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La nuit des dupes

l’As­sem­blée Natio­nale étend le travail artis­tique gratuit à l’en­semble des struc­tures privées et subven­tion­nées

Un commu­niqué de la CGT spec­tacle :

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La nuit des dupes :

en 2ème lecture, l’As­sem­blée Natio­nale étend le travail artis­tique gratuit à l’en­semble des struc­tures privées et subven­tion­nées

Depuis des années le SFA et le SNAM-CGT négo­cient pour permettre l’ex­po­si­tion la plus large de la pratique artis­tique en amateur, sans qu’elle s’op­pose aux artistes profes­sion­nels.

Dans cet esprit nous avons obtenu une dernière séance de concer­ta­tion au Minis­tère de la culture le samedi 19 mars 2016. Nous avons rappelé notre propo­si­tion permet­tant aux grou­pe­ments d’ar­tistes pratiquant en amateurs de pouvoir donner des repré­sen­ta­tions de leurs spec­tacles sans aucune limi­ta­tion, avec une billet­te­rie pour finan­cer les acti­vi­tés de ces grou­pe­ments (y compris cari­ta­tives) et le coût des spec­tacles. Dans ce cadre, ces acti­vi­tés seront répu­tées non lucra­tives et les artistes pratiquant en amateurs ne seront pas rému­né­rés.

Ce n’était pas suffi­sant pour le minis­tère de la culture, le gouver­ne­ment et les dépu­tés !

L’ar­ticle adopté cette nuit précise que toutes les struc­tures de créa­tion, produc­tion, diffu­sion, d’ex­ploi­ta­tion de lieux de spec­tacles, peuvent enga­ger des artistes dans un cadre lucra­tif sans les rému­né­rer soit parce qu’elles sont conven­tion­nées pour accom­pa­gner les pratiques en amateurs, soit parce que leurs statuts prévoient cet accom­pa­gne­ment.

C’est le travail gratuit étendu à toutes les entre­prises et asso­cia­tions de spec­tacle. Mais au-delà de cette situa­tion à tout le moins révol­tante, il est un aspect autre­ment plus insup­por­table. Comment peut-on imagi­ner en effet que sur un même spec­tacle à but lucra­tif (faisant l’objet d’une exploi­ta­tion commer­ciale) certains artistes soient dûment payés et d’autres pas ? Tous seront touchés quelle que soit leur disci­pline artis­tique. Nous assis­tons déjà à la dispa­ri­tion des chœurs profes­sion­nels. Celle des compa­gnies choré­gra­phiques, drama­tiques et musi­cales est en route.

Alors que le gouver­ne­ment et le minis­tère ont lancé des négo­cia­tions et proposé un fonds d’aides à l’em­ploi, ils viennent de créer l’es­cla­vage moderne : le travail artis­tique gratuit pour toutes et tous et surtout des béné­fices substan­tiels sur l’ex­ploi­ta­tion de ce travail gratuit. Pour les artistes, en consé­quence, c’est la fin de leur protec­tion sociale : plus de droits à l’as­su­rance mala­die, à l’as­su­rance chômage, à la forma­tion conti­nue, à la retraite, etc.

Nos syndi­cats se sont toujours pronon­cés contre la carte profes­sion­nelle et le nume­rus clau­sus. Or avec une telle légis­la­tion, aucun artiste ne sera en mesure de se faire recon­naître comme un profes­sion­nel et seuls nos employeurs auront la capa­cité d’en déci­der.

Dans le vacarme de cette nuit des dupes il n’est pas éton­nant que nous n’ayons toujours pas entendu la moindre réac­tion des employeurs sur le travail gratuit alors même que certains d’entre eux béné­fi­cient de crédit d’im­pôts !

Les artistes inter­prètes ne se lais­se­ront pas mépri­ser, attaquer, fragi­li­ser, anéan­tir sans réagir.

D’ores et déjà le SFA et le SNAM-CGT ont décidé de mettre fin à toutes les négo­cia­tions conven­tion­nelles enga­gées dans le spec­tacle vivant. A quoi peuvent-elles, d’ailleurs servir puisque les conven­tions ne pour­ront plus être appliquées ?

AZOULAY DEMISSION.

Nous deman­dons à être reçu immé­dia­te­ment par le premier ministre.

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