mer l’orien­ta­tion de François Hollande et Manuel Valls.

La droite ne profite pas pour autant de cette situa­tion (sans gommer en quoi que ce soit les diffé­rences entre droite et gauche, le cumul des scores du centre, de l’UMP, du PS et du PRG, les partis de l’al­ter­nance qui gouvernent le pays depuis la créa­tion de la Vème Répu­blique, est de 45%). C’est un désa­veu massif des poli­tiques menées depuis des années tant par la droite que par la gauche et c’est le signe de la crise de la crise poli­tique française qui va s’ac­cé­lé­rer et le signe de la crise majeure des insti­tu­tions de la Vème Répu­blique qui, derrière une impres­sion de stabi­lité, réduisent d’an­nées en années la légi­ti­mité des gouver­ne­ments en place.

La très forte pous­sée du Front Natio­nal exprime la déses­pé­rance produite par l’aus­té­rité, le surchô­mage, la perte de pers­pec­tive commune. La progres­sion de l’ex­trême droite, dange­reuse et mortifėre, appelle à redou­bler d’ef­forts pour que les voies de l’al­ter­na­tive de gauche triomphent sur le repli, la xéno­pho­bie, l’au­to­ri­ta­risme.

Le Front de Gauche, malgré un résul­tat déce­vant, peut œuvrer à la refon­da­tion d’une force de trans­for­ma­tion sociale et écolo­giste, seule à même d’amé­lio­rer les condi­tions de vie du plus grand nombre et de reprendre le chemin de l’éman­ci­pa­tion humaine. A l’échelle euro­péenne, les partis de la Gauche euro­péenne progressent et en Grèce, Syriza, avec Alexis Tsipras, est le 1er parti avec 28%.

Nous nous féli­ci­tons de l’élec­tion des dépu­tés du FDG et de la GUE ainsi que du résul­tat de notre candi­date Myriam Martin, porte-parole d’En­semble, qui a obtenu 5,5% en menant une belle bataille dans le grand Ouest dans un esprit fédé­ra­teur.

La dyna­mique autour du « Non de gauche » en 2005 contre le Traité Cons­ti­tu­tion­nel Euro­péen comme celle autour du Front de gauche lors de la prési­den­tielle de 2012 avec la candi­da­ture de Jean-Luc Mélen­chon ne sont pas au rendez-vous. Notre espace poli­tique reste en-deçà de ses possi­bi­li­tés et de ce qui est néces­saire face à un gouver­ne­ment qui met la gauche à droite et la menace d’une droite extrême en embus­cade. Nous appe­lons solen­nel­le­ment ce soir l’en­semble des compo­santes du Front de Gauche à prendre la mesure des efforts de réor­ga­ni­sa­tion interne et d’ou­ver­ture à produire pour favo­ri­ser l’im­pli­ca­tion citoyenne, le respect de la diver­sité des sensi­bi­li­tés poli­tiques, l’unité la plus large et la démo­cra­tie. Il en va de sa relance et de son attrac­ti­vité. Il faut dans le même temps tendre la main à toutes celles et ceux qui, dans les mouve­ments sociaux, à EE-LV, au PS, au NPA, à Nouvelle Donne, chez les fémi­nistes présentes de façon auto­nome dans cette élec­tion, ne se recon­naissent pas dans l’orien­ta­tion gouver­ne­men­tale et veulent construire une alter­na­tive sociale et écolo­giste. L’heure est venue d’im­pul­ser un nouveau front large à gauche porteur de majo­ri­tés alter­na­tives.

Paris, le 25 mai, 23 heures.

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