La bascule du mondeFace à la bascule du monde, sous l’impulsion de l’internationale réactionnaire et autoritaire, la réplique doit être ferme et cohérente. La question posée est simple. Accepter un ordre du monde reposant sur la loi du plus fort et la prédation ? Ou défendre une mondialité fondée sur le droit international, la coopération et la mise en commun ? L’heure n’est pas à faiblir ou à tergiverser mais à exprimer un refus déterminé face à Trump. Et à prendre des initiatives. Car la vassalisation ne peut pas être une option pour la France et l’Union européenne. Notre responsabilité est d’entraîner sur la scène internationale contre le retour des impérialismes et pour une mondialité digne du XXIe siècle. L’insensée capture de Maduro, au mépris des règles internationales, s’inscrit dans un bouleversement plus global, marqué par la dévalorisation des institutions onusiennes et la remise en cause du multilatéralisme. Que la France et l’Union européenne soient à ce point effacées, soumis aux États-Unis de Trump, est le signe d’une déroute profonde. Comme si nous pouvions décidément tout avaler, de la hausse des droits de douane au bannissement du sol américain de l’ancien commissaire européen Thierry Breton, en passant par l’idée d’une « riviera » à Gaza ou l’exclusion de l’Afrique du Sud de la première réunion du G20 sous présidence américaine. Ou encore, comme l’a annoncé Emmanuel Macron, la mise sous « leadership américain » des mécanismes de surveillance du cessez-le-feu en Ukraine. Notre place, notre rôle, c’est d’être fermement alignés sur des principes. C’est de prendre acte de la fin de l’OTAN et de proposer une coalition diplomatique et de défense, à l’échelle européenne, avec celles et ceux déterminés à promouvoir la justice et le partage. C’est de chercher à nouer des liens avec les pays du Sud, qui seront les premières victimes d’un monde sans règles, sans partage. Notre fidélité, nous ne la devons pas à un camp mais à une vision de la mondialité qui repose sur le droit et la mise en commun. S’asseoir sur ce que nous avons à défendre, c’est le déshonneur et la mise en danger. Quand Trump aura tenu sa parole en s’attaquant au Groenland, que diront la France et l’Union européenne ? Le camp de l’émancipation, lui, doit être à l’offensive pour proposer un chemin, loin des emprises coloniales et de la prédation des ressources naturelles.
Clémentine Autain |
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