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Décla­ra­tion de direc­tion confé­dé­rale CGT du 12 avril 2022

« Pas une voix du monde du travail pour l’ex­trême droite, elle doit être combat­tue partout ».

Les réali­tés de la vie des travailleuses et travailleurs de ce pays, des jeunes, des privé.es d’em­ploi, des retraité.es, ont émergé diffi­ci­le­ment dans un débat poli­tique qui a tourné en boucle autour des thèmes impo­sés par l’ex­trême droite.

La vie chère, les luttes et les mobi­li­sa­tions ont permis de parler salaires, pensions, emplois, condi­tions de travail.

La première préoc­cu­pa­tion de la popu­la­tion est de savoir comment remplir le réfri­gé­ra­teur, faire le plein de la voiture, trou­ver ou garder un emploi, se proje­ter vers l’ave­nir malgré la préca­rité et les condi­tions de travail diffi­ciles.

Le taux d’abs­ten­tion de 26 % du premier tour des élec­tions prési­den­tielles est inquié­tant et révé­la­teur de la diffi­culté pour une part impor­tante de la popu­la­tion de penser que la vie quoti­dienne pour­rait s’amé­lio­rer grâce à cette élec­tion.

La situa­tion est grave, en France l’ex­trême droite est aux portes de l’Ely­sée.

Le gouver­ne­ment et le président sortant portent une lourde respon­sa­bi­lité sur la perte de sens du débat poli­tique et la bana­li­sa­tion des idées d’ex­trême droite.

Le mépris du président, des ministres et des élus de l’ac­tuelle majo­rité, pour la popu­la­tion de ce pays, s’est mani­festé tout au long du quinquen­nat, dans les paroles comme dans les actes.

Il est de notre respon­sa­bi­lité de dire que la poli­tique de régres­sion sociale, en soutien perma­nent du patro­nat, menée durant ce quinquen­nat comme ceux qui l’ont précédé, porte en conscience la respon­sa­bi­lité de la montée de l’ex­trême droite.

Malgré les applau­dis­se­ments et les discours pompeux, le gouver­ne­ment a pour­suivi la destruc­tion des services publics alors que ceux-ci sont indis­pen­sables pour assu­rer l’éga­lité d’ac­cès de toutes et tous à la santé, à l’édu­ca­tion, à la culture.

Ils ont systé­ma­tique­ment défendu les inté­rêts des plus riches plutôt que le bien commun et la lutte contre le réchauf­fe­ment clima­tique.

Ne pas répondre aux légi­times exigences sociales des sala­rié.es d’aug­men­ter les salaires comme les pensions, ou encore s’en­tê­ter à main­te­nir le projet de retraites à 65 ans, serait lourd de consé­quence.

Surfant sur les divi­sions et la déses­pé­rance sociale, l’ex­trême droite, à travers le score de la candi­date Le Pen mais aussi de Zemmour et de Dupont-Aignan, a cumulé au 1er tour à plus de 32% des suffrages expri­més.

La CGT réaf­firme que ces partis et leurs programmes vont à l’en­contre de l’in­té­rêt du monde du travail.

Au cours de l’his­toire comme aujourd’­hui dans de nombreux pays, les diri­geants se récla­mant de cette idéo­lo­gie, à l’image de Poutine, Bolso­naro, Orbàn, suppriment les liber­tés syndi­cales et démo­cra­tiques, cassent les garan­ties sociales, divisent les travailleurs et les travailleuses, brisent les soli­da­ri­tés.

Partout dans le monde, l’ex­trême droite, en foca­li­sant son programme sur de fausses expli­ca­tions de la crise, exonère le patro­nat et les vrais respon­sables en trom­pant la légi­time colère sociale de la popu­la­tion.

L’ex­trême droite raciste, anti­sé­mite et xéno­phobe est toujours la pire enne­mie des travailleurs, des grèves et des syndi­cats.

Toujours discri­mi­nante, c’est aussi l’en­ne­mie des droits des femmes, des LGBT, de toutes les liber­tés démo­cra­tiques et de la paix. Leur propo­si­tion de mise en place de la préfé­rence natio­nale, renom­mée prio­rité natio­nale, instau­re­rait un régime de discri­mi­na­tion systé­mique dans le pays.

L’his­toire le montre, il y a une diffé­rence de nature entre les partis répu­bli­cains qui accèdent au pouvoir et le cèdent et l’ex­trême droite qui une fois arri­vée au pouvoir le confisque.

A l’op­posé, la CGT porte une histoire de luttes contre l’ex­trême droite et des valeurs univer­selles de soli­da­rité, de frater­nité, d’éga­lité entre les sala­riés, par-delà leur statut, leur origine, leur natio­na­lité, leurs opinions philo­so­phiques ou reli­gieuses.

La CGT n’est pas proprié­taire des voix de ses syndiqué.es. Notre orga­ni­sa­tion est indé­pen­dante mais pas neutre, elle porte une histoire et des valeurs collec­tives oppo­sées de celles de l’ex­trême droite.

Pas une voix du monde du travail pour l’ex­trême droite, elle doit être combat­tue partout.

Avant comme après les élec­tions, la CGT s’op­po­sera aux reculs sociaux et construira avec les travailleurs et les travailleuses les luttes néces­saires à la défense de leurs inté­rêts.

D’ores et déjà, pour nos salaires, nos retraites et nos emplois, la CGT appelle l’en­semble des sala­rié.es et des orga­ni­sa­tions syndi­cales à faire du 1er mai une jour­née de mobi­li­sa­tion unitaire excep­tion­nelle pour porter ces reven­di­ca­tions, une jour­née de rassem­ble­ment pour les droits des travailleurs et des travailleuses, le progrès social, la liberté, l’éga­lité, la justice, la frater­nité, la paix, la démo­cra­tie et la soli­da­rité inter­na­tio­nale.

https://www.cgt.fr/actua­lites/france/elec­tion/pas-une-voix-du-monde-du-travail-pour-lextreme-droite

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