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Grèce : Un détec­tive pose quelques ques­tions trou­blantes.

L’ins­pec­teur Colombo a revécu sur le blog de Paul Jorion, le 11 juillet. Avec Roberto Boulant.

Voici sa saga­cité face à la roue­rie de Gold­mann-Sachs, de la BCE, du FMI, de l’Eu­ro­groupe, de la Commis­sion euro­péenne, d’un ministre alle­mand et de la chan­ce­lière du même pays. Ces salo­pards, ces « pitoyables assas­sins ».

http://www.pauljo­rion.com/blog/2015/07/11/grece-un-detec­tive-pose-quelques-ques­tions-trou­blantes-par-roberto-boulant/

 

Euh… une dernière p’tite ques­tion M’sieurs-Dames. Oh trois fois rien, un dernier p’tit détail et puis je vous laisse. Je sais que vous êtes très occu­pés ces temps-ci !

Alors voilà, j’ai bien réflé­chi et il y a certaines choses que je ne comprends toujours pas :

– Vous M. Hank Paul­son, président de Gold­man Sachs à l’époque, vous avez aidé la Grèce à emprun­ter des milliards d’eu­ros en secret. Ensuite, grâce à votre ingé­nie­rie comp­table, vous l’avez aidée à contour­ner les règles euro­péennes, celles qui limitent le niveau de la dette publique. Tout cela afin qu’elle puisse rentrer dans l’Eu­ro… pendant que vous spécu­liez contre elle.

C’est bien ça, n’est-ce pas ?

–  Vous M. Wim Duisen­berg, alors que vous étiez président de la BCE et lauréat du prix De la vision pour l’Eu­rope, vous avez donné votre accord à l’en­trée de la Grèce dans l’Eu­ro… sans voir que ses comptes étaient aussi maquillés qu’une voiture volée.

Vous devez être très myope, n’est-ce pas ?

– Vous M. Trichet, succes­seur de M. Duisen­berg, deman­dez à la Grèce pas plus tard qu’hier matin, je vous cite, « de présen­ter un plan crédible ». Et quand vous étiez en fonc­tion, vous disiez que le pays devait, je cite toujours, «  corri­ger avec la plus extrême vigueur sa trajec­toire aber­rante, afin de pouvoir rame­ner son défi­cit de 12,7 % du PIB en 2009 à… 3 % en 2012. »

Vous avez fait une école de vété­ri­naire, M’sieur ?

– Vous M. Strauss-Kahn, vous étiez direc­teur du FMI lorsque vous avez, avec les États de la zone euro, prêté 110 milliards à la Grèce, pendant que la BCE se mettait à rache­ter des titres de cette même dette pour éviter que leur prix ne s’ef­fondre. Vous avez donc fait passer la dette grecque, des comptes des banques françaises et alle­mandes à… ceux des États.

Cela en accor­dant un prêt à un pays en cessa­tion de paie­ment, ce qui est rigou­reu­se­ment inter­dit par le règle­ment du FMI. C’est bien ça, M’sieur ?

– Vous M. Juncker, après avoir été le Premier ministre, à l’insu de votre plein gré, d’un para­dis fiscal pendant près de 20 ans, trois fois Président de l’Eu­ro­groupe, vous êtes l’ac­tuel Président de la Commis­sion Euro­péenne, et vous décla­rez, je vous cite, « ne pas comprendre le résul­tat du réfé­ren­dum grec ».

Il ne peut toujours pas y avoir de choix démo­cra­tiques contre les trai­tés euro­péens, c’est bien ça M’sieur ?

– Pour vous M. Schäuble, je vous cite, « la crédi­bi­lité de la zone euro est plus impor­tante que son inté­grité ».

L’Euro c’est l’autre nom du Mark, et le Mark c’est plus impor­tant que ces feignants de Grecs… ou que la stabi­lité du conti­nent. La Règle plutôt que la Paix, c’est bien ça M’sieur ?

– Vous Madame Merkel, vous avez menti à votre peuple en disant que la Grèce paie­rait l’in­té­gra­lité de sa dette, alors que vous saviez perti­nem­ment que c’était impos­sible. Et main­te­nant, vous préfé­rez courir le risque de voir explo­ser l’UE, plutôt que de ne pas être réélue en avouant votre mensonge.

C’est bien ça M’Dame ?

Eh bien, j’vais vous dire M’sieurs-Dames, ce que je ne comprends toujours pas.

Je ne comprends toujours pas que vous soyez encore en liberté ! Que vous n’ayez pas été présen­tés à un juge, pour répondre de vos délits !

Encore un détail. J’vous connais bien M’sieurs-Dames, deman­dez à ma femme ! Je côtoie les gens comme vous depuis des années. De belles personnes, riches (très), élégantes, racées, culti­vées et comme il se doit, condes­cen­dantes, mépri­santes même, car si sûres de leur supé­rio­rité intel­lec­tuelle.

Alors que moi… R’gar­dez-moi, de quoi j’ai l’air ? Pas celui d’un Expert ami-ami avec les Maitres du Monde, ah ça non ! Plutôt d’un petit rital dont les grands-parents sont passés par Ellis Island. Petit, mal fagoté dans mon imper­méable informe, les cheveux en pétard, je pousse le mauvais goût et la provo­ca­tion jusqu’à rouler dans une voiture hors-d’âge, une voiture de pauvre (et française qui plus est !). Et pour aggra­ver mon cas, je multi­plie les digres­sions sur ma vie domes­tique, et me mêle de ce qui me regarde en vous posant des ques­tions idiotes sur la Grèce !

Quel manque d’édu­ca­tion, n’est-ce pas ?

Ah, je vois à vos yeux qui s’écarquillent, que vous venez de me recon­naitre !

Eh oui, je suis le Peuple, celui qui vu du haut de votre olympe de carton-pâte est sale, bête et méchant. Je repré­sente, quelle horreur, la lutte des classes !

Et comme dans ma série, je viens de vous percer à jour M’sieurs-Dames. Vous ne pouvez plus vous cacher derrière les insti­tu­tions ou les trai­tés.

Vous êtes tout nu, dans la lumière.

Juste une bande de voleurs et de pitoyables assas­sins !

Même mon chien le voit main­te­nant.

 

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