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3ème jour de violences poli­cières à la ZAD de Notre dame des Landes . Commu­niqué d’En­semble!44

Igno­rant les appels multiples à l’ar­rêt à un cessez-le-feu, le Premier Ministre a estimé ce matin que cette inter­ven­tion mili­taire pour évacuer la ZAD de Notre Dame des Landes « a fait l’objet d’une très grande prépa­ra­tion pour éviter au maxi­mum les inci­dents » et qu’elle se déroule avec « beau­coup de maitrise ». Au vu de l’am­pleur des destruc­tions et du nombre crois­sant de bles­sés, on croit rêver !

Sur le terrain, malgré les très nombreuses ferme­tures de route – qui, à juste titre, excède de plus en plus les rive­rains – plusieurs centaines de personnes sont venus pique-niquer sur la ZAD et, à l’ap­pel de la Confé­dé­ra­tion Paysanne, plusieurs dizaines de trac­teurs sont déjà entrés ou convergent vers la ZAD pour proté­ger les exploi­ta­tions agri­coles et habi­ta­tions mena­cées.

Malgré un déploie­ment mili­taire sans précé­dent – « Héli­co­ptère, véhi­cules blin­dés, lacry­mo­gènes et 2 500 nervis sur place… L’Etat est en train de déployer sur une commune rurale de Loire-Atlan­tique, l’équi­valent de près de 50 % des effec­tifs humains qu’elle a enga­gés dans ses opéra­tions exté­rieures mili­taires à l’Etran­ger » comme l’ écrit la Confé­dé­ra­tion Paysanne – , au troi­sième jour de l’in­ter­ven­tion, on est très loin de l’éva­cua­tion souhai­tée par le gouver­ne­ment.

Grace à la résis­tance des habi­tant.e.s de la ZAD et des dizaines de personnes qui les rejoignent chaque jour, grâce à la soli­da­rité active de la Confé­dé­ra­tion Paysanne et de toutes les compo­santes du mouve­ment d’op­po­si­tion au projet d’aé­ro­port, grâce aux dizaines de rassem­ble­ments et mani­fes­ta­tions qui se sont tenus et se tiennent dans tout le pays, et malgré l’énor­mité des moyens mis en oeuvre et une violence pas du tout maitri­ser, le gouver­ne­ment est aujourd’­hui entrain de perdre à la fois sur le terrain et poli­tique­ment.

C’est pour cela que les heures et jours qui viennent s’an­noncent encore plus violents et dange­reux. C’est pour cela qu’il faut que de partout s’af­firment la soli­da­rité avec les paysan.ne.s et habi­tant.e.s de la ZAD et l’exi­gence de l’ar­rêt de l’in­ter­ven­tion mili­taire.

Ensemble!44

Le 11 avril 2018, 16h

Xabier BENITO ZILUAGA, député euro­péen de PODEMOS, sera présent sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes demain jeudi 12 avril.

CONTRE LA MILITARISATION DE LA ZAD, SOUTIEN À L’AVENIR

L’ex­pé­rience de la ZAD dépasse large­ment les fron­tières françaises, à la fois comme modèle de lutte unitaire et paysanne et comme alter­na­tives concrètes à la société consu­mé­riste. Les pierres qui ont été posées méritent notre soutien le plus total.

L’ex­pul­sion de la ZAD et la répres­sion violente signi­fient bien plus que la priva­tion de l’ac­cès aux terres. Ce sont des graines d’ave­nir que l’on veut détruire.

Le député euro­péen de Pode­mos Xabier Benito Ziluaga se rendra ce jeudi sur la ZAD ce jeudi autant pour dénon­cer la répres­sion violente du mouve­ment que soute­nir les oppo­sants au projet et faire preuve de soli­da­rité inter­na­tio­nale.

Une réflexion au sujet de « 3ème jour de violences poli­cières à la ZAD de Notre dame des Landes . Commu­niqué d’En­semble!44 »

  1. f/argile dit :

    Expulsions à ND-des-Landes ? Un non-sens

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    > Lettre ouverte de Léon Maillé, paysan retraité du Larzac

    Si après avoir, en 1981, annulé l’extension du camp militaire du Larzac, le président Mitterrand avait expulsé les squatters, le laboratoire rural extraordinaire imaginé par les jeunes illégalement installés sur le plateau n’aurait jamais existé.
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    > Ainsi, fait unique en France, l’admirable gestion collective, depuis 30 ans, des 6 300 ha appartenant à l’Etat et des 1 200 ha aux GFA militants n’aurait, elle non plus, jamais existé. Cela a permis l’éclosion d’une agriculture paysanne très diversifiée que nous les anciens, engoncés dans la mono-production roquefort, n’aurions jamais imaginée, encore moins osée. Transformation à la ferme, vente directe de fromage de brebis et chèvre, de viande d’animaux de plein air (bœuf, agneau, cochon…), très souvent en bio, auxquels il faut ajouter miel, artisanats divers, dresseur de chiens de berger, chèvres angora, et même fabrication de bière et d’apéritifs, etc.

    > En fait, chaque maison ou ferme vide dans les années 1970 est maintenant vivante. Ainsi, par endroit, on a doublé la population agricole et, pour mieux écouler ces produits fermiers, voilà 30 ans a été inventé ici le concept de marché à la ferme, largement repris ailleurs.

    > C’est le résultat du brassage d’idées provoqué par l’arrivée de tous ces jeunes de l’extérieur qui a été le levain de la revitalisation du causse. Ainsi, le prototype du premier rotolactor pour brebis a été inventé par… un natif du Pas-de-Calais, et le créateur de la magnifique coopérative des Bergers du Larzac (34 producteurs et 35 salariés) est venu de Nanterre reprendre une ferme vendue à l’armée. Du coup, ici on innove : ainsi plusieurs hameaux sont chauffés par un réseau de chaleur à la plaquette forestière locale, les toits des fermes hébergent des panneaux photovoltaïques, et depuis peu une Toile du Larzac (copiée sur une initiative de la Manche) amène Internet à haut débit via un collectif d’habitants.

    > N’oublions pas non plus ces débats de société engendrés sur le plateau, comme les combats contre la malbouffe, les OGM, la mondialisation libérale, les gaz de schiste, etc.

    > Ce tumulte local répercuté par les médias a été bénéfique à toute la région, au tourisme et à la vente des produits locaux. Lorsqu’on entend aujourd’hui des décideurs s’abriter derrière le droit pour justifier des expulsions à Notre-Dame-des-Landes, il faut leur rappeler que le droit n’est qu’une règle du moment, qui peut être modifiée, voire inversée. Exemple : l’arrachage des OGM était interdit (Bové a fait de la prison pour cela), maintenant ce sont les OGM qui sont interdits dans les champs, et c’est même l’Etat qui en a fait arracher !

    > Quant à notre « bergerie cathédrale » de La Blaquière, elle a été construite sans permis par des bénévoles, et financée en partie par le refus de l’impôt. Mais au final elle a quand même été inaugurée par un ministre de la République : Michel Rocard. En fait, c’est la légitimité qui devrait toujours l’emporter sur la légalité ; l’oublier, comme à ND-des-Landes, c’est aller à contresens de l’histoire. Et combien d’hommes politiques (De Gaulle, Mandela, Havel, etc.), après avoir enfreint la loi, sont un jour devenus président de leur pays.
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