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Les États Géné­raux des Migra­tions appellent à la régu­la­ri­sa­tion de toutes les personnes sans-papiers

https://eg-migra­tions.org/

« La pandé­mie à laquelle nous faisons face aujourd’­hui révèle au grand jour les inéga­li­tés sociales, écono­miques et sani­taires qui minent notre société. Dans cette période, la situa­tion des personnes sans papiers est des plus inquié­tantes. L’ab­sence de titre de séjour les privant de l’ac­cès aux droits sociaux fonda­men­taux tels que le droit au travail, au loge­ment, aux pres­ta­tions sociales, l’état d’ur­gence sani­taire démul­ti­plie leur préca­rité. Durant le confi­ne­ment, l’ab­sence de droit à l’as­su­rance chômage, alors que la plupart travaillent, le risque d’être contrô­lé·es, placé·es en réten­tion – car les centres de réten­tion admi­nis­tra­tive ne sont pas tous fermés et sont des lieux autant propices à la propa­ga­tion du Covid-19 que les prisons – et, l’ab­sence de loge­ment à leur nom font des personnes sans papiers des victimes poten­tielles de l’épi­dé­mie davan­tage que le reste de la popu­la­tion.

Si leur sort a pu réap­pa­raître dans le débat public aujourd’­hui, c’est unique­ment en termes de santé publique, et les quelques solu­tions appor­tées ici ou là pour permettre à certain·es d’ob­te­nir un lieu d’hé­ber­ge­ment plus conforme aux exigences sani­taires ne sont qu’un pis-aller, au demeu­rant très provi­soire. La situa­tion de ces personnes auxquelles l’État refu­ser d’ac­cor­der le droit au séjour est le résul­tat de poli­tiques migra­toires toujours plus restric­tives et déshu­ma­ni­santes, d’un choix du non-accueil, du primat de la logique utili­ta­riste sur celle de l’éga­lité et de la dignité humaine.

Cette situa­tion va perdu­rer une fois la crise sani­taire passée. Les personnes sans papiers conti­nue­ront d’être main­te­nues dans une situa­tion de non droit qui les rend vulné­rables à l’ex­ploi­ta­tion et aux abus de toutes sortes, en sus de la menace du contrôle, du risque de place­ment en centre de réten­tion et d’ex­pul­sion. Leur trai­te­ment comme main d’œuvre flexible et à bas prix contri­bue depuis de nombreuses années à la dégra­da­tion des droits du travail de toutes et tous.

Parce que l’ac­cès à la dignité et aux droits fonda­men­taux ne peut ni être affaire de circons­tances, ni servir des inté­rêts écono­miques, mais doit consti­tuer au contraire une exigence non négo­ciable d’éga­lité, les États Géné­raux des Migra­tions appellent à la régu­la­ri­sa­tion immé­diate, pérenne et sans condi­tions de toutes les personnes sans papiers, étape néces­saire du chan­ge­ment radi­cal des poli­tiques migra­toires reven­diqué dans leur Mani­feste.

Nous invi­tons chacun·e à parta­ger les diffé­rentes initia­tives, tribunes et péti­tions, même si la nature des reven­di­ca­tions portées par celles-ci sont parfois mini­ma­listes, appe­lant à la régu­la­ri­sa­tion des sans-papiers. »

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