11 janvier 2026

L’Après. Clémen­tine Autain. 9 janvier. « La bascule du monde »

La bascule du monde

Face à la bascule du monde, sous l’im­pul­sion de l’in­ter­na­tio­nale réac­tion­naire et auto­ri­taire, la réplique doit être ferme et cohé­rente. La ques­tion posée est simple. Accep­ter un ordre du monde repo­sant sur la loi du plus fort et la préda­tion ? Ou défendre une mondia­lité fondée sur le droit inter­na­tio­nal, la coopé­ra­tion et la mise en commun ? 

L’heure n’est pas à faiblir ou à tergi­ver­ser mais à expri­mer un refus déter­miné face à Trump. Et à prendre des initia­tives. Car la vassa­li­sa­tion ne peut pas être une option pour la France et l’Union euro­péenne. Notre respon­sa­bi­lité est d’en­traî­ner sur la scène inter­na­tio­nale contre le retour des impé­ria­lismes et pour une mondia­lité digne du XXIe siècle.

L’in­sen­sée capture de Maduro, au mépris des règles inter­na­tio­nales, s’ins­crit dans un boule­ver­se­ment plus global, marqué par la déva­lo­ri­sa­tion des insti­tu­tions onusiennes et la remise en cause du multi­la­té­ra­lisme. Que la France et l’Union euro­péenne soient à ce point effa­cées, soumis aux États-Unis de Trump, est le signe d’une déroute profonde. Comme si nous pouvions déci­dé­ment tout avaler, de la hausse des droits de douane au bannis­se­ment du sol améri­cain de l’an­cien commis­saire euro­péen Thierry Breton, en passant par l’idée d’une « riviera » à Gaza ou l’ex­clu­sion de l’Afrique du Sud de la première réunion du G20 sous prési­dence améri­caine. Ou encore, comme l’a annoncé Emma­nuel Macron, la mise sous « leader­ship améri­cain » des méca­nismes de surveillance du cessez-le-feu en Ukraine. 

Notre place, notre rôle, c’est d’être ferme­ment alignés sur des prin­cipes. C’est de prendre acte de la fin de l’OTAN et de propo­ser une coali­tion diplo­ma­tique et de défense, à l’échelle euro­péenne, avec celles et ceux déter­mi­nés à promou­voir la justice et le partage. C’est de cher­cher à nouer des liens avec les pays du Sud, qui seront les premières victimes d’un monde sans règles, sans partage.

Notre fidé­lité, nous ne la devons pas à un camp mais à une vision de la mondia­lité qui repose sur le droit et la mise en commun. S’as­seoir sur ce que nous avons à défendre, c’est le déshon­neur et la mise en danger.

Quand Trump aura tenu sa parole en s’at­taquant au Groen­land, que diront la France et l’Union euro­péenne ? Le camp de l’éman­ci­pa­tion, lui, doit être à l’of­fen­sive pour propo­ser un chemin, loin des emprises colo­niales et de la préda­tion des ressources natu­relles.

 

Clémen­tine Autain

EN SOLIDARITÉ AVEC LA POPULATION DU VÉNÉZUELA, MOBILISIONS-NOUS !

Partout en France, rassem­blons nous ce samedi 10 janvier dans le cadre d’un appel unitaire dont L’APRÈS est signa­taire.

➡️ Lire l’ap­pel sur le site de L’APRÈS

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.