Comment un élève de 14 ans, qui se bat pour ses droits, peut-il perdre toutes ses dents suite à un tir de policier de lance-grenade, en France, en ce début de XXIe siècle ?
La jeunesse s’est levée. En toute légitimité.
Partout en France cette semaine, des lycées et des universités ont été le théâtre de mobilisations. La communauté éducative comme les parents d’élèves ont participé de cet élan. En jeu : des conditions dignes d’enseignement. Les jeunes ont exigé plus de moyens, moins de sélection. Plus d’égalité, moins de mépris.
C’est une génération particulièrement inquiète de son avenir qui se lève. On la comprend, et je la soutiens.
En face : le pouvoir l’a frappée. Le gouvernement n’a pas entendu la colère et apporté de solution politique. Il a encouragé les forces de l’ordre à brutaliser la jeunesse. Avec toutes les droites, il a enchainé les discours paternalistes et condescendants.
Au moment où j’écris ces lignes, on décompte depuis lundi 1793 gardes à vue. La démesure est frappante, presque sidérante si la brutalisation des mouvements sociaux n’était pas devenue monnaie courante.
À Sevran, j’ai vu la police montée à cheval intimider les jeunes de quartiers populaires bloquant le lycée Blaise Cendrars. J’ai entendu des récits de violences et d’insultes racistes de la part de policiers.
Le blocage, c’est la macronie et ses alliés qui l’installent. Les arbitrages budgétaires rendus par Monsieur Lecornu pour 2027 sonnent comme une claque supplémentaire pour une jeunesse qui veut tout simplement pouvoir s’élever, respirer, vivre librement.
En tout cas, la rentrée commence chaudement. Et, contrairement au climat, c’est le signe d’une vigueur sociale dont nous avons bien besoin.
Clémentine Autain