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Réunion publique de l’ap­pel des 100 à Poitiers

Une soixan­taine de personnes étaient présentes ce 17 novembre dernier pour débattre autour de « l’ap­pel des 100 ». Nous avions pour objec­tif à la fois de « défi­nir des mesures d’ur­gence large­ment parta­gées”, et d’évi­ter le risque de concur­rence des candi­da­tures pour les prochaines élec­tions prési­den­tielles et légis­la­tives. Et encore de prépa­rer au-delà de ces élec­tions.

Il y avait à la tribune Daniel Sanchez, respon­sable CGT, Bertrand Geay, socio­logue  et mili­tant asso­cia­tif, Yves Jamain, secré­taire du PCF86 et Jean-François Pelis­sier, porte-parole d’En­semble! , Gilles Caire, univer­si­taire, fut l’ani­ma­teur de la soirée.

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Bertrand Geay a rappelé son expé­rience, que plusieurs d’entre nous partagent avec lui, du Front social dépar­te­men­tal créé à Poitiers alors que Le Pen, le père, s’était quali­fié au second tour des élec­tions prési­den­tielles. Un senti­ment de retour du même mais en pire malgré tous nos efforts depuis.

Voici quelques autres éléments rete­nus de ce débat.

Une discus­sion sur l’état de la gauche

Le PS, son gouver­ne­ment, est au-dessous de tout, lui qui n’a même pas fait le programme annoncé alors qu’on savait perti­nem­ment que si rien ne chan­geait c’était favo­ri­ser le déve­lop­pe­ment du FN . Lequel est main­te­nant aux portes du pouvoir.

« On n’at­ten­dait rien de Hollande mais il a quand même réussi à nous déce­voir »

Certains voient avec inté­rêt et sympa­thie la démarche de Monte­bourg : « que Monte­bourg ou Mélen­chon soit candi­dat, je m’en fiche mais il faut être unis »

D’autres non, en parti­cu­lier des mili­tants d’En­semble!, consi­dèrent que le Ps ayant été soutien d’un gouver­ne­ment ennemi durant cinq ans, avec accé­lé­ra­tion lors de la lutte contre la loi Travail, il n’est plus possible dans l’im­mé­diat de faire quoi que ce soit avec quelque courant du PS que ce soit, (même les fron­deurs qui parti­cipent aux primaires) . Cepen­dant, si le PS est mort, il y a des mili­tant-es du PS à qui on doit s’adres­ser

La candi­da­ture Mélen­chon a été évoquée plus que discu­tée. Elle semblait s’im­po­ser mais sans susci­ter un engoue­ment parti­cu­lier tant il y a un noyau dur jaco­bin, centra­li­sa­teur, étatiste dans cette forme poli­tique.

La lutte collec­tive appa­raît à beau­coup, en parti­cu­lier dans la jeunesse, comme n’of­frant aucun avenir ; ce qui est constat qui serait acca­blant s’il n’exis­tait pas des mino­ri­tés acti­vistes assez nombreuses. Aujourd’­hui il y a rejet des syndi­cats et des partis alors que s’or­ga­ni­ser est plus que jamais néces­saire.

Il existe partout une remis en cause des élites, rejet de Clin­ton mais aussi de Hollande et de Duflot (et même de Sarkozy).

Trump

Il faut voir les mauvaises nouvelles en face mais les bonnes aussi. Il y a Trump mais aussi la campagne Sanders.

La victoire de Trump fait beau­coup penser à la situa­tion française : mépris et frac­ture sociale notam­ment scolaire.

La conquête de Trump s’est adossé sur la déliques­cence du parti démo­crate. Beau­coup de jeunes qui ont parti­cipé à la campagne de Sanders n’ont, selon de nombreux analystes, pas voté pour Clin­ton. Cela nous rappelle à nos respon­sa­bi­li­tés : être conci­liant avec les néoli­bé­raux peut être un mauvais calcul élec­to­ral, même à court terme.

La réunion natio­nale de l’ap­pel des 100

Elle a eu lieu à Montreuil récem­ment, tout l’échiquier poli­tique de la gauche radi­cale était présent. C’est une bonne nouvelle tempé­rée par cette inter­ro­ga­tion: « quelle confiance peut-on avoir en celles et ceux qui signent cet appel puis qui parti­cipent aux primaires du PS… prenant ainsi le risque de soute­nir un candi­dat issu d’un gouver­ne­ment qui fait le contraire de ce que dit l’ap­pel des 100 ? »

L’ori­gi­na­lité de cet appel c’est de réunir des poli­tiques, des syndi­ca­listes et des courants qui n’ont pas l’ha­bi­tude de travailler ensemble.L’ap­pel des 100 doit donner un « récit poli­tique », armer les candi­dat-es pour les légis­la­tives. Il a commencé.

Un nouvelle appel natio­nal est en route pour récla­mer l’unité et aussi pour penser aussi à l’après élec­tions.

Et ici ?

Il n’y a pas de mili­tant-es EELV, France Insou­mise, NPA dans la salle. Pour­tant il y a une tradi­tion unitaire et de dialogue dans le dépar­te­ment. Il faut rencon­trer ces orga­ni­sa­tions pour les légis­la­tives, s’adres­ser à elles. Nous devons aussi nous adres­ser au monde asso­cia­tif. Ancrons les tradi­tions unitaires locales anciennes.

Le PCF s’adresse aux parte­naires des élec­tions dépar­te­men­tales d’ « Inven­tons la Vienne » : ce qui nous a uni pour les élec­tions dépar­te­men­tales  doit pouvoir se refaire aux légis­la­tives.

La cohé­rence des propo­si­tions « c’est l’al­liance du rouge et du vert » : pas d’éco­lo­gie sans social et pas de social sans écolo­gie.Les mobi­li­sa­tions sociales bous­culent les poli­tiques. « Les gens veulent que ça change main­te­nant ». Il faut que cette colère revienne vers une alter­na­tive de gauche. Il faut arrê­ter de pleur­ni­cher. Il existe une attente dans les quar­tiers et nous devons y répondre ; nous devons faire des propo­si­tions concrètes.

Il existe un poten­tiel de révolte comme le succès du film « Merci patron ! » l’a montré lui aussi.

Ne croyons pas que la recom­po­si­tion de la gauche se fera sur la seule séquence élec­to­rale. Il y aura un après.

PB

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