29 mars 2026

À gauche, personne ne peut gagner seul ! 

À gauche, personne ne peut gagner seul ! 

L’Après s’est enga­gée acti­ve­ment dans la bataille des muni­ci­pales. Nous avons présenté 270 candi­dat·es, dans près de 200 communes : pour un très jeune mouve­ment, c’est une fierté collec­tive ! À l’is­sue du second tour, nous comp­tons 106 élu·es dans les conseils muni­ci­paux de 84 communes. L’im­plan­ta­tion de L’Après sort de cette élec­tion consi­dé­ra­ble­ment renfor­cée.

Si nous pouvons nous réjouir de notre contri­bu­tion aux victoires de la gauche et de notre enga­ge­ment dans des équipes muni­ci­pales, il faut appré­cier la photo­gra­phie géné­rale. Ce qui frappe, c’est d’abord l’abs­ten­tion qui traduit un décro­chage crois­sant entre les citoyen·nes et leurs repré­sen­tant·es. C’est aussi l’ab­sence de « grand gagnant ». Le RN perd à Toulon et à Marseille mais conti­nue de s’an­crer. La poro­sité entre les élec­to­rats RN et LR est en marche, renforçant la menace d’une prise de pouvoir par l’ex­trême droite en 2027.

À gauche, les résul­tats sont en demi-teinte. Mais une chose est sûre : c’est l’union, totale ou partielle, de la gauche et des écolo­gistes qui a été gagnante. Aucune force, aucune sensi­bi­lité ne l’a empor­tée seule. Il est assez agaçant d’en­tendre les cris de victoire des uns contre les autres, comme s’ils n’avaient pas eu de parte­naires ou comme s’ils avaient, seuls, fait de réelles démons­tra­tions de force. Le PS perd des bastions. Il conserve Paris et Marseille grâce à la dyna­mique unitaire de premier tour et à la peur, au second. Et sans union avec les insou­mis, pas de victoire à Lyon ni à Nantes. Quant à LFI, elle engrange des percées mais son résul­tat global est en-deçà des euro­péennes et elle s’im­plante quasi exclu­si­ve­ment dans des terres de gauche, non mena­cées par les droites. Enfin, les échecs des villes diri­gées par des maires écolo­gistes, en dépit d’une formi­dable remon­tada de Grégory Doucet, nous obligent à une réflexion appro­fon­die et commune.

Une grande leçon doit être tirée : la gauche résiste, mais les accords de dernière minute après des mois et des mois à s’entre-déchi­rer ne sont pas perfor­mants pour convaincre. L’union, c’est une culture poli­tique. L’union, c’est une stra­té­gie. Elle doit être de projet, et non tech­nique. Elle doit se construire dans la durée. Elle doit faire vivre le plura­lisme, accep­ter les diffé­rences, sans obérer le commun.

Sans l’union, nous lais­sons le boule­vard aux droites extré­mi­sées en 2027. L’Après doit ampli­fier son rôle moteur dans sa construc­tion, en étant aussi force de propo­si­tion sur le fond. Je sais, les nuages s’ac­cu­mulent, mais ne sont gagnées que les batailles menées !

Clémen­tine Autain

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