Minneapolis, au cœur de la résistance face au trumpismeElu depuis un an, Trump a engagé les Etats-Unis dans une descente aux enfers vers toujours moins de démocratie et d’État de droit. La sinistre police de l’immigration, l’ICE, en est un des instruments. Créée après les attentats du 11 septembre, elle n’était encore qu’une police restreinte en effectif et en financement. Le retour de Trump a totalement changé la donne. L’ICE est désormais la mieux dotée des agences fédérales, avec un budget passé de 10 à 85 milliards de dollars et un doublement des effectifs en un an. Le recrutement s’opère dans des conditions particulières : l’utilisation de thèmes suprémacistes blancs, la réduction de la formation à 47 jours et surtout le projet politique et idéologique ouvertement défendu en transforment la nature même. Elle bénéficie d’une impunité absolue, même lorsqu’elle viole ouvertement la constitution. Tous ces éléments en font une puissante milice d’extrême droite, dont le commandant très récemment remplacé Grégory Bovino a revêtu les atours. Il ne s’agit pas que d’affichage : le nombre d’arrestations, de centres de rétention a explosé, des gens sont morts dans les raids. Minneapolis est une des villes qui ont le plus violemment subi cette politique néo fasciste. Celle qui abrita les manifestations de masse après l’assassinat de George Floyd doit être écrasée. Au point de tuer celles et ceux qui oseraient se dresser sur le passage des agents du trumpisme, telle Renee Good, coupable d’avoir bloqué la route et Alex Pretti, qui a tenté de protéger une manifestante. Sauf que cette escalade s’est révélée funeste pour Trump, qui a dû concéder des reculs, aussi limités et temporaires soient-ils. L’émoi, ne nous le cachons pas, est aussi lié au fait qu’il s’agit de deux blancs des classes moyennes âgés de 37 ans, soit monsieur et madame tout le monde, signalant que chacun est en danger et pas seulement les invisibles. S’agira-t-il de l’électrochoc qui verra la résistance s’étendre, après les immenses manifestations « No King » à l’automne et la victoire de Zohran Mamdani à New York ? La population de Minneapolis montre la voie, par ses capacités de résistance et de solidarité concrètes, la surveillance permanente de l’ICE opérée par des brigades d’habitant·es ordinaires, les opérations de dénonciation, les manifestations, tout cela dans un froid polaire. Une mobilisation sociale d’ampleur est nécessaire pour faire reculer Trump dès avant les élections de mi-mandat. L’APRÈS apporte toute sa solidarité à celles et ceux qui subissent sa politique aux Etats-Unis, à celles et ceux qui résistent, elle invite chacun·e à mesurer le basculement en cours et elle mettra tout en œuvre pour que la France ne soit pas le prochain pays à choisis le pire. Ingrid HAYES |
