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La  » bergère insou­mise  » empri­son­née sans fin.

Le procès de Chris­tine Ribailly, déte­nue rebelle accu­sée d’ou­trages et violences contre le monde carcé­ral, a été renvoyé en octobre. Son comité de soutien était présent. Une douzaine de personnes, invi­tées par son blog (1) https ://enfin­pis­ser­dansl­herbe.noblogs.org et le Comité poite­vin contre la répres­sion des mouve­ments sociaux.
Voici ce que le comité anti­ré­pres­sion nous fait parve­nir. L’ab­sur­dité destruc­trice du système carcé­ral y est décrite telle une fable cauche­mar­desque, mais si réelle.
Mardi 28 avril, Chris­tine, toujours déte­nue à la prison de Stras­bourg, devait être extraite de sa cellule pour compa­raître au tribu­nal de Poitiers et s’y défendre d’ac­cu­sa­tions d’ou­trages et de violences envers des personnes dépo­si­taires de l’au­to­rité publique. L’ex­trac­tion n’a pas eu lieu, et le procès est renvoyé. Motifs ? : couper l’herbe sous le pied de la dyna­mique de soutien à Chris­tine, qui s’am­pli­fie ? Punir une fois de plus Chris­tine, qui sortait tout juste du mitard, en lui inter­di­sant cette sortie de cellule, de quelques 24h, que repré­sente une audience à des centaines de kilo­mètres de son lieu actuel d’in­car­cé­ra­tion (pratique sadique assez commune de la direc­tion péni­ten­tiaire) ? Retar­der l’af­fron­te­ment du parquet aux conclu­sions de l’avo­cat de Chris­tine, qui posent les nulli­tés de la procé­dure et exigent la relaxe ? Quoiqu’il en soit des vraies moti­va­tions des auto­ri­tés sur ce faux bond de dernière minute, les expli­ca­tions du greffe puis du juge ont été plus qu’é­va­sives et obscures : Chris­tine n’a pas été extraite « compte-tenu de la person­na­lité parti­cu­lière de la préve­nue », a rapporté le procu­reur (voir l’ar­ticle de La Nouvelle Répu­blique en lien). Incom­pé­tences admi­nis­tra­tives ?
Ce nouveau report entre­tient une tension et contri­bue à la tenta­tive d’épui­se­ment de la résis­tance de Chris­tine. Il équi­vaut à un nouveau sursis durant lequel elle-même et ses proches sont encore une fois écon­duits et main­te­nus dans l’in­cer­ti­tude de sa libé­ra­tion. Face à la justice et l’ad­mi­nis­tra­tion péni­ten­tiaire, notre mobi­li­sa­tion de soli­da­rité à Chris­tine et contre la société carcé­rale ne peut que se réaf­fir­mer dans ces circons­tances et ne faiblira pas !
Malgré ce renvoi, un rassem­ble­ment de soli­da­rité a eu lieu devant le tribu­nal ce mardi 28 avril . Entre 20 et 30 personnes ont souhaité mani­fes­ter leur soutien à Chris­tine et faire connaître sa situa­tion au plus grand nombre.

Un jour­na­liste aussi a tenu à infor­mer, au-delà de la brève, sur ce renvoi d’au­dience et la situa­tion de Chris­tine :
http://www.lanou­vel­le­re­pu­blique.fr/Vienne/Communes/Poitiers/n/Conte­nus/Articles/2015/04/29/Condi­tions-de-deten­tion-pas-de-bergere-insou­mise-2312693
L’au­dience est donc repor­tée au mardi 6 octobre à 14h au tribu­nal de Poitiers.

 

Ces derniers jours le comité anti-répres­sion a écrit ceci :
Isole­ment, éloi­gne­ment fami­lial, trans­ferts disci­pli­naires, fouilles à nu, violences, quar­tiers disci­pli­naires, humi­lia­tions… Pour les 66 270 prison­niers en France au 1er février 2015, chaque jour­née passée en prison est un défi face à l’Ad­mi­nis­tra­tion Péni­ten­tiaire (AP). Forte de ses casques, de ses uniformes blin­dés, de ses armes et d’un code pénal qu’elle manie à sa guise, l’AP encadre l’ato­mi­sa­tion des prison­niers et orchestre la répres­sion de leurs résis­tances.
Aspi­ra­teur social, prison de la misère, machine à broyer, entre­prise de déshu­ma­ni­sa­tion, les mots n’ont jamais manqué pour dési­gner la prison, la taule. Des paroles de prison­niers aux enquêtes de l’Ob­ser­va­toire
Inter­na­tio­nal des Prisons en passant par les témoi­gnages des familles et proches de déte­nus, les conclu­sions sont les mêmes : la prison détruit l’être social.
Résis­ter, c’est y survivre, c’est exis­ter.
Face aux insti­tu­tions, ne pas se lais­ser piéti­ner et tabas­ser est trop souvent syno­nyme d’ « outrage, violence, menace »…
Sans notre soutien, les prison­niers et leurs combats
contre l’Ad­mi­nis­tra­tion péni­ten­tiaire sont écra­sés dans le silence.

Le 28 avril 2015, Chris­tine Ribailly, déte­nue à la prison de Stras­bourg, devait être trans­fé­rée au tribu­nal de Poitiers pour y répondre d’ « inci­dents » surve­nus à l’au­tomne 2014 quand elle était incar­cé­rée à Vivonne. Alors qu’une plate-forme de reven­di­ca­tions collec­tive venait de voir le jour au quar­tier femmes du centre de déten­tion, dans laquelle les déte­nues expri­maient leurs frus­tra­tions et aspi­ra­tions immé­diates, l’Ad­mi­nis­tra­tion péni­ten­tiaire de Vivonne décida de porter plainte contre Chris­tine. C’est dans ce contexte d’ex­pres­sion collec­tive que Chris­tine s’est débat­tue lors de fouilles et autres provo­ca­tions des surveillants de la péni­ten­tiaire. Coupable d’avoir refusé d’en­cais­ser sans bron­cher, de ne pas s’être écra­sée, elle devait compa­raître ce 28 avril à 16h pour outrage, violence et rébel­lion.
Refus de prome­nade, de séances de sport, fouilles diverses et multiples, problèmes de cour­rier ou remarque dépla­cée, palpa­tions…

En prison, les situa­tions de confron­ta­tion sont le lot quoti­dien :
«  Les matons disent qu’ils ne font que respec­ter la loi. J’at­tends donc une honnê­teté sans faille de leur part. Quand j’ai été incar­cé­rée, j’ai lu le code du prison­nier et le code pénal. Je regarde toutes les notes de service affi­chées en déten­tion. Si tout ça est respecté, je ne fais pas d’his­toire. Mais c’est rare­ment le cas. »
A chaque manque­ment à ses droits ou provo­ca­tion, que Chris­tine soit elle-même concer­née ou que l’une de ses codé­te­nues soit visée, elle réagit avec la même ardeur et, en retour, essuie les sanc­tions.
Chris­tine a ainsi passé la moitié de ces deux dernières années en quar­tier disci­pli­naire ou à l’iso­le­ment, et subi dix trans­ferts d’éta­blis­se­ment. Certaines confron­ta­tions dérapent. Insultes, affron­te­ments physiques… À plusieurs reprises, des surveillants ont porté plainte, ajou­tant de nouvelles
condam­na­tions à sa peine. En deux ans d’em­pri­son­ne­ment, Chris­tine a ainsi accu­mulé plus d’une année d’in­car­cé­ra­tion supplé­men­taire.
La Justice va-t-elle, une fois de plus, écra­ser la résis­tance des prison­niers face à l’ar­bi­traire de l’AP et accor­der à l’ins­ti­tu­tion carcé­rale une nouvelle fois l’im­pu­nité?

QUI EST CHRISTINE ? (L.Bjurs­tröm http://www.poli­tis.fr/Chris­tine-un-engre­na­ge­car­ce­ral,28711.html)
Chris­tine est bergère. Elle aime la montagne et son trou­peau, pouvoir se dépla­cer en toute liberté,voir qui elle veut quand elle le veut. Quand son compa­gnon est incar­céré, condamné pour une longue peine, elle découvre les contraintes du parloir, la sévé­rité de l’ad­mi­nis­tra­tion péni­ten­tiaire. En décembre 2004, une alter­ca­tion avec des surveillants du centre de déten­tion de Valence, pour un parloir promis puis refusé, l’ex­pé­die en garde à vue pour la toute première fois. En compa­ru­tion
immé­diate, elle écope de quatre mois de prison avec sursis pour violence sur personne dépo­si­taire de l’au­to­rité publique et outrage. Chaque année qui suit ajoute une nouvelle peine à son dossier.
Aux inci­dents de parloir s’ajoutent ceux desma­ni­fes­ta­tions contre le système carcé­ral, la loi Lopp­si2 ou le puçage des moutons, et des gardes à vue qui s’en­chaînent. Le 8 novembre 2012, partie voir son compa­gnon au parloir, elle passe un portail de sécu­rité. Celui-ci ne sonne pas, mais les surveillants lui demandent d’en­le­ver sa veste. L’ordre résonne comme une mani­fes­ta­tion supplé­men­taire de l’ar­bi­traire de l’ins­ti­tu­tion. Parce que « les familles n’ont pas à se désha­biller sans raison », Chris­tine refuse. Sa résis­tance l’ex­pé­die en garde à vue, puis deux mois en prison pour outrage et rébel­lion.
Les deux mois d’in­car­cé­ra­tion sont deve­nus années. Un à un, les sursis et peines accu­mu­lés depuis 2004 sont tombés. Et, en deux ans d’em­pri­son­ne­ment, les multiples alter­ca­tions avec les surveillants ont déjà allongé sa peine d’un an. Du mitard au quar­tier d’iso­le­ment, de commis­sions disci­pli­naires en procès, Chris­tine s’ac­croche et ne faiblit pas.

Pour plus d’in­fos sur la situa­tion de Chris­tine : https://enfin­pis­ser­dansl­herbe.noblogs.org/
Comité poite­vin contre la répres­sion des mouve­ments sociaux

 

 

LISTE DE REVENDICATIONS DES PRISONNIÈRES
DE LA MAISON D’ARRÊT DES FEMMES DU CENTRE PÉNITENTIAIRE 

DE POITIERS-VIVONNE
Comme ailleurs, nous voulons :
– Des payes correctes, tant aux ateliers qu’au service géné­ral
– La suppres­sion des QI (quar­tiers d’iso­le­ment) et des régimes diffé­ren­ciés au CD
– Les portes ouvertes en MA et/ou le télé­phone en cellule
– La mise en place systé­ma­tique des aména­ge­ments de peine sans délais et des trans­ferts en CD
dès la condam­na­tion
– La faci­li­ta­tion du télé­phone, des parloirs et des UVF (Unités de vie fami­liale) avec nos proches,
enfer­més ou non
– La fin des fouilles systé­ma­tiques et/ou puni­tives
– Les repas appé­tis­sants : marre de manger du plas­tique !
Loca­le­ment, nous deman­dons :
– Des condi­tions dignes à la nursery : arrêt des réveils nocturnes, une cour avec de l’herbe, des
temps de socia­li­sa­tion pour la maman…
– L’ac­cès à l’école pour toutes : fin des refus avec la fausse excuse de la mixité
– La télé à 8 euros par mois : aligne­ment sur la loi, comme dans les prisons publiques (18 euros ici
pour Eurest)
– La fin de l’in­ter­dic­tion des apports aux parloirs (livres, disques, produits d’hy­giè­ne…) : on n’est
pas là pour enri­chir les cantines privées
– L’ou­ver­ture d’une salle de convi­via­lité : elle doit être systé­ma­tique quand la météo est mauvaise
car il n’y a pas de préau dans la cour
– Plus d’ac­ti­vi­tés : actuel­le­ment, il n’y a que « brico­lages en papier « et « fitness », 2h. par semaine
– L’ac­cès au terrain de foot : seuls les hommes y ont droit
– La gratuité du cour­rier interne : on doit timbrer les lettres pour le quar­tier hommes
(Ces demandes sont toutes réali­sables dans l’état actuel de la légis­la­tion)
Voir aussi le site du jour­nal anti-carcé­ral L’En­vo­lée : http://lenvo­lee.net/. Celui de l’OIP : http://www.oip.org

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