Aller au contenu

Le Code Qu’il Faut Défendre ! CQFD

Une invi­ta­tion au débat à ce sujet

Bonjour Bertrand,

J’ai lu avec inté­rêt mais sans surprise cette défense du Code du Travail.

Cette posi­tion a sa logique interne : défendre les travailleurs expo­sés à l’ex­ploi­ta­tion dans le contexte capi­ta­liste,
et une logique externe face aux lois Macron et Rebsa­men et au  rapport Combrexelle qui aggravent encore les possi­bi­li­tés de l’ex­ploi­ta­tion.

Mais cette posi­tion comporte aussi des limites. Elle ne remet pas en cause l’ex­ploi­ta­tion elle-même et oublie ceux qui ne travaillent pas ( une phrase en passant sur les chômeurs, non argu­men­tée) . Elle ne peut pas non plus abor­der les zones margi­nales du travail, par ex l’in­ter­mit­tence du travail artis­tique ou le travail asso­cia­tif…

En tant que béné­vole, je sais qu’il ne suffit pas d’être sala­rié pour  être du bon côté du bien commun : le sala­riat fait peser sa propre logique sur l’as­so­cia­tion, allant jusqu’à détour­ner son objec­tif.

Le code du travail se contente d’ali­gner auto­ma­tique­ment les asso­cia­tions à but non lucra­tif sur la régle­men­ta­tion concer­nant les entre­prises produc­trices et ce n’est pas sans créer des déséqui­libres.

Je dénonce, comme les auteurs de ce texte, la volonté de « mettre la négo­cia­tion collec­tive au service de la compé­ti­ti­vité des employeurs et d’abou­tir à un code du travail facul­ta­tif pour sa plus grande partie. »  Mais on ne résout pas le problème en profon­deur si on ne remet pas en ques­tion la logique du sala­riat. C’est carré­ment l’hé­gé­mo­nie patro­nale qu’il faut détruire. Jadis on parlait d’auto-gestion…

Main­te­nant beau­coup de jeunes parlent de revenu incon­di­tion­nel.  « LA » solu­tion n’est pas toute trou­vée, il faut en discu­ter sur le terrain, évaluer les besoins avec le double souci d’être soli­daires et sobres. Sans se conten­ter de pallia­tifs.

« Chaque caté­go­rie a sa part de vérité » ?  mais pour dépas­ser le corpo­ra­tisme, il faudra bien discu­ter sur le terrain. Et inven­ter une nouvelle gestion collec­tive.

Amitié libère Terre

Françoise

****************

Bonjour Françoise,

Je suis d’ac­cord avec toi sur diffé­rents points, mais le code du travail trans­crit les acquis de dizaines d’an­nées de luttes, en défendre le prin­cipe, c’est lutter pour l’état de droit dans le monde de l’éco­no­mie. Ce n’est pas mince.

Et si le sala­riat n’est pas en soi un hori­zon, l’auto-exploi­ta­tion d’un nombre crois­sant de travailleurs non sala­riés ne l’est pas davan­tage. Lutter pour l’éman­ci­pa­tion peut se faire dans et hors du travail sala­rié.

Par ailleurs, tout ce qui contri­bue à la mobi­li­sa­tion du monde du travail et sur les ques­tions sociales est, dans le contexte délé­tère actuel, parti­cu­liè­re­ment bien­venu. Enfin, lorsque je soutiens les goodyear, les zadistes, les femmes ou les sans-papiers, je le fais en tenant compte du fait que chaque caté­go­rie a sa part de vérité, sa propre entrée dans les ques­tions d’éman­ci­pa­tion. Je ne cherche pas d’abord à les conver­tir à mon propre point de vue.

Amica­le­ment,

Bertrand

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.