46e jour après le début des manifestations : 7 002 mort·es,
la répression s’étend des rues aux tribunaux
HRANA fait état de 7 002 décès confirmés au 46e jour ; les arrestations et les blessé·es se multiplient, les libérations sont obtenues sous la contrainte et les militant·es des droits de l’enfant réclament que l’on se souvienne des étudiants·e tué·es et que les responsables rendent des comptes.
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D’après les dernières données publiées par l’Agence de presse des militants des droits humains (HRANA), le média des militants des droits humains en Iran (HRAI), à la fin du quarante-sixième jour depuis le début des manifestations, le nombre de décès confirmés avait atteint 7 002. Parmi ceux-ci, 6 506 ont été enregistrés comme « manifestant·es », dont 216 âgé·es de moins de 18 ans. La HRANA a également signalé la mort de 214 membres des forces affiliées au gouvernement et de 66 personnes classées comme « civil·es non manifestant·es ». 11 730 autres décès signalés sont toujours en cours d’examen (non encore vérifiés/classés).
Au cours de la même période, le nombre de civil·es blessé·es est passé à 25 022, le nombre total d’arrestations a été enregistré à 52 941, et 136 étudiants·e figuraient parmi les personnes détenues. HRANA a également signalé 337 cas d’aveux forcés et 11 051 convocations. Selon le rapport, des manifestations ont été enregistrées dans 676 endroits répartis dans 210 villes et dans les 31 provinces.
Dans son rapport sur les quarante-six jours, HRANA a mis en évidence trois tendances principales : la poursuite des arrestations ciblées, l’imposition de nouvelles conditions pour la libération de certain·es détenu·es et une augmentation des réactions internationales à la répression des manifestant·es en Iran.
Témoignage, mémoire, résistance : déclaration des militant·es pour les droits des enfants contre le meurtre systématique d’enfants
Une déclaration collective des militant·es pour les droits des enfants en Iran affirme que ce qui est arrivé aux enfants et aux adolescent·es lors des manifestations de janvier ne peut être expliqué par une « erreur individuelle » ou des « circonstances exceptionnelles ». Elle souligne des schémas récurrents dans plusieurs villes – tirs directs sur des personnes de moins de 18 ans, blessures similaires, arrestations à grande échelle, passages à tabac et violences pendant la détention, aveux forcés et procès inéquitables – comme preuves d’une pratique organisée par les structures officielles du pouvoir.
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Arrestations massives parmi les enseignant·es, les militant·es syndicaux, les personnalités politiques et les citoyenfnes
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Outre la détention de 136 étudiant·es, ces affaires témoignent de la pression continue exercée sur le secteur de l’éducation, qui reste l’une des cibles principales des mesures de répression sécuritaires.
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À Téhéran, Mohsen Aminzadeh, membre du Front réformiste, a été arrêté le 18 Bahman 1404 (7 février 2026) par des agents des services de renseignement du CGRI. Son avocat a déclaré qu’il était détenu à l’isolement et que les accusations portées contre lui n’avaient aucun fondement juridique.
Dans le même temps, Azar Mansouri, Ebrahim Asgharzadeh, Hossein Karroubi et Ali Shakouri-Rad ont également été arrêtés, ce qui suggère une répression croissante visant également des militant·es et des personnalités politiques de longue date.
Yaser Ahmadi-Nejad, militant syndicaliste et ancien employé de la National Iranian Drilling Company, a été arrêté le 16 Bahman 1404 (5 février 2026) et transféré à la prison de Dehdasht. Il avait auparavant agi en tant que représentant indépendant des travailleurs/travailleuses pour défendre leurs revendications et avait critiqué les entrepreneurs du secteur pétrolier.
(…) Lors de la cérémonie du 22 Bahman (11 février 2026), un présentateur de Hamoun TV a déclaré en direct « Mort à Khamenei », ce qui a entraîné l’interruption immédiate de l’émission. Par la suite, le directeur des programmes de la chaîne a été licencié, l’opérateur et le superviseur de l’émission ont été suspendus et d’autres membres du personnel ont été renvoyé·es devant un comité disciplinaire.
Réaction du Parlement européen à la répression
Au niveau international, le Parlement européen a tenu une session sur « la répression systématique, les conditions inhumaines et les détentions arbitraires en Iran ». Les représentant·es ont discuté de l’intensification de la répression, des arrestations massives, des mauvaises conditions de détention et du refus de soins médicaux et d’accès à la justice pour les prisonnier·es.
Un projet de texte présenté lors de la session a insisté sur la libération immédiate et inconditionnelle des manifestants·e et des prisonnier·es politiques, l’accès des organismes internationaux aux centres de détention et la responsabilité des auteurs de violations des droits humains.
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