Aller au contenu

Le PCF à la croi­sée des chemins ?

Membre de l’exé­cu­tif natio­nal du PCF, Frédé­rick Gene­vée est l’un des initia­teurs du texte Ambi­tion commu­niste qui, dans le cadre de la prépa­ra­tion du congrès du parti, a obtenu près d’un quart des suffrages mili­tants

Quel regard portes-tu sur le mouve­ment contre la loi El Khomri et le proces­sus des Nuits Debout ?

Les mobi­li­sa­tions actuelles signent non seule­ment le retour en grand du mouve­ment reven­di­ca­tif qui avait été quelque peu anes­thé­sié par la victoire du PS en 2012, mais, au niveau poli­tique, c’est la première fois depuis des décen­nies qu’un gouver­ne­ment socia­liste est confronté à une telle fronde. Il y avait jusqu’à présent une sorte d’étour­dis­se­ment du peuple de gauche, qui a mis du temps à prendre la mesure des orien­ta­tions poli­tiques du gouver­ne­ment. Il y a bien sûr ceux qui ont cru au discours du Bour­get et qui se sentent aujourd’­hui trahis ; mais même ceux qui n’y avaient pas cru ont mis du temps à reprendre le chemin de la mobi­li­sa­tion. La loi travail a été un accé­lé­ra­teur de la prise de conscience tant elle heurte la lutte pour l’éga­lité, qui fonde histo­rique­ment la gauche. Les formes de mobi­li­sa­tion sont à la fois tradi­tion­nelles et nouvelles à cette échelle en France. Mani­fes­ta­tions et grèves mobi­lisent énor­mé­ment et sont jusqu’à main­te­nant le vecteur prin­ci­pal de la lutte, mais à cela s’ajoute le mouve­ment Nuit Debout, dont la parenté avec d’autres mouve­ments à l’étran­ger est évidente. La recherche d’ho­ri­zon­ta­lité et la recherche immé­diate de réponses alter­na­tives sont le propre de ce mouve­ment riche de poten­tia­li­tés de trans­for­ma­tions profondes. Il y a bien sûr un enjeu à sa conver­gence avec le mouve­ment syndi­cal et à son exten­sion géogra­phique, et l’on verra comme en Espagne si cela débouche sur la créa­tion d’une nouvelle orga­ni­sa­tion poli­tique.

Quels sont les prin­ci­paux débats au sein du PCF ?

Le PCF est traversé par un débat sur le Front de gauche, sur les primaires et sur la nature du programme poli­tique à mettre en œuvre. Ce sont en fait les décli­nai­sons d’un débat géné­ral sur la notion de « rassem­ble­ment majo­ri­taire ». Certains, dont je suis, pensent que l’on ne peut abou­tir à un tel rassem­ble­ment qu’en expri­mant forte­ment la colère sociale et en construi­sant avec le mouve­ment social des solu­tions alter­na­tives qui remettent en cause la logique capi­ta­liste, produc­ti­viste et les logiques de domi­na­tion immé­dia­te­ment, et que c’est le moyen de promou­voir une nouvelle poli­ti­sa­tion des caté­go­ries popu­laires, notam­ment celles qui s’abs­tiennent. D’autres pensent qu’il faut défi­nir un péri­mètre de rassem­ble­ment à partir de la crise actuelle du PS et qu’il faut construire par en haut un programme qui permette le rassem­ble­ment de ce péri­mètre, ce qui revient évidem­ment à accep­ter tout de suite des propo­si­tions de compro­mis. Cette concep­tion conduit à s’adres­ser prio­ri­tai­re­ment à ceux qui votent toujours.

Il existe des analyses diver­gentes sur la nature des évolu­tions du Parti socia­liste. Pour la direc­tion du PCF, le PS reste un parti de gauche traversé de contra­dic­tions. Il faut jouer de ces contra­dic­tions pour déta­cher son aile gauche, voire lui permettre de gagner la majo­rité au PS. D’autres comme moi pensent que les évolu­tions du PS sont systé­miques. Depuis 1983, le PS évolue toujours plus vers sa droite et, à chaque moment poli­tique impor­tant, fait le choix le plus à droite : Jospin contre Emma­nuelli, le Oui à la Cons­ti­tu­tion contre le Non, Hollande contre Aubry. À chaque fois, l’ap­pa­reil, qui est conduit par une direc­tion compo­sée de repré­sen­tants de la bour­geoi­sie écono­mique et des sommets de l’État, impose son point de vue à un corps mili­tant consen­tant. Ce n’est donc pas conjonc­tu­rel, c’est lié à l’im­pos­si­bi­lité pour la social-démo­cra­tie de faire face avec les recettes tradi­tion­nelles de redis­tri­bu­tion keyné­sienne à la mondia­li­sa­tion et la finan­cia­ri­sa­tion. Tous les partis socia­listes euro­péens se sont ainsi tour­nés vers les solu­tions libé­rales et auto­ri­taires. Il ne sert donc à rien de miser sur une union avec le PS comme moyen de rassem­ble­ment majo­ri­taire et, s’il existe un enjeu à déta­cher la gauche du PS, cela doit se faire par l’af­fir­ma­tion d’un espoir poli­tique, et non par un compro­mis program­ma­tique. L’en­ga­ge­ment pendant un temps de la direc­tion du PCF pour des primaires de toute la gauche afin de « porter le débat sur les solu­tions au coeur de celle-ci » n’est pas un acci­dent de parcours mais bien le fruit d’une analyse que je discute.

Si ce n’est pas par l’al­liance avec le PS que l’on peut espé­rer un rassem­ble­ment majo­ri­taire, on en vient à la manière de le construire et cela nous conduit à la ques­tion du programme. Dans mon esprit, il est évident qu’il y aura des compro­mis, mais ceux-ci ne peuvent pas débou­cher sur des mesu­rettes. C’est pourquoi j’in­siste avec d’autres sur le programme L’Hu­main d’abord du Front de gauche. C’est un compro­mis mais il implique des éléments forts de ruptures. Il est le meilleur bien commun de ceux qui veulent une gauche alter­na­tive : diffusé à 500 000 exem­plaires, il a obtenu en 2012 plus de 4 millions de voix à l’élec­tion prési­den­tielle. Alors pourquoi s’en passer aujourd’­hui ?

Pourquoi le PCF, qui juge que la poli­tique de Valls et Hollande est une poli­tique de droite, ne parvient-il pas à s’éman­ci­per d’un rapport ambigu avec le PS ?

Cela renvoie à l’ana­lyse précé­dente, à laquelle on peut ajou­ter la pesan­teur des tradi­tions histo­riques. Le modèle du PCF et de nombre de ses cadres, c’est le Front popu­laire et le Programme commun, qui ne sont analy­sés que comme l’union du PCF et de partis réfor­mistes. Il n’y a pas de prise de conscience que l’on a changé d’époque et que les évolu­tions du PS ont atteint un point de non-retour.

Nous sommes dans une période de tran­si­tion entre une époque où les élus commu­nistes étaient pour la plupart le fruit d’une alliance prio­ri­taire avec le PS et une époque où il faudra trou­ver des formes d’al­liances et de rassem­ble­ment avec de nouveaux acteurs poli­tiques et sociaux, comme ce qui se passe actuel­le­ment entrePo­de­mos et Izquierda Unida. Je crois que la rupture poli­tique entre le PCF et le PS est défi­ni­tive mais que les consé­quences à en tirer au niveau de la stra­té­gie élec­to­rale tardent. Il y aura encore des alliances avec le PS, mais elles ne pour­ront plus se faire sur la base d’un tête à tête et devront s’ap­puyer sur ces nouveaux acteurs pour construire un rapport de force. Il ne s’agit pas de secta­risme mais au contraire d’un vrai réalisme.

La crise est telle que si l’on en reste à une gestion tranquille des collec­ti­vi­tés terri­to­riales, tous les élus – quels qu’ils soient – ne pour­ront plus agir sur les terri­toires où ils sont élus. Il faut inven­ter, en lien avec le niveau natio­nal, d’autres éléments de gestions qui ne peuvent qu’être inscrits dans une volonté de ruptures et d’af­fron­te­ments. Des choses se font, comme par exemple ces muni­ci­pa­li­tés commu­nistes qui présentent des budgets en déséqui­libre, mais, malheu­reu­se­ment, tout cela est peu coor­donné et peu relayé au niveau natio­nal par la struc­ture parti­sane.

Quel est ton point de vue sur le fonc­tion­ne­ment du parti aujourd’­hui ?

Nous sommes aussi dans une situa­tion de tran­si­tion et para­doxale. Ce parti est celui où la parole est la plus libre, où il est possible hors esprit de tendance de travailler ensemble avec des sensi­bi­li­tés diffé­rentes. En revanche, il souffre d’une inca­pa­cité à unifier ses réponses, c’est en quelque sorte le revers de la médaille de la rupture avec le centra­lisme démo­cra­tique. Nombre de struc­tures locales, dépar­te­men­tales ou de secteurs de travail fonc­tionnent de manière auto­nome. Aussi est-ce la parole du secré­taire natio­nal qui tranche parfois les débats et l’on fait reve­nir par la fenêtre des formes de centra­lisme. Nous n’avons pas réussi jusqu’à main­te­nant à inven­ter ce que le philo­sophe Lucien Sève appelle la centra­lité. L’enjeu n’est pas de reve­nir au centra­lisme démo­cra­tique ni de bascu­ler dans le lobbying. Cette unifi­ca­tion ne pourra se faire que lorsque le PCF aura recons­truit son projet et déve­loppé une orien­ta­tion dyna­mique. Dans les phases dyna­miques, cette hété­ro­gé­néité est moins visible et handi­ca­pante et devient même une richesse. Ceci dit, j’ai conscience que cette ques­tion est diffi­cile et que tout ne dépend pas de nous. Elle est aussi la consé­quence des insti­tu­tions de la Ve Répu­blique. Dans le paysage poli­tique français, ce sont partout les défauts de centra­li­sa­tion exces­sive et de féoda­lisme qui l’em­portent. Nous sommes face à un défi extra­or­di­naire et l’on doit réflé­chir aux nouvelles fonc­tions que doivent exer­cer les partis poli­tiques qui portent l’al­ter­na­tive : ils doivent se penser comme des outils, des cata­ly­seurs et non plus comme des avant-gardes, voire se penser comme une fin en soi, où ce que l’on pense être l’in­té­rêt du parti passe avant celui de ceux que l’on prétend repré­sen­ter et mobi­li­ser.

Comment expliquer qu’à la diffé­rence de nombreux partis commu­nistes, le PC a cepen­dant main­tenu son choix de se reven­diquer du commu­nisme ?

Ques­tion diffi­cile, je ne peux que propo­ser des hypo­thèses. J’y vois d’abord l’ef­fet de la tradi­tion radi­cale française anté­rieure à 1917 : les commu­nistes ont pu avec raison se sentir légi­times en 1989 à conti­nuer à faire le choix du commu­nisme. Le grand sujet est évidem­ment les évolu­tions diver­gentes des partis commu­nistes en France et en Italie. Cela tient à mon sens à une plus grande « frus­tra­tion » en Italie quant à l’exer­cice du pouvoir d’État. La faiblesse de l’État italien et son inca­pa­cité à unifier le Mezzo­giorno et le Nord, à exer­cer les fonc­tions mini­males de redis­tri­bu­tion a conduit les commu­nistes italiens à penser que l’es­sen­tiel devait se jouer par leur acces­sion au gouver­ne­ment. Les héri­tiers de Berlin­guer – car je pense que ce dernier n’au­rait pas fait ce choix – ont cher­ché à se déga­ger d’une histoire qu’ils pensaient para­ly­sante pour accé­der au pouvoir.

En France, la tradi­tion répu­bli­caine a pris en charge pendant des décen­nies l’objec­tif d’éga­lité. Pour les commu­nistes français, c’est l’ana­lyse de la néces­sité d’un saut de civi­li­sa­tion qui l’a emporté et la ques­tion gouver­ne­men­tale a été seconde par rapport à l’al­ter­na­tive. Ils ont donc main­tenu la réfé­rence au commu­nisme, et ils ne l’ont pas fait, malgré la tenta­tion, en reve­nant aux années cinquante et à la nostal­gie. Il reste que les hési­ta­tions sont fortes quant à la moder­ni­sa­tion du commu­nisme, que cela soit dans le fonc­tion­ne­ment du parti, l’éla­bo­ra­tion d’un projet et la construc­tion d’une stra­té­gie qui ne soit plus celle du XXe siècle. On peut enfin voir dans le sigle PCF et son histoire le ciment le plus impor­tant de l’unité des commu­nistes, de toutes les sensi­bi­li­tés. Toucher à ces mots aurait conduit à l’écla­te­ment. Reste que l’his­toire ne pourra pas servir indé­fi­ni­ment de ciment et que là encore projet et stra­té­gie devront être renou­ve­lés.

Le texte alter­na­tif proposé pour le Congrès par 700 adhé­rents, dont tu fais partie, a obtenu 24 % des voix des mili­tants. Comment appré­cier ce résul­tat ?

C’est un résul­tat sans précé­dent. Depuis 2003, des textes alter­na­tifs pouvaient être dépo­sés mais ils incar­naient les sensi­bi­li­tés iden­ti­taires nostal­giques des années 50 ou 80. Pour la première fois, les commu­nistes qui souhaitent une évolu­tion du PCF inscrite dans la radi­ca­lité et la moder­nité ont déposé un texte. Il a fallu rédi­ger en quelques jours un texte qui porte à la fois sur le projet, la stra­té­gie et le parti. Cela s’est fait en mêlant des géné­ra­tions diffé­rentes : person­na­li­tés histo­riques, syndi­ca­listes, jeunes élus et respon­sables de sections mais seule­ment 6 membres du CN et un seul de l’exé­cu­tif natio­nal, moi-même. Nous avons mis en place des outils colla­bo­ra­tifs et avons pensé le texte comme un texte à amen­der et à faire évoluer. De nombreux amen­de­ments ont été inté­grés dans la phase de rédac­tion et cela a suscité ensuite de nombreux autres commen­taires et des contri­bu­tions multi­formes. Ce texte arrive en tête dans une dizaine de fédé­ra­tions. Loca­le­ment, c’est encore plus spec­ta­cu­laire – par exemple dans ma fédé­ra­tion le Val-de-Marne-, le texte du Conseil natio­nal sortant arrive en tête dans 18 sections, le texte Ambi­tion dans 10. L’autre événe­ment, c’est que le texte du CN, qui avait été adopté à 85 % au CN, n’a rassem­blé que la moitié des voix des commu­nistes qui se sont expri­més. Nous sommes donc dans une situa­tion inédite qui va bous­cu­ler les règles tradi­tion­nelles du congrès si l’on ne veut pas d’une para­ly­sie et d’une divi­sion morti­fère dans les mois qui viennent.

Le texte adopté va devoir évoluer forte­ment et être réécrit en grande partie pour rassem­bler les commu­nistes. Il va devoir réaf­fir­mer plus forte­ment la néces­sité de la visée commu­niste, clari­fier l’ana­lyse que l’on fait du PS – cette ques­tion n’est pas abor­dée par le texte du CN – il va devoir inté­grer plus forte­ment la ques­tion du Front de gauche qui avait disparu dans la première version du texte proposé par le CN. La ques­tion du programme L’Hu­main d’abord ne pourra pas être non plus obli­té­rée. Il va falloir aussi écrire noir sur blanc qu’il ne peut y avoir de pers­pec­tive dans l’or­ga­ni­sa­tion d’une primaire avec le PS. À partir de là, je pense que nous sommes capables de trou­ver les formes du rassem­ble­ment des commu­nistes qui devront évidem­ment pour finir impliquer la compo­si­tion d’une direc­tion qui prennent en compte à la bonne hauteur la diver­sité des opinions expri­mées.

Un appel en faveur de la candi­da­ture de Jean-Luc Mélen­chon pour la prési­den­tielle a recueilli plus de 1400 signa­tures de mili­tants commu­nistes. Les débats que tu as précé­dem­ment évoqués se recoupent-ils avec celui sur les scru­tins et les candi­da­tures pour 2017 ?

Ne tour­nons pas autour du pot, aujourd’­hui la candi­da­ture de Jean-Luc Mélen­chon est une candi­da­ture sérieuse, elle semble rassem­bler l’es­sen­tiel de ceux qui, dans le peuple, veulent une alter­na­tive à gauche. Jean-Luc Mélen­chon semble récol­ter les fruits de son oppo­si­tion sans ambi­guïté à François Hollande. Mais sa candi­da­ture pose une série de problèmes qu’il va falloir affron­ter.

Je ne crois pas, par exemple, à un lien direct entre un-e- candi­dat-e- et le peuple. Je ne suis pas plus pour un rassem­ble­ment centra­lisé que je ne suis pour la centra­li­sa­tion du PCF ! Je ne pense pas non plus que la gauche ait disparu et le discours qui évite ce mot n’est pas plus produc­tif que celui du PCF qui met cette dernière à toutes les sauces. Il va donc falloir des gestes de part et d’autre, c’est-à-dire de ceux qui veulent construire une alter­na­tive et reve­nir à l’es­prit du Front de gauche : alter­na­tive, rassem­ble­ment majo­ri­taire, lutte contre l’hé­gé­mo­nie du PS et fonc­tion­ne­ment décar­tel­lisé. Pour cela, il faut un proces­sus collec­tif qui ne peut pas être celui de primaires. En ce qui concerne le PCF, il faut qu’il clari­fie sa posi­tion sur le PS, qu’il affirme la néces­sité incon­tour­nable d’une candi­da­ture commune à la gauche du PS et qu’elle doit se construire sur la base de la réac­tua­li­sa­tion du programme L’Hu­main d’abord. Pour sa part Jean-Luc Mélen­chon doit dire qu’il veut aussi un proces­sus collec­tif qui ne peut être que diffé­rent d’un rallie­ment à sa candi­da­ture. D’ailleurs, il ne l’ob­tien­drait pas du PCF et qu’il le veuille ou non, cela ne ferait qu’han­di­ca­per son projet, surtout si face au PS les candi­da­tures à sa gauche se multi­pliaient. Tout cela peut paraitre aujourd’­hui impos­sible mais en poli­tique on en a vu d’autres et encore une fois, ce qui se passe en Espagne entre Pode­mos et IU démontre l’in­verse. Si ces diffé­rentes condi­tions sont réunies, nous trou­ve­rons les mots et les formes du rassem­ble­ment.

Entre­tien réalisé par Gilles Alfonsi, le 19 mai 2016. Publié sur le site de Cerises.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.