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Des mili­tant.e.s d’En­semble! et leur enga­ge­ment dans France insou­mise

Une réunion natio­nale de mili­tant.e.s d’En­semble ayant rejoint la France insou­mise a eu lieu à Bagno­let les 3 et 4 février. Un texte commun fut rédigé, il est publié ci-dessous.

Il est le message que les mili­tant.e.s d’En­semble qui ont rejoint Fi adresse aux mili­tant.e.s de Fi et à tout cama­rade concerné.

Au cœur de ce message je souligne ce passage:

L’Ave­nir en commun est la base qui conduit l’ac­tion des insou­mis·es. Le but, c’est de réunir les condi­tions de sa mise en œuvre dans le cadre de l’exer­cice du pouvoir local et natio­nal. La prise du pouvoir poli­tique en vue d’un vrai chan­ge­ment est une ques­tion non réso­lue en Europe depuis des décen­nies. Il nous semble qu’une stra­té­gie pour progres­ser dans cette direc­tion doive combi­ner :

  • la multi­pli­ca­tion des alter­na­tives concrètes qui préfi­gurent la société dont nous rêvons (déve­lop­pe­ment de lieux auto­gé­rés, diffu­sion de pratiques écores­pon­sables etc…) ;

  • les luttes, la confron­ta­tion sociale dans le monde du travail ou sur la base de reven­di­ca­tions écolo­giques, démo­cra­tiques, socié­tales, conformes à notre projet de société ;

  • la conquête de posi­tions insti­tu­tion­nelles à travers les proces­sus élec­to­raux.

  • A Poitiers, des cama­rades ont rejoint ou vont rejoindre FI, d’autres non.
  • Le déve­lop­pe­ment aussi d’Osons, ce rassem­ble­ment autour de l’op­po­si­tion de gauche à la majo­rité muni­ci­pale diri­gée par le socia­liste Claeys, est une prio­rité stra­té­gique locale. Sans comp­ter le déve­lop­pe­ment du soutien aux migrant.e.s ici comme ailleurs face à la poli­tique des Ministres de l’In­té­rieur qu’ils soient de droite, socia­liste, hier  ou aujourd’­hui du fan club de Macron.
  • Les mili­tant.e.s d’En­sembme!86 qui rejoignent FI consi­dèrent que ces luttes ne peuvent qu’être ampli­fiées par le rassem­ble­ment popu­laire initié dans France insou­mise lors des dernières élec­tions prési­den­tielles.
  • C’est un débat poli­tique qui rebon­dira.
  • Pascal Bois­sel, 6–2–2018

Ensemble pour fédé­rer les résis­tances.

Insou­mis pour enga­ger les révo­lu­tions sociales, écolo­giques et démo­cra­tiques.

Le sens de notre enga­ge­ment commun avec France Insou­mise.

Avec France Insou­mise une force popu­laire et citoyenne s’est levée.

Au regard de défis sociaux, écolo­giques et démo­cra­tiques qui s’im­posent à toutes et tous, nous voulons être partie prenante d’un mouve­ment qui redonne des pers­pec­tives et de l’es­poir. Nous voulons être au cœur de cette vague et de ce poten­tiel de résis­tance et d’al­ter­na­tive au néoli­bé­ra­lisme.

Nous avons soutenu le programme de la FI, L’ave­nir en commun, l’es­poir d’une la révo­lu­tion citoyenne et un mode de rassem­ble­ment qui veut en finir avec des pratiques d’ap­pa­reils reje­tées par les citoyens. Ce programme de rupture avec ce néoli­bé­ra­lisme qui struc­ture toutes les poli­tiques menées par des gouver­ne­ments de droite ou préten­du­ment de gauche depuis des décen­nies est compris et partagé par des millions de citoyens. Parce que nous savons que la rupture assu­mée avec les partis liés de plus ou moins près à la « gauche » de soumis­sion et de trahi­son est pour beau­coup dans le succès et la recon­nais­sance de la France Insou­mise, l’enjeu prin­ci­pal est de bâtir un rassem­ble­ment popu­laire majo­ri­taire pour répondre aux enjeux de notre temps.

Avec France Insou­mise, ce mouve­ment a trouvé une expres­sion poli­tique inédite autour du programme L’ave­nir en commun et d’un mode de parti­ci­pa­tion ouvert à toutes et tous. Sa traduc­tion élec­to­rale a boule­versé le champ poli­tique. Il a contri­bué à remo­bi­li­ser l’élec­to­rat popu­laire. Il a permis surtout à plusieurs dizaines de milliers de citoyennes et de citoyens de se rassem­bler et d’agir et de rejoindre les milliers de groupes d’ac­tion qui forment l’os­sa­ture de notre mouve­ment.

Il reste bien entendu à préci­ser la démarche qui s’af­fi­nera en avançant. Comment arti­cu­ler l’af­fir­ma­tion de la FI avec la colla­bo­ra­tion avec les autres forces du mouve­ment social dans les campagnes poli­tiques indis­pen­sables qui seront menées ? Comment convaincre tout-e-s les parti­sans de la trans­for­ma­tion sociale et écolo­gique de conver­ger dans une même forma­tion poli­tique qui aujourd’­hui ne peut être que la FI. Comment élabo­rer collec­ti­ve­ment les réponses aux défis nouveaux posés par une situa­tion poli­tique en pleine évolu­tion ?

Au service de la réus­site de la France Insou­mise.

Tout dans la situa­tion poli­tique actuelle appelle à agir sans attendre. Sont en jeu la construc­tion des rapports de forces néces­saires pour mettre en échec le coup d’état social et démo­cra­tique qui est en marche et l’ef­fon­dre­ment écolo­gique en cours, en lien avec le réchauf­fe­ment clima­tique.

Mais rien ne sera possible sans que les classes popu­laires prennent leurs affaires en main, ce à quoi appelle la France Insou­mise et, au-delà des actions de résis­tance, qu’elles puissent porter elle-mêmes un projet de trans­for­ma­tion sociale et écolo­gique.

Ce qui nous motive et nous rassemble est avant tout la réus­site de cette pers­pec­tive et c’est pour cela que nous avons rejoint la France Insou­mise. Aussi nous mettons-nous au service de cette cause. Venus de l’ex­trême-gauche, de la gauche radi­cale et auto­ges­tion­naire, de l’al­ter­mon­dia­lisme et du mouve­ment social, de l’éco­lo­gique poli­tique, nous avons l’am­bi­tion d’être utile au travail collec­tif et à la réflexion de ce mouve­ment. Nous conce­vons cet apport en lien avec notre histoire et notre culture poli­tiques. Nous voulons rendre plus présente la part la plus vivante de la culture auto­ges­tion­naire, dont nous nous récla­mons : la primauté à accor­der à l’auto orga­ni­sa­tion de la société, l’ap­pro­pria­tion sociale et la mise en commun des moyens de produc­tion, de distri­bu­tion, de commu­ni­ca­tion et d’échange, le sens et le respect du plura­lisme, l’exi­gence démo­cra­tique enten­due comme exer­cice effec­tif de déli­bé­ra­tion popu­laire et de co-déci­sion dans tous les domaines, la recherche perma­nente de l’unité d’ac­tion, des liens privi­lé­giés avec le mouve­ment social dans le respect de son indé­pen­dance.

L’Ave­nir en commun est la base qui conduit l’ac­tion des insou­mis·es. Le but, c’est de réunir les condi­tions de sa mise en œuvre dans le cadre de l’exer­cice du pouvoir local et natio­nal. La prise du pouvoir poli­tique en vue d’un vrai chan­ge­ment est une ques­tion non réso­lue en Europe depuis des décen­nies. Il nous semble qu’une stra­té­gie pour progres­ser dans cette direc­tion doive combi­ner :

  • la multi­pli­ca­tion des alter­na­tives concrètes qui préfi­gurent la société dont nous rêvons (déve­lop­pe­ment de lieux auto­gé­rés, diffu­sion de pratiques écores­pon­sables etc…) ;

  • les luttes, la confron­ta­tion sociale dans le monde du travail ou sur la base de reven­di­ca­tions écolo­giques, démo­cra­tiques, socié­tales, conformes à notre projet de société ;

  • la conquête de posi­tions insti­tu­tion­nelles à travers les proces­sus élec­to­raux.

Le rôle poli­tique central de la FI.

Même si nous n’avons pas toutes et tous indi­vi­duel­le­ment ou collec­ti­ve­ment rejoint la France insou­mise au même moment, celle-ci repré­sente aujourd’­hui le mouve­ment capable de porter l’al­ter­na­tive pour laquelle nous nous battons. Nous en tirons toutes les consé­quences orga­ni­sa­tion­nelles et poli­tiques.

La créa­tion du mouve­ment poli­tique Ensemble s’est faite dans le cadre du Front de gauche. Ensemble n’a pas tiré à temps les consé­quences de son effa­ce­ment. Et bien qu’ayant soutenu la candi­da­ture de JL Mélen­chon, Ensemble n’a pas su saisir le souffle repré­senté par la candi­da­ture de la FI hors des struc­tures parti­daires clas­siques, ce qui l’a placé, en tant que mouve­ment, dans une situa­tion de para­ly­sie. Pour­suivre ce cours serait se condam­ner à l’im­puis­sance. Le Front de Gauche a échoué et aujourd’­hui toute tenta­tive de réac­ti­va­tion d’une telle formule poli­tique est illu­soire. Nous tirons le bilan des innom­brables et souvent assez déri­soires tenta­tives enga­gées pour récon­ci­lier, au mépris de toute clarté, des « gauches » que tout oppose. Personne ne peut se satis­faire d’une absence de pers­pec­tive crédible, à l’heure de l’ur­gence sociale, démo­cra­tique et écolo­gique.

C’est la limite rencon­trée par les signa­taires de « l’ap­pel Front Commun » avec lesquels un  dialogue reste néces­saire, pour convaincre celles et ceux qui ne l’ont pas encore fait de la justesse de renfor­cer la FI.

Une recom­po­si­tion majeure du champ poli­tique est en cours. Elle n’est pas termi­née. Elle margi­na­lise les forma­tions engluées dans des stra­té­gies héri­tées du passé. L’enjeu pour la France Insou­mise est de s’en­ra­ci­ner dans la société pour être de façon pérenne la force porteuse d’une alter­na­tive poli­tique au néoli­bé­ra­lisme.

Les prochaines échéances élec­to­rales seront déter­mi­nantes. La bataille des élec­tions euro­péennes doit s’ap­puyer sur une orien­ta­tion qui suppose une rupture avec les trai­tés euro­péens et de combi­ner l’ap­pli­ca­tion de notre poli­tique de chan­ge­ment au niveau natio­nal et une bataille au niveau euro­péen dans la pers­pec­tive d’une Europe écolo­giste, soli­daire et démo­cra­tique. Nous voulons parta­ger ce projet avec d’autres forma­tions poli­tiques en Europe, du Bloco de Esquerda au Portu­gal à l’Al­ter­na­tive Rouge et verte danoise en passant par Die Linke en Alle­magne et Pode­mos. Les élec­tions muni­ci­pales pour­raient être l’oc­ca­sion pour la FI d’im­pul­ser une puis­sante dyna­mique citoyenne, à voca­tion majo­ri­taire dans une série de villes.

Nous savons que rien ne nous sera donné et qu’au­cune voie n’est tracée d’avance. Nous savons la déter­mi­na­tion sans faille d’une classe diri­geante et de ses soutiens média­tiques prêts aux pires calom­nies et mani­pu­la­tions. Cette volonté impose d’in­ven­ter un nouveau futur et de faire vivre et croître un mouve­ment poli­tique à l’image du projet qui est le nôtre. Soit un mouve­ment engagé dans un proces­sus consti­tuant, évolu­tif, auto-orga­nisé démo­cra­tique­ment et qui s’élar­gira et gagnera en effi­ca­cité par l’ac­tion, les tâton­ne­ments, les recti­fi­ca­tions. Tel est le défi lancé par la FI.

L’ac­cent mis par nous sur sa construc­tion démo­cra­tique est dans notre esprit un gage d’ef­fi­ca­cité dans la durée. Il s’agit à nos yeux de conci­lier ainsi deux exigences complé­men­taires : le souci légi­time de privi­lé­gier ce qui nous rassemble au sein de France Insou­mise et la prise en compte de diffé­rents points de vue pour parve­nir à la synthèse la plus abou­tie. C’est une problé­ma­tique que nous voulons abor­der dans le double respect des cadres dont s’est dotée la France Insou­mise et des aspi­ra­tions démo­cra­tiques de celles et ceux qui la consti­tuent à tous les niveaux. C’est là le sens des contri­bu­tions que nous avons voulu soumettre à la réflexion collec­tive à l’oc­ca­sion de la Conven­tion de Cler­mont de novembre 2017. Elles témoignent de notre volonté commune de parta­ger la respon­sa­bi­lité de construire ensemble la FI en appor­tant notre part d’ana­lyse et de propo­si­tions et en prenant notre part de tâches à accom­plir.

Texte adopté le 4 février 2018 par le regrou­pe­ment de l’as­so­cia­tion Ensemble et Insou­mis et du courant Ensemble dans la FI

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