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17 avril 2026

Clémen­tine Autain, 26 novembre: « luci­dité, unité, démo­cra­tie »

Luci­dité, unité, démo­cra­tie

À la veille de l’as­sem­blée repré­sen­ta­tive de la France Insou­mise du 16 décembre, et alors que les groupes d’ac­tion se réunissent pour débattre de l’orien­ta­tion de notre mouve­ment, je veux contri­buer par ce texte à éclai­rer les enjeux qui sont devant nous. À celles et ceux qui auraient préféré une contri­bu­tion à usage interne, qu’ils sachent que moi aussi mais il n’existe pas de moyen de le faire au sein de LFI. Je ne peux pas m’adres­ser aux mili­tants insou­mis autre­ment que sur ce blog ou dans les médias.

Dans un paysage poli­tique toujours plus éclaté, brouillé et désor­mais tripo­la­risé, notre respon­sa­bi­lité histo­rique est de recher­cher inlas­sa­ble­ment l’union des forces d’al­ter­na­tive sociale et écolo­giste. Avec un projet qui trans­forme en profon­deur notre pays, l’objec­tif est de construire un rassem­ble­ment majo­ri­taire pour en finir avec les choix néoli­bé­raux et produc­ti­vistes des dernières décen­nies et porter le partage des richesses, des pouvoirs, des savoirs et des temps de la vie.

Dans un moment de trum­pi­sa­tion de la vie média­tique, notre tâche est d’ap­pa­raître comme un pôle ration­nel – confor­mé­ment à notre histoire issue des Lumières -, solide sur tous ses prin­cipes [1], rassu­rant dans son profil pour donner confiance à une part crois­sante de nos conci­toyen.nes.

Dans une période aussi complexe et de défiance à l’égard des poli­tiques, notre fil à plomb doit être l’ap­pro­fon­dis­se­ment de la démo­cra­tie, entre nous – parce que c’est plus effi­cace – et pour donner à voir comment nous ferons quand nous gouver­ne­rons la France.

Luci­dité

À LFI, nous avons indé­nia­ble­ment l’op­ti­misme de la volonté chère à Gram­sci. C’est même l’une des marques de fabrique à laquelle je suis très atta­chée. Cet opti­misme permet de voir « les chances non réali­sées qui sommeillent dans les replis du présent », pour reprendre les jolis mots du père de l’éco­lo­gie poli­tique André Gorz. Heureu­se­ment que plusieurs fois dans l’his­toire récente où notre gauche était en berne, nous avons gardé confiance dans nos capa­ci­tés à déjouer les pronos­tics. Mais ne perdons pas de vue l’autre partie de l’adage gram­scien : le pessi­misme de l’in­tel­li­gence. Car si, par opti­misme forcené, nous aban­don­nons la luci­dité sur le réel, alors nous ne réus­si­rons pas à nous orien­ter correc­te­ment pour gagner. De la même manière, si nous refu­sons toute critique sur nous-mêmes au nom du fameux « faire bloc » face à nos nombreux adver­saires, nous risquons de perdre gros en intel­li­gence collec­tive.

Première luci­dité : la percée de l’ex­trême droite, qui dit la gravité de la situa­tion et l’am­pleur de la respon­sa­bi­lité qui est la nôtre. La victoire de Javier Milei en Argen­tine et celle de Geert Wilders aux Pays-Bas viennent de donner une sinistre note d’am­bian­ce… De dimen­sion inter­na­tio­nale, cette ascen­sion n’épargne malheu­reu­se­ment pas notre pays. Notre tâche, c’est de combattre les poli­tiques macro­nistes tout en gagnant la course de vitesse enga­gée avec Marine le Pen.

Certains d’entre nous ont expliqué que la quête de respec­ta­bi­lité du RN les condui­rait à la défaite. Qu’a­vec leurs cravates et leur insti­tu­tion­na­li­sa­tion, ils perdraient leur élec­to­rat popu­laire séduit par l’ex­pres­sion bruyante de la colère et le côté « hors système ». Le nouveau profil du RN n’in­flé­chit pas ses courbes de popu­la­rité, d’adhé­sion et d’in­ten­tion de vote, globa­le­ment plutôt à la hausse depuis un an. Il faut dire que cette nouvelle posture est faci­li­tée de manière inouïe par la macro­nie, qui lui a déroulé le tapis rouge à l’As­sem­blée natio­nale et lui a offert sur un plateau une légi­ti­mité dans le combat contre l’an­ti­sé­mi­tismeEn atten­dant, alors que sur le fond les lepé­nistes conservent leurs marqueurs auto­ri­taires, xéno­phobes et sexistes, ils étendent leur influence. L’ex­trême droite est en train de siphon­ner la droite. Et son plafond de verre explose.

En face, méfions-nous du refrain « RN et Renais­sance, c’est bonnet blanc et blanc bonnet ». Oui, la macro­nie est dans une dérive folle qui l’amène à briser bien des prin­cipes répu­bli­cains et à vali­der, parfois concrè­te­ment comme avec la loi sur l’im­mi­gra­tion, les partis pris de l’ex­trême droite. Mais confondre l’un avec l’autre, c’est factuel­le­ment faux et poli­tique­ment dange­reux. Que les uns et les autres soient acquis aux inté­rêts des plus riches et à la réduc­tion de la dépense publique, c’est l’évi­dence. Mais, avec le RN au pouvoir, nous fran­chi­rions un cap autre­ment plus dange­reux en matière de poli­tique auto­ri­taire, surtout après le travail si bien préparé par la macro­nie. Les condi­tions de la contes­ta­tion sociale et poli­tique seraient encore plus sévè­re­ment dégra­dées. Nous pren­drions un immense risque pour les droits des femmes : si Renais­sance ne consi­dère pas sérieu­se­ment, notam­ment dans ses poli­tiques publiques, le combat pour l’éman­ci­pa­tion des femmes, il ne porte pas un projet réac­tion­naire, ouver­te­ment sexiste et fami­lia­liste. Et que penser du sort qui serait fait aux immi­grés et aux popu­la­tions issues de l’im­mi­gra­tion ? L’ins­tru­men­ta­li­sa­tion sur le thème du « choc des civi­li­sa­tions » de l’in­sup­por­table mort de Thomas à Crépol donne à voir le poten­tiel de guerre civile de l’ex­trême droite. Surtout, il ne faut jamais oublier, comme le rappellent les travaux d’Ugo Palheta [2], que, ripo­li­née ou pas, l’ex­trême droite porte en germe le fascisme. 

Pour autant, la macro­nie se droi­ti­sant à la vitesse de l’éclair, ce ne sont pas les diffé­rences entre le RN et Renais­sance qui appa­raissent aujourd’­hui écla­tantes : c’est le rappro­che­ment qui sidère. C’est là que nous avons une respon­sa­bi­lité en matière d’édu­ca­tion popu­laire, notam­ment à l’égard des jeunes géné­ra­tions. Je ne parle pas ici de consigne de vote dans un éven­tuel second tour entre Le Pen et un repré­sen­tant de la macro­nie. Mon propos n’est animé que par l’ob­ses­sion d’évi­ter un tel scena­rio en 2027. Je parle de notre discours aujourd’­hui. Marte­ler qu’il y aurait un tout homo­gène RN/LR/Renais­sance, c’est contri­buer au brouillage des repères. Et « à la fin », si ça se termine « entre eux et nous », pour reprendre la formule de Jean-Luc Mélen­chon, quel inté­rêt avons-nous à asso­cier le RN avec tout le reste de l’échiquier poli­tique ?

Unité

La luci­dité impose égale­ment de ne jamais perdre de vue cette réalité nouvelle : la tripo­la­ri­sa­tion de la vie poli­tique – macro­nie/extrême droite/Nupes. Deux pôles sur trois sont de droite : c’est dire l’am­pleur de notre tâche. Pour atteindre le second tour de la prési­den­tielle, il nous faut donc construire sans relâche le rassem­ble­ment de la gauche et des écolo­gistes. Pour l’em­por­ter au second, nous devons éviter de consti­tuer un plafond de béton qui nous lais­se­rait seuls avec un petit tiers de l’élec­to­rat et le reste vent debout contre nous. C’est pourquoi la logique du « socle » à confor­ter contre le reste du monde me paraît contre-produc­tive dans le contexte. Nous devons confor­ter et élar­gir l’élec­to­rat des 22% de la prési­den­tielle, et non seule­ment renfor­cer l’adhé­sion d’une (petite) partie de ce socle. Les absten­tion­nistes de la partie popu­laire la plus proche de nos idées se mobi­li­se­ront si nous appa­rais­sons en capa­cité de gagner. C’est pourquoi fédé­rer le peuple impose de cher­cher ce qui relie ses diffé­rentes compo­santes, et non d’ap­puyer avant tout sur ce qui les clive. Fédé­rer le peuple passe surtout par la conta­gion en posi­tif d’une espé­rance. Fédé­rer le peuple suppose enfin de travailler les diffé­rentes média­tions à même de nous légi­ti­mer à ses yeux. 

C’est dans cet état d’es­prit qu’avec François Ruffin, Alexis Corbière, Raquel Garrido, Danièle Simon­net, Hendrik Davi et d’autres, nous plai­dons pour main­te­nir un hori­zon d’union à gauche et pour affir­mer un profil plus rassem­bleur dans notre pays, un ton, une atti­tude, des mots moins clivants. Il n’est pas ques­tion d’en rabattre sur la nature du projet. La radi­ca­lité ne se mesure ni à la viru­lence des mots, ni au nombre de déci­bels ou de clashs, ni aux formules chocs sur Twit­ter.

Pour ma part, et n’ayant contrai­re­ment à d’autres à LFI jamais milité au parti socia­liste ou soutenu un quel­conque gouver­ne­ment à l’eau de rose, je n’ai pas décidé de chan­ger de gauche. Depuis vingt-cinq ans, ma constance à défendre une gauche franche et l’union du rouge et du vert est totaleEt ma bous­sole toujours la même : que la gauche d’al­ter­na­tive prenne le leader­ship au sein des gauches et des écolo­gistes, condi­tion d’un chan­ge­ment véri­table pour les Français. C’est préci­sé­ment ce que nous avons fait avec la créa­tion de la Nupes. Et je m’en féli­cite.

Mais j’af­firme que nous avons être vigi­lants car ce leader­ship conquis de haute lutte, grâce à notre déter­mi­na­tion depuis la créa­tion du Front de Gauche et aux scores de notre candi­dat Jean-Luc Mélen­chon,nous pouvons le perdre. Si nous nous rabou­gris­sons, si nous tour­nons le dos à l’union, si nous nous renfer­mons dans une logique de cita­delle assié­gée, nous prenons le risque de lais­ser le champ libre à la résur­gence d’une social-démo­cra­tie reloo­kée. Et alors nous ferions, au fond, défaut à notre cause, défaut au monde popu­laire que nous voulons défendre, défaut à nous-mêmes. Cette fenêtre histo­rique qui s’est ouverte en 2022, nous avons la respon­sa­bi­lité de ne pas la refer­mer.

En disant cela, je reste parfai­te­ment lucide sur le jeu et les offen­sives de certains au PS, à EELV ou au PCF qui rêvent sans doute de prendre ou reprendre la main à gauche. Je vois bien les atti­tudes et les mots qui divisent. Je pense en revanche que, puisque nous sommes le fer de lance de l’union, nous devons en être les plus ardents défen­seurs. Si nous trou­vons inac­cep­table (et à raison) que l’un de nos parte­naires puisse dire que nous serions les « idiots utiles du Hamas », ne faut-il pas alors, de notre côté, éviter d’écrire que ceux qui mani­festent contre l’an­ti­sé­mi­tisme soutiennent tous les crimes de Neta­nya­hou ? Car ce n’est pas simple­ment en répé­tant que nous voulons l’union que nous l’au­rons, c’est aussi et peut-être avant tout en respec­tant nos parte­naires, en leur lais­sant la possi­bi­lité d’avoir leurs spéci­fi­ci­tés, et donc des désac­cords avec nous, et en remet­tant sans cesse l’ou­vrage sur l’éta­bli. C’est au fond porter la respon­sa­bi­lité de la victoire. L’union n’est pas simple­ment un combat, elle est une culture [3]. Et la Nupes, c’est nous qui y avons le plus inté­rêt. C’est pourquoi je ne me résous pas à l’aban­don­ner ou à faire mine de la faire vivre sans les parte­naires. 

Pensons-nous vrai­ment que c’est unique­ment à cause de nos parte­naires que la Nupes s’est déli­tée ? N’avons-nous, en tant que « fer de lance » de cette coali­tion, aucune respon­sa­bi­lité dans cet écla­te­ment ? Au lieu de se renvoyer la faute à coups de polé­miques, nous ferions mieux d’œu­vrer concrè­te­ment pour qu’elle ne se fracasse pas défi­ni­ti­ve­ment. Là se joue notre respon­sa­bi­lité histo­rique, et notam­ment en vue de la prési­den­tielle de 2027 qui, ayons-en bien conscience, ne sera pas la repro­duc­tion du schéma de 2022 où la ques­tion était de savoir qui allait affron­ter Emma­nuel Macron.

Oui, c’est dur. Oui, nous en avons parfois gros sur le cœur et la raison devant l’at­ti­tude de tel ou tel de nos parte­naires. Mais l’union est un combat. Et la Nupes, « le plus court chemin pour gagner », comme l’ont dit Jean-Luc Mélen­chon ou Manuel Bompard. Souve­nons-nous que la réali­sa­tion de l’union à gauche fut toujours doulou­reuse, en 1936, en 1972… Aujourd’­hui, nous devons nous inter­ro­ger sur les actes et les mots à poser pour la faire vivre. Soyons honnêtes, un cour­rier ou deux ne suffi­ront pas. Si nous n’avons malheu­reu­se­ment pas réussi à convaincre d’une liste d’union aux euro­péennes, nous devrons remettre l’ou­vrage sur l’éta­bli et non fermer le rideau. Il en va de notre capa­cité à gagner pour amélio­rer le quoti­dien de millions de nos conci­toyen.nes.

Lucide, je le suis aussi sur le piège média­tico-poli­tique qui nous est en perma­nence tendu, et qui me révolte autant que chaque insou­mis. Bien sûr que le pouvoir en place a compris que nous étions une menace et qu’il fallait donc nous rendre infré­quen­tables. D’où cette ques­tion qui nous est posée : quelle atti­tude devons-nous adop­ter devant ce défer­le­ment contre nous ? S’en moquer, renché­rir dans le bruit et la fureur, ou s’en inquié­ter, modi­fier notre profil pour emme­ner toujours plus de Français avec nous ? Dans les dernières secousses que nous avons traver­sées, ce n’est pas seule­ment avec les « gens du système » que nous avons clivé. Ce sont nos amis, notre propre élec­to­rat, nos parte­naires que nous avons braqués. Plusieurs enquêtes d’opi­nion donnent à voir que, depuis un an, nous perdons en attrac­ti­vité, que la dyna­mique de LFI est plutôt descen­dante [4]. On peut ne pas les regar­der, conti­nuer tout droit, dire que les sondages ne nous inté­ressent que quand ils sont bons. Pour ma part, je pense que nous avons le devoir de regar­der la réalité en face : si nous ne chan­geons pas de braquet, c’est la possi­bi­lité même d’une victoire sur la base de notre projet, celui qui prend à la racine les problèmes, qui s’éloigne.

Certes, comme il faut imagi­ner Sisyphe heureux, nous pouvons toujours faire le dos rond, en atten­dant les jours meilleurs. Après tout, la dégrin­go­lade, nous l’avons déjà connue sous le précé­dent quinquen­nat après les perqui­si­tions et le parti pris popu­liste qui a suivi. Et nous avons su remon­ter la pente.Mais avons-nous songé à ce qui se serait passé si nous avions tendu la main à gauche au soir des 19% de Jean-Luc Mélen­chon en 2017 et si nous avions réussi ensuite à progres­ser, au lieu de recu­ler, pour partir de plus haut au début de la campagne prési­den­tielle de 2022 ? Le profil qui permet la remon­tada dans la campagne prési­den­tielle m’al­lait d’au­tant mieux que c’est celui que j’ap­pe­lais, avec d’autres, de mes vœux depuis long­temps. Quand Mélen­chon passe de 10% dans les sondages au début de la campagne à 22% à la fin de la prési­den­tielle, il le fait sur la base d’un discours très à gauche, calme, péda­go­gique, rassem­bleur. Et il appa­raît donc alors le plus crédible aux yeux du grand nombre. En a-t-il rabattu sur le fond à ce moment-là ? Je pense qu’au­cun insou­mis ne le dirait. En revanche, nous dirions toutes et tous que c’était une réus­site. Avec d’autres, je plaide donc pour pour­suivre dans cette veine qui me paraît la meilleure, la plus propul­sive.

Démo­cra­tie

Le débat sur notre orien­ta­tion me paraît essen­tiel d’au­tant que la période est complexe, mouvante, incer­taine. Comme je l’ai souvent dit, je regrette infi­ni­ment que nous n’ayons pas les cadres de discus­sion et de déli­bé­ra­tion ad hoc au sein de LFI. Car de tels espaces permettent de faire vivre le plura­lisme des approches et des sensi­bi­li­tés – qui font la richesse de LFI – et de tran­cher nos débats par des majo­ri­tés [5]. Je me féli­cite d’une petite avan­cée : des amen­de­ments sur le texte de la direc­tion pour­ront être dépo­sés par les Groupes d’Ac­tion et les boucles dépar­te­men­tales.

Je ne défends pas la démo­cra­tie seule­ment par prin­cipe et pour donner à voir ce que nous voulons pour le pays tout entier avec la VIe répu­blique. Elle repré­sente un atout pour bien s’orien­ter et pour emme­ner toujours plus de forces avec nous. Je suis certaine que de la discus­sion nait une analyse plus fine de la situa­tion, et donc de meilleures déci­sions. C’est à partir de la diver­sité de ce que nous sommes, de nos histoires, de nos réali­tés quoti­diennes, de nos réfé­rences intel­lec­tuelles et mili­tantes que nous serons les mieux à même de gran­dir et de gagner. Je crois aux vertus de la dialec­tique qui élève les mili­tants et affine le posi­tion­ne­ment collec­tif.

La critique du fonc­tion­ne­ment gazeux, je l’ai portée publique­ment, et avec d’autres. On nous a beau­coup opposé qu’il faut laver son linge sale en famille. Mais « où est la buan­de­rie ? », a rétorqué fort juste­ment mon collègue et ami Alexis Corbière. Nous ne l’avons toujours pas trou­vée. C’est même à un raidis­se­ment de l‘ap­pa­reil que nous assis­tons. Des réponses bureau­cra­tiques ou mépri­santes, voire psycho­lo­gi­santes, sont appor­tées aux enjeux de fond et d’orien­ta­tion que nous soule­vons. La sanc­tion contre Raquel Garrido en est un triste exemple.

Je formule le vœu que les mili­tants réus­sissent à mieux porter cette exigence de plura­lisme et de démo­cra­tie au sein de LFI. Même s’il n’y a aucun moyen de le véri­fier, je crois cette aspi­ra­tion majo­ri­taire dans notre mouve­ment.

Pour conclure, ce qu’il nous faut combler, c’est le déca­lage entre la forte adhé­sion des Français à une grande part de nos idées et propo­si­tions, d’une part, et une adhé­sion plus restreinte à notre force poli­tique, d’autre part. Pour combler cet écart, nous avons des raisons d’être opti­mistes : le mouve­ment des retraites a donné à voir la combat­ti­vité sociale, les idées d’éga­lité et de justice arrivent en belles posi­tions dans l’enquête Frac­tures françaises [6], les propo­si­tions de notre niche parle­men­taire cartonnent chez les Français [7], les préoc­cu­pa­tions écolo­gistes sont de plus en plus parta­gées… Mais encore faut-il bien saisir que ni l’ac­cu­mu­la­tion de propo­si­tions, ni même leur assem­blage en programme ne peuvent se substi­tuer au projet qui leur donne sens, ni à la majo­rité qui les porte. C’est pourquoi l’orien­ta­tion, le récit, le profil sont essen­tiels, et avec eux, la démo­cra­tie pour dénouer les nœuds et l’union pour se donner les moyens de gagner… en jetant les rancœurs à la poubelle. 

Clémen­tine Autain


[1] Voir ma note de blog « Tenir bon sur tous nos prin­cipes »

[2] Voir notam­ment Ugo Palheta, La possi­bi­lité du fascisme. La trajec­toire du désastre, La Décou­verte, 2018.

[3] Voir ma note de blog « L’union est un combat et une culture »

[4] On ne peut pas seule­ment regar­der les quelques sondages rela­ti­ve­ment rassu­rants et mettre de côté la masse de ceux qui ne le sont pas. Il ne faut pas igno­rer que notre mouve­ment LFI et notre candi­dat à la prési­den­tielle par trois fois, Jean-Luc Mélen­chon, cumulent des taux de répul­sion parmi les plus impor­tants du paysage poli­tique français. Comment construire une majo­rité pour gouver­ner avec une telle image ? Cela doit nous préoc­cu­per et contri­buer à nous orien­ter. Dans un grand nombre de sondages, Marine Le Pen et le RN appa­raissent comme moins inquié­tants, plus démo­cra­tiques et sur de nombreux sujets, plus crédibles que nous. C’est à peine croyable mais c’est une photo du réel que nous devons regar­der en face et cher­cher à renver­ser.

[5] Voir ma note de blog « LFI : fran­chir un cap pour gagner »

[6] Sondage Ipsos Frac­tures françaises

[7] Article de l’In­sou­mis­sion « Sondage Propo­si­tions insou­mises »

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