19 janvier 2026

L’Après. Danielle Simon­net. Peuple iranien, vie, liberté

Peuple iranien, vie, liberté

C’est avec ce slogan (femme, vie, liberté) que le mouve­ment des femmes a boule­versé le monde en 2022. Les Iraniennes se sont dres­sées contre le régime théo­cra­tique prêt à tout pour se main­te­nir et impo­ser une société faite de domi­na­tions, d’obs­cu­ran­tisme et de bruta­li­tés. Ces femmes voulaient pouvoir enfin vivre comme elles le dési­rent. Leur mouve­ment avait été réprimé comme l’avaient été les révoltes de 2009 et 2019.

Aujourd’­hui, c’est toute la société iranienne qui s’est levée contre le pouvoir des mollahs. La vie en Iran est deve­nue hors de prix et si instable que les petits commerçants, à bout de souffle, se soulèvent. La confis­ca­tion écono­mique va de pair avec la confis­ca­tion poli­tique : fortunes captées par les proches du pouvoir, corrup­tion, milices et polices paral­lèles utili­sées pour faire taire, inti­mi­der, punir.

Une nouvelle fois, les Iraniennes et Iraniens qui contestent subissent la violence inouïe d’un régime qui a coupé inter­net à la popu­la­tion et coupé l’Iran du reste du monde, un régime qui combat les mani­fes­tant.es à la mitrailleuse. Les ONG évoquent des centaines de morts et le bilan risque d’être plus lourd encore.

Nous ne devons pas lais­ser écra­ser cette révo­lu­tion. Notre soli­da­rité doit se mani­fes­ter partout dans l’unité. La gauche doit être au premier rang, sans hési­ta­tions, pour défendre le peuple iranien et l’ai­der à renver­ser cette répu­blique isla­mique qui n’a que trop opprimé sa popu­la­tion.

La soli­da­rité avec le mouve­ment en cours en Iran exige que la France et l’Union euro­péenne, muettes face aux brigan­dages de Trump, agissent pour aider le peuple d’Iran par des sanc­tions contre le régime, mais aussi en permet­tant le réta­blis­se­ment des commu­ni­ca­tions inter­na­tio­nales, essen­tielles pour éviter l’étouf­fe­ment de la mobi­li­sa­tion popu­laire par le pouvoir.

L’al­ter­na­tive au régime des Mollahs ne peut pas être un retour en arrière. La chute de la Répu­blique isla­mique ne justi­fie ni la restau­ra­tion d’un trône, ni le recy­clage des anciennes élites. Les Iraniennes et Iraniens doivent pouvoir choi­sir leur destin, avoir le droit de vivre libres, de reprendre le pouvoir sur leur corps, leur travail, leur avenir. L’éman­ci­pa­tion ne se délègue pas, elle se construit par les mobi­li­sa­tions popu­laires et se fonde sur la démo­cra­tie.

 

Danielle Simon­net

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