13 mars 2026

L’Après. Pascale Martin. « Pas de paix sans la voix des femmes »

Pas de paix sans la voix des femmes

Le 8 mars, Jour­née inter­na­tio­nale des droits des femmes, s’ouvre cette année sous le fracas des armes. L’agres­sion des États-Unis contre l’Iran fait peser le risque d’un embra­se­ment régio­nal aux consé­quences humaines incal­cu­lables. Comme toujours, les femmes seront en première ligne : expo­sées aux violences, aux dépla­ce­ments forcés, à l’ef­fon­dre­ment des droits. Et pour­tant, elles demeurent trop souvent absentes des lieux où se décident la guerre et la paix.

Depuis la mort de Mahsa Amini, les Iraniennes ont porté un mouve­ment histo­rique pour la liberté et la dignité. Leur combat a révélé au monde l’as­pi­ra­tion profonde d’un peuple à l’éga­lité. Aujourd’­hui, la logique mili­taire menace d’étouf­fer cette voix. La spirale des repré­sailles et des démons­tra­tions de force risque de refer­mer l’es­pace poli­tique indis­pen­sable à toute trans­for­ma­tion démo­cra­tique.

Il y a vingt-cinq ans, le Conseil de sécu­rité des Nations unies adop­tait la Réso­lu­tion 1325. Ce texte fonda­teur affirme qu’au­cune paix durable ne peut être construite sans la parti­ci­pa­tion pleine et entière des femmes aux proces­sus de préven­tion, de négo­cia­tion et de recons­truc­tion. Ce prin­cipe n’est ni symbo­lique ni acces­soire : là où les femmes parti­cipent aux négo­cia­tions, les accords sont plus inclu­sifs et plus durables.

Pour­tant, la réalité demeure cruelle. Dans la plupart des conflits, les femmes sont consul­tées à la marge, rare­ment déci­sion­naires. La crise actuelle autour de l’Iran ne fait pas excep­tion : les discours martiaux saturent l’es­pace public, tandis que les voix fémi­nines peinent à se faire entendre.

Les femmes ne sont pas seule­ment victimes ; elles sont aussi actrices de la sécu­rité et de la résis­tance. Les combat­tantes des Unités de protec­tion de la femme, issues du Kurdis­tan, ont démon­tré leur déter­mi­na­tion face au terro­risme et à l’obs­cu­ran­tisme, portant un projet d’éga­lité radi­cale. Leur enga­ge­ment rappelle que les femmes assument déjà la défense de leurs peuples. Pourquoi leur refu­ser une place légi­time à la table des négo­cia­tions ?

En ce 8 mars, l’exi­gence est claire : refu­ser l’es­ca­lade guer­rière et impo­ser l’in­clu­sion. La réso­lu­tion 1325 doit deve­nir une réalité contrai­gnante. Il ne peut y avoir de paix durable sans justice. Il ne peut y avoir de justice sans les femmes.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.