Pas de paix sans la voix des femmes
Le 8 mars, Journée internationale des droits des femmes, s’ouvre cette année sous le fracas des armes. L’agression des États-Unis contre l’Iran fait peser le risque d’un embrasement régional aux conséquences humaines incalculables. Comme toujours, les femmes seront en première ligne : exposées aux violences, aux déplacements forcés, à l’effondrement des droits. Et pourtant, elles demeurent trop souvent absentes des lieux où se décident la guerre et la paix.
Depuis la mort de Mahsa Amini, les Iraniennes ont porté un mouvement historique pour la liberté et la dignité. Leur combat a révélé au monde l’aspiration profonde d’un peuple à l’égalité. Aujourd’hui, la logique militaire menace d’étouffer cette voix. La spirale des représailles et des démonstrations de force risque de refermer l’espace politique indispensable à toute transformation démocratique.
Il y a vingt-cinq ans, le Conseil de sécurité des Nations unies adoptait la Résolution 1325. Ce texte fondateur affirme qu’aucune paix durable ne peut être construite sans la participation pleine et entière des femmes aux processus de prévention, de négociation et de reconstruction. Ce principe n’est ni symbolique ni accessoire : là où les femmes participent aux négociations, les accords sont plus inclusifs et plus durables.
Pourtant, la réalité demeure cruelle. Dans la plupart des conflits, les femmes sont consultées à la marge, rarement décisionnaires. La crise actuelle autour de l’Iran ne fait pas exception : les discours martiaux saturent l’espace public, tandis que les voix féminines peinent à se faire entendre.
Les femmes ne sont pas seulement victimes ; elles sont aussi actrices de la sécurité et de la résistance. Les combattantes des Unités de protection de la femme, issues du Kurdistan, ont démontré leur détermination face au terrorisme et à l’obscurantisme, portant un projet d’égalité radicale. Leur engagement rappelle que les femmes assument déjà la défense de leurs peuples. Pourquoi leur refuser une place légitime à la table des négociations ?
En ce 8 mars, l’exigence est claire : refuser l’escalade guerrière et imposer l’inclusion. La résolution 1325 doit devenir une réalité contraignante. Il ne peut y avoir de paix durable sans justice. Il ne peut y avoir de justice sans les femmes.
