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Le FN et François Mitter­rand

Voici le premier des articles que nous consa­crons au FN. D’autres vont suivre très bien­tôt

Articles d’Indé­pen­dance des Cher­cheurs :

http://scien­ce21.blogs.cour­rie­rin­ter­na­tio­nal.com/archive/2015/03/27/mitter­rand-et-le-front-natio­nal-33-ans-apres-iiii-50774.html

Mitter­rand et le Front Natio­nal : 33 ans après.

Quels sont l’his­to­rique réel et les causes de la montée élec­to­rale du Front Natio­nal ? (…) Curieu­se­ment, l’ac­tuel débat poli­ti­cien et média­tique oublie les origines de la montée élec­to­rale du FN. Nos articles récents « Mitter­rand et le Front Natio­nal : 33 ans après » (I) et (II) rappellent l’opé­ra­tion de promo­tion du Front Natio­nal entre­prise par François Mitter­rand et le Parti Socia­liste depuis 1982. Au premier tour de l’élec­tion prési­den­tielle de 1988, Jean-Marie Le Pen obtien­dra déjà plus de quatre millions trois cent mille voix et 14.38% des suffrages expri­més.

Dès 1990, l’ou­vrage Le Président de Franz-Olivier Gies­bert (Editions du Seuil) rappor­tait ces propos de Pierre Béré­go­voy : « On a tout inté­rêt à pous­ser le Front Natio­nal. Il rend la droite inéli­gible. Plus il sera fort, plus on sera imbat­tables. C’est la chance histo­rique des socia­listes ».

Sur cette poli­tique, La main droite de Dieu d’Em­ma­nuel Faux, Thomas Legrand et Gilles Perez, Seuil 1994, expose les résul­tats d’une enquête détaillée. Un extrait du chapitre L’ombre de l’Ely­sée (partie La poli­tique du Front fort) est acces­sible en ligne. Par rapport au résul­tat de 1988, il ne faudra à Jean-Marie Le Pen qu’une progres­sion modé­rée (quatre millions huit cent mille voix et 16.86% des suffrages expri­més) pour accé­der au second tour de l’élec­tion prési­den­tielle de 2002 au détri­ment de Lionel Jospin, en pleine déroute de la « gauche plurielle » désa­vouée par les citoyens après cinq ans de poli­tique anti­so­ciale.

Dix ans plus tard, Marine Le Pen obtien­dra au premier tour un peu plus de six millions quatre cent mille voix et 17.90% des suffrages expri­més. En vingt-quatre ans, les candi­dats du Front Natio­nal aux élec­tions prési­den­tielles ont donc connu une progres­sion d’en­vi­ron 50% en nombre de voix par rapport au résul­tat de 1988 qui avait été le produit direct du « coup de pouce » initial reçu de François Mitter­rand et du Parti Socia­liste.

Le rejet popu­laire des poli­tiques des diffé­rents gouver­ne­ments a été de toute évidence à l’ori­gine de cette montée progres­sive, sauf pour les élec­tions de 2007 où François Bayrou s’était présenté comme un candi­dat de rupture et préten­du­ment « révo­lu­tion­naire ». En réalité, la promo­tion du FN par Mitter­rand et le Parti Socia­liste a accom­pa­gné la mise en place progres­sive d’une poli­tique oppo­sée à celle annon­cée dans les années 1970 avec la propa­gande de l’Union de la Gauche. Sous François Mitter­rand et Jacques Delors, la « gauche » française devien­dra un exécu­tant zélé, et un promo­teur actif, de la mondia­li­sa­tion du capi­ta­lisme et de la poli­tique des instances euro­péennes.

[la suite, sur le lien http://scien­ce21.blogs.cour­rie­rin­ter­na­tio­nal.com/archive/2015/03/27/mitter­rand-et-le-front-natio­nal-33-ans-apres-iiii-50774.html ]

et pour rappel : http://scien­ce21.blogs.cour­rie­rin­ter­na­tio­nal.com/archive/2015/03/02/mitter­rand-et-le-front-natio­nal-33-ans-apres-i-50718.html

(…) Quel est à présent le bilan de l’aven­ture poli­tique qui a fait suite à ce soutien média­tique apporté par une certaine « gauche » gouver­ne­men­tale au Front Natio­nal ? L’objec­tif de Mitter­rand et du PS étant d’em­pê­cher la « droite » de récu­pé­rer le mécon­ten­te­ment popu­laire engen­dré par leur poli­tique.

Trente-trois ans après, le dernier sondage sur la montée élec­to­rale prévi­sible du FN n’est pas une vraie surprise pour la presse inter­na­tio­nale.The New York Times Maga­zine analy­sait il y a deux semaines : « Fran­ce’s ultra­na­tio­na­list fringe party isn’t so fringe anymore ». Il y a une semaine, Reuters rappor­tait notam­ment « Fran­ce’s Natio­nal Front seen leading local elec­tions: poll ». Ce week-end, The Inde­pendent écri­vait expli­ci­te­ment « Rise of the French far right: Front Natio­nal party could make swee­ping gains at this month’s local elec­tions ». De même, la semaine dernière El Mundo commen­tait « El Frente Nacio­nal se confirma como primer partido de Fran­cia ». Le 2 mars, avec le titre « El avance de los popu­lis­mos », La Región n’hé­site pas à compa­rer le Front Natio­nal avec Syriza. Hier, El Temps s’in­ter­ro­geait sur l’ac­tuelle « Efer­ves­cèn­cia nacio­na­lista ». L’au­teur se deman­dait d’em­blée « ce que peuvent avoir en commun » des mouve­ments comme le FN, Syriza, Ukip, Pode­mos… Une ques­tion deve­nue de plus en plus fréquente, sous des formes diverses. Dans un article inti­tulé « Roma, Lega in piazza con CasaPound. « Vaffa » di Salvini a Renzi e Fornero », Corriere della Sera rapporte « E’ stato letto dal palco anche un messag­gio della presi­dente del Fronte Nazio­nale fran­cese Marine Le Pen ».

Mais comment a-t-on pu en arri­ver à une telle situa­tion de crise poli­tique où, partout en Europe, le discré­dit des partis « de gouver­ne­ment » actuels et précé­dents ne cesse de s’ag­gra­ver ? Une chose paraît évidente : l’amer­tume et la colère popu­laires après trois décen­nies de mondia­li­sa­tion à outrance et de poli­tique musclée des repré­sen­tants du capi­ta­lisme est en passe d’at­teindre un seuil critique. Quels que soient les partis qui récu­pèrent à présent (et jusqu’à quand ?), sur le plan élec­to­ral, cette détresse crois­sante des popu­la­tions.

[la suite, sur le lien http://scien­ce21.blogs.cour­rie­rin­ter­na­tio­nal.com/archive/2015/03/02/mitter­rand-et-le-front-natio­nal-33-ans-apres-i-50718.html ]

http://scien­ce21.blogs.cour­rie­rin­ter­na­tio­nal.com/archive/2015/03/11/mitter­rand-et-le-front-natio­nal-33-ans-apres-ii-50735.html

Mitter­rand et le Front Natio­nal : 33 ans après (II)

Mars 2015:  En réalité, le contenu de la campagne lancée par le gouver­ne­ment et le Parti Socia­liste contre le FN vise, au-delà de cette orga­ni­sa­tion et de ses diri­geants, le rejet popu­laire d’une poli­tique clai­re­ment anti­so­ciale. (…) Certes, le FN récu­père sur le plan élec­to­ral une partie de cette détresse géné­rale, mais la source des problèmes que rencontre le Parti Socia­liste auprès d’une majo­rité crois­sante de la popu­la­tion est bien plus profonde et résulte de sa propre stra­té­gie. Ce n’est pas par une campagne appa­rem­ment diri­gée contre le Front Natio­nal mais essayant de tout amal­ga­mer dans la pratique, que le gouver­ne­ment parvien­dra à persua­der les citoyens du bien-fondé de sa poli­tique et de celle de l’Union Euro­péenne. (…)

Et quelle a été l’ori­gine histo­rique de la montée progres­sive du Front Natio­nal, si ce n’est la volonté de François Mitter­rand et du secteur domi­nant de la « gauche » de l’époque ? Encore un calcul poli­ti­cien. Notre article « Mitter­rand et le Front Natio­nal : 33 ans après (I) » rappelle l’opé­ra­tion de promo­tion du FN lancée par François Mitter­rand et le Parti Socia­liste depuis 1982

[la suite, sur le lien http://scien­ce21.blogs.cour­rie­rin­ter­na­tio­nal.com/archive/2015/03/11/mitter­rand-et-le-front-natio­nal-33-ans-apres-ii-50735.html ]

 

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