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Inter­view de la Ligue des Droits de l’Homme de Poitiers

Ques­tions à Laurent Chevrel, président de la section de Poitiers de la Ligue des Droits de L’Homme

Ensemble! 86 : Pour­rais-tu nous présen­ter la Ligue des Droits de l’Homme sur la Vienne et sur Poitiers en parti­cu­lier ?

Laurent Chevrel : La LDH se compose dans le dépar­te­ment de deux sections (Poitiers et Châtel­le­rault) et de quelques adhé­rents isolés. La section de Poitiers compte une tren­taine d’adhé­rents et de nombreux sympa­thi­sants. Nous travaillons géné­ra­le­ment avec d’autres asso­cia­tions, en parti­cu­lier avec la CIMADE, Amnesty, touche pas à mon pote, Le Toit du Monde… Nous avons un lien privi­lé­gié avec l’as­so­cia­tion dépar­te­men­tale de Promo­tion et d’Ac­cueil des Gens du Voyage qui nous héberge à Buxe­rolles. Nous parti­ci­pons à son conseil d’ad­mi­nis­tra­tion, comme d’ailleurs à celui de l’AIRE. Nous étions adhé­rents de RESF. Ces parte­na­riats sont le produit de l’his­toire asso­cia­tive locale, d’ac­tions menées lors d’évé­ne­ments parti­cu­liers. La section se réunit une fois par mois. Son assem­blée géné­rale annuelle vient d’avoir eu lieu.

Quels sont vos chan­tiers de travail actuel­le­ment ?

Nous avons un impor­tant travail en cours sur la ques­tion des mineurs étran­gers isolés. Suite à des articles de presse sur cette ques­tion, nous avons creusé le sujet, rencon­tré diffé­rentes personnes, pris contact avec le conseil dépar­te­men­tal car nous avons constaté qu’il y avait un problème. Des mineurs se retrouvent à la rue au bout de quelques jours et ne béné­fi­cient pas de l’en­ca­dre­ment néces­saire. Des cour­riers ont été adres­sés à la préfète et au procu­reur de la Répu­blique sur ce sujet.

La défense de la laïcité demeure une préoc­cu­pa­tion perma­nente. Nous parlons d’une laïcité tolé­rante, pas d’une laïcité à la mode Le Pen qui sert à masquer de l’is­la­mo­pho­bie. Chacun a le droit de croire ou d’être athée sans devoir être inquiété, tout en respec­tant l’avis des autres. dans ce contexte, l’es­pace public se doit de rester neutre. C’est pourquoi nous parti­ci­pons acti­ve­ment à la jour­née de la laïcité comme ce fut le cas il y a peu.

Quels sont vos projets à court terme ?

Nous avons un « vieux » projet de confé­rence sur « la LDH durant la guerre », en raison de la répres­sion dont elle a fait l’objet ;  une projec­tion débat au tour du film La Vague (expé­rience menée dans un lycée améri­cain sur les causes du fascisme); relan­cer la célé­bra­tion de l’abo­li­tion de l’es­cla­vage; ainsi qu’une confé­rence sur  la ques­tion de l’état d’ur­gence.

Quel est votre posi­tion sur l’état d’ur­gence actuel ?

Il est clai­re­ment apparu qu’il était néces­saire de se prému­nir contre de nouveaux atten­tats et d’ar­rê­ter les coupables. Pour autant, ces néces­si­tés n’au­to­risent pas tout et n’im­porte quoi. Le contrôle par la repré­sen­ta­tion natio­nale de l’état d ‘urgence est donc primor­dial. Il ne saurait non plus se prolon­ger indé­fi­ni­ment et être à géomé­trie variable. L’ex­cep­tion ne saurait deve­nir la règle, car dans ce cas, l’état de droit n’existe plus. Le renfor­ce­ment des pouvoirs de police dans le cadre de la réforme du code de procé­dure pénal et donc une réduc­tion de l’in­ter­ven­tion du pouvoir judi­ciaire nous inquiètent aussi. Depuis des lustres, la ligue explique que l’ab­sence de poli­tique de préven­tion, d’amé­lio­ra­tion des condi­tions de vie en France et dans le monde ne pouvaient qu’a­bou­tir à la situa­tion actuelle. Les faits nous donnent malheu­reu­se­ment raison.

Et sur la révi­sion de la consti­tu­tion ainsi que sur la déchéance de la natio­na­lité ?

Si la consti­tu­tion a besoin d’être révi­sée, c’est bien sur un certain nombre de garan­ties démo­cra­tiques qui y manquent, pas pour renfor­cer les mesures répres­sives qui ne produisent rien de bon. La déchéance de natio­na­lité entre dans ce cadre. Au demeu­rant la France est signa­taire de textes qui s’op­posent à ce style de mesure. Voter cette mesure, ce serait donner raison aux terro­riste qui veulent détruire notre modèle répu­bli­cain et démo­cra­tique. La LDH est une active signa­taire de la péti­tion « Pour nous c’est défi­ni­ti­ve­ment non« . Espé­rons que nous soyons des millions sur cette même longueur d’onde.

Ligue des Droits de l’Homme
Section de Poitiers
1 rue du sentier
86180 Buxe­rolles
mail: poitiersldh@g­mail.com
Tél. 05.49.55.13.63
Site inter­net: http://ldhpoi­tiers.free.fr/index.html

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