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Le fond de l’air est jaune

Cédric Durand, publié le 11 décembre 2018 sur le site de Contre­temps puis d’En­semble!.

Soulè­ve­ment popu­laire pour la justice fiscale et le pouvoir d’achat, les gilets jaunes cris­tal­lisent la conver­gence de toutes les colères contre Emma­nuel Macron et, au-delà, le capi­ta­lisme néoli­bé­ral mondia­lisé dont il est le nom. De l’évé­ne­ment gilets jaunes ou de la struc­ture du macro­nisme, qui va digé­rer l’autre ? Le simple fait que la ques­tion se pose est déjà extra­or­di­naire. Un examen de clinique poli­tique rudi­men­taire ne peut que renfor­cer le constat. L’ar­ro­gance de classe prési­den­tielle et sa proxi­mité avec les milieux finan­ciers ont beau­coup contri­bué à faire monter la pres­sion dans la cocotte-minute qui explose aujourd’­hui. Mais la ques­tion poli­tique posée par les gilets jaunes dépasse le cas Macron. Une fissure histo­rique est ouverte. La tâche de toutes les forces anti­ca­pi­ta­listes est d’élar­gir la brèche.

Coup d’ar­rêt

Arrière-garde du néoli­bé­ra­lisme triom­phant des années 1990, Emma­nuel Macron et ses soutiens ont hérité du pouvoir par un concours de circons­tance. Qu’en ont-ils fait ? Sans coup férir, ils ont engagé le programme d’ajus­te­ment struc­tu­rel que des décen­nies de résis­tances sociales n’ont eu de cesse de ralen­tir. La blitz­krieg fut un succès. Droit du travail, fisca­lité, priva­ti­sa­tions… Jouant sur l’avan­tage psycho­lo­gique d’une victoire élec­to­rale surprise, la nouvelle équipe avança simul­ta­né­ment sur tous les fronts, dérou­lant sans ména­ge­ment un agenda entiè­re­ment struc­turé par les mots d’ordre éter­nels du capi­tal que sont la compé­ti­ti­vité et l’at­trac­ti­vité pour les inves­tis­seurs.

Les réformes s’en­chai­naient à un rythme si effréné que, par l’ef­fet domino des complé­men­ta­ri­tés insti­tu­tion­nelles, on pouvait craindre qu’elles ne fassent écla­ter ce qui reste du compro­mis social qui singu­la­rise l’hexa­gone depuis le milieu du XXe siècle. D’ailleurs, c’était l’objec­tif. Emma­nuel Macron avait fait d’une déter­mi­na­tion totale sa marque de fabrique. Au prin­temps dernier, il décla­rait sur Fox News qu’il n’y avait « aucune chance » qu’il recule sur la réforme de la SNCF car, disait-il, « si j’ar­rête, comment pensez-vous que je serai en mesure de moder­ni­ser le pays ? ».

Eh bien c’est chose faite ! Emma­nuel Macron a été arrêté. Il a un genou à terre. Pour la première fois du quinquen­nat, le pouvoir a cédé à la rue. En déci­dant d’abord d’an­nu­ler les hausses prévues sur les carbu­rants puis de prendre une série de mesures limi­tées sur le pouvoir d’achat,  il a concédé sa subor­di­na­tion en dernier ressort au mouve­ment popu­laire. Et, comme Macron l’avait juste­ment anti­cipé, la signi­fi­ca­tion prin­ci­pale de ce coup d’ar­rêt, c’est que la norma­li­sa­tion néoli­bé­rale de la France qu’il s’était donné pour mission d’ac­com­plir ne pourra pas avoir lieu dans l’im­mé­diat.

Montée des profon­deurs du pays, la colère des gilets jaune a bruta­le­ment donné corps à L’illu­sion du bloc bour­geois iden­ti­fié par Bruno Amable et Stefano Palom­ba­rini[1]. Faire de la France une Start-up Nation, mobi­li­ser la finance pour sauver le climat et jouer les premiers de cordée… les signi­fiants posi­tifs auxquels se rattache la feuille de route macro­niste sont très mino­ri­taires dans le pays. Et ils le sont d’au­tant plus qu’à l’heure des premiers bilans ils n’ont pas trouvé de confir­ma­tion dans le mouve­ment réel du revenu dispo­nible et de l’em­ploi.

En haut, les firmes et les très riches ont tout de suite perçu les divi­dendes de l’élec­tion de leur candi­dat. Mais en bas, les classes moyennes et popu­laires ont pris de plein fouet les poli­tiques de la nouvelle majo­rité. Ces poli­tiques ont accru la pres­sion fiscale à laquelle la frac­tion de droite des classes moyennes et popu­laires est parti­cu­liè­re­ment sensible et, en même temps, mis en joue les garan­ties collec­tives, les services publics et la protec­tion sociale auxquelles les frac­tions de gauche tiennent par dessus tout. Le mouve­ment des gilets jaunes est une contre-attaque sur ces deux fronts ; et de droite et de gauche donc, il a bruta­le­ment siphonné le carbu­rant poli­tique du pouvoir qui se retrouve en panne sèche sur la bande d’ar­rêt d’ur­gence.

Le temps de la discorde

En quatre semaines, la révolte des gilets jaunes est deve­nue un événe­ment poli­tique majeur, peut-être même le plus impor­tants des cinquante dernières années en France. Sa puis­sance proto-révo­lu­tion­naire est le produit d’une combi­nai­son inédite.

La géogra­phie d’abord est très parti­cu­lière. Il s’agit d’un mouve­ment péri­phé­rique qui, de péages en ronds-points, a tissé un maillage serré sur tout le terri­toire.  C’est ainsi qu’il s’est donné une grande visi­bi­lité,  une forte trans­ver­sa­lité sociale – agré­geant de multiples caté­go­ries – et une puis­sante capa­cité de diffu­sion. Le fait que 20 % de la popu­la­tion française se consi­dère comme « Gilet Jaunes »[2] est signi­fi­ca­tif.  Une fois le gilet jaune comme signi­fiant flot­tant de la révolte fixé, la struc­ture en réseau permet toutes les appro­pria­tions et toutes les décli­nai­sons, favo­ri­sant ainsi l’agré­ga­tion des colères et leur conver­gence en plein Paris, au plus près des lieux de pouvoir.

Initiée sur les réseaux sociaux, la mobi­li­sa­tion des gilets jaunes ne fait l’objet d’au­cun enca­dre­ment syndi­cal ou poli­tique. Cela ne veut bien entendu pas dire que les ressources mili­tantes ne s’y déploient pas. Souvent, parmi les groupes qui entrent en action, quelques indi­vi­dus ont eu des expé­riences syndi­cales, poli­tiques, asso­cia­tives ou  furent impliqués dans luttes citoyennes, dans des ZAD. Surtout, cette lutte produit une nouvelle synthèse dans laquelle l’ac­cu­mu­la­tion de rage conte­nue pendant trop long­temps et d’ex­pé­riences des combats de ces dernières années sonnent ensemble l’heure de la revanche.

En haut ça tangue. Très fort… Le fait que le premier recul consenti se soit fait dans la caco­pho­nie – plus de 24h d’am­bigüité les 4 et 5 décembre sur le carac­tère pérenne de la non-appli­ca­tion de la taxe sur les carbu­rants – est un symp­tôme du désar­roi qui s’est emparé des plus hauts cercles du pouvoir. Au moment où la crise éclate, il ne reste plus rien de l’élan de la fulgu­rante victoire prési­den­tielle. Le gouver­ne­ment s’est rétréci, la hiérar­chie poli­cière est fragi­li­sée par l’af­faire Benalla, la jeune garde de conseillers prési­den­tiels sourde aux remon­tées de ses admi­nis­tra­tions est aveugle sur la situa­tion poli­tique, les parle­men­taires débous­so­lés sont aux abon­nés absents, le parti prési­den­tiel inar­ti­culé, sans ancrage terri­to­rial s’avère complè­te­ment inopé­rant pour endi­guer la vague. Échaudé par l’ac­cueil reçu au Puy en Velay, Emma­nuel Macron se terre dans son palais. Il est « un peu perdu » nous dit un conseiller. En réalité paniqué, crai­gnant pour sa vie.

Tous ces éléments parti­cipent de l’iso­le­ment de l’exé­cu­tif. Un isole­ment qu’il s’ef­force de briser à partir du 5 décembre. D’abord en consti­tuant une coali­tion contre « les désordres » et les  « violences », ce qu’il est parvenu à réali­ser avec un certain succès pour la jour­née du 8 décembre. Le premier ministre se payant le luxe de remer­cier tous les respon­sables poli­tiques, syndi­caux et asso­cia­tifs qui ont accepté de rejoindre son appel au calme. Un moyen d’es­sayer de contre­ba­lan­cer une réalité contra­riante. En dépit d’une stra­té­gie de la tension maxi­male et d’une répres­sion à la fois brutale et massive, la mobi­li­sa­tion ne faiblit pas mais s’en­ra­cine. Il y a toujours autant de monde dans la rue et des jonc­tions s’opèrent avec les écolo­gistes des marches pour le climat et avec la jeunesse scola­ri­sée.

Au lende­main du 8 décembre, l’exé­cu­tif pour­suit sa manœuvre de désen­cer­cle­ment se met en quête d’une nouvelle combi­nai­son poli­tique qui lui permette de renfor­cer son assise. Consul­tant tous azimuts, il lâche un peu de lest sur le pouvoir d’achat et cherche de nouveaux appuis, au delà d’une majo­rité parle­men­taire numé­rique­ment forte mais socia­le­ment très étroite. C’est à ce stade des déve­lop­pe­ments poli­tiques que corres­pond l’in­ter­ven­tion prési­den­tielle du 10 décembre. Quelques rodo­mon­tades sur l’ordre répu­bli­cain, un acte de contri­tion forcé et des conces­sions calcu­lées au plus juste pour espé­rer faire bais­ser la pres­sion. Rien de plus.

C’est un aveu de  faiblesse et un encou­ra­ge­ment à la pour­suite de la mobi­li­sa­tion. Mais cela ne doit pas faire oublier qu’il reste encore au pouvoir de nombreuses cartes en main, jusqu’à la suspen­sion complète des liber­tés démo­cra­tiques ordi­naires. La consti­tu­tion donne la possi­bi­lité au Président de la Répu­blique de recou­rir aux pouvoirs excep­tion­nels. Si, en 1958, De Gaulle pouvait tenter de rassu­rer en décla­rant : « Pourquoi voulez-vous qu’à soixante sept ans je commence un carrière de dicta­teur ? ». Main­te­nant c’est Emma­nuel Macron qui dispose de l’ar­ticle 16 et lui n’a que 40 ans… L’ombre d’un deve­nir auto­ri­taire plane sur un régime entré dans une crise exis­ten­tielle.

Des contra­dic­tions au sein du peuple gilets jaunes

Une des singu­la­rité de ce mouve­ment est de poser fron­ta­le­ment la ques­tion du pouvoir : Macron démis­sion ! est un mot d’ordre unanime qui sature tous les autres. Mais le contenu social de cette reven­di­ca­tion reste indé­ter­miné. Une bataille qui se joue sur les réseaux sociaux, dans les prises de paroles, sur les chasubles jaunes, sur les pancartes, sur les murs… C’est évidem­ment une diffi­culté majeure.

Dans ce mouve­ment coha­bite, dans une grande confu­sion, des affects de gauche et des affects de droites, une grande masse de gens peu poli­ti­sés, des mili­tants anti­ca­pi­ta­listes et des fascistes. De plus, il est impos­sible d’igno­rer que les acces­sions au pouvoir de Bolso­naro au Brésil, l’al­liance M5S–Legga en Italie et même, à la limite, Trump aux États-Unis sont, à des degrés divers, des répliques de mobi­li­sa­tions sociales au contenu initia­le­ment indé­ter­miné : contre la hausse du prix des trans­port au Brésil, contre la corrup­tion et contre des impôts consi­dé­rés comme injustes en Italie ou encore, même si là l’an­crage côté répu­bli­cain était plus évident, contre les sauve­tages bancaires avec le Tea Party état­su­nien.

Pour le dire vite, il y a dans les mouve­ments déca­drés qui carac­té­risent cette décen­nie 2010 la recherche d’une issue hors du néoli­bé­ra­lisme. Une sortie qui peut se faire dans deux direc­tions. La première est celle d’un réen­cas­tre­ment dans la commu­nauté natio­nale : il s’agit alors de tenter de colma­ter la pola­ri­sa­tion de classe à coup de panique iden­ti­taire. Si l’en­nemi prin­ci­pal devient le migrant ou l’im­por­ta­teur chinois, une autre poli­tique pro-capi­ta­liste est possible.

C’est la stra­té­gie Trump-Salvini-Wauquiez-Le Pen qui rompt avec l’idéo­lo­gie de la mondia­li­sa­tion heureuse pour mieux conso­li­der les acquis poli­tiques arra­chés par les classes les plus riches ces dernières décen­nies. Mais cette ligne inspire jusqu’au gouver­ne­ment. En témoigne la mani­pu­la­tion gros­sière tentée par le Ministre de l’Ac­tion et des Comptes publics, Gérald Darma­nin, lorsqu’il répond aux ques­tions du Figaro le 7 décembre : « Il ne s’agit pas seule­ment d’un ras-le-bol fiscal, mais d’une crise iden­ti­taire. (…)  ils se posent la ques­tion de l’ave­nir de nos enfants, s’in­ter­rogent sur la place des reli­gions et notam­ment de l’is­lam. ».

Mêler l’Is­lam dans le prix de l’es­sence et le pouvoir d’achat, il fallait oser ! Malheu­reu­se­ment, cette réac­tion résonne avec les efforts de l’ex­trême droite pour mettre la ques­tion du pseudo « pacte de Marra­kech » sur les migra­tions au cœur des discus­sions des Gilets Jaunes. La luci­dité oblige à s’en inquié­ter. A l’échelle inter­na­tio­nale, les droites natio­na­listes ont une longueur d’avance. Et, du point de vue du capi­tal, c’est aussi le chemin qui est le moins dange­reux.

La seconde voie, est celle de la gauche et des mouve­ments sociaux. Une direc­tion soli­de­ment élabo­rée dans la critique du néoli­bé­ra­lisme depuis les années 1990. Au sein des gilets jaunes, les demandes de justice sociale, de hausse des salaires, de défense des services publics et d’hos­ti­lité à l’oli­gar­chie se nour­rissent de plusieurs décen­nies de critique du capi­ta­lisme mondia­lisé et finan­cia­risé. La centra­lité des reven­di­ca­tions sur le réta­blis­se­ment de l’ISF, la circu­la­tion des vidéos de François Ruffin ou d’Oli­vier Besan­ce­not témoigne de la vita­lité de cette main gauche du mouve­ment.

Mais le fait que ces demandes prennent corps hors des cadres de la gauche et des mouve­ments et que la mobi­li­sa­tion pose abrup­te­ment la ques­tion du pouvoir, est aussi un désa­veu. La dénon­cia­tion du néoli­bé­ra­lisme par la gauche ne s’est pas impo­sée comme une pers­pec­tive stra­té­gique clai­re­ment arti­cu­lée. Si l’on veut faire une autre compa­rai­son inter­na­tio­nale, l’émer­gence de Pode­mos en contre­point au mouve­ment espa­gnol des places, appa­raît comme l’exemple d’un débou­ché poli­tique à gauche. Mais, hélas, un débou­ché qui est déjà acculé à un accord de soutien d’un gouver­ne­ment socia­liste PSOE et semble toucher ses propres limites.

Il ne s’agit pas de détailler les circons­tances, batailles et bifur­ca­tions qui singu­la­risent les diffé­rentes trajec­toires évoquées. Il s’agit seule­ment de se souve­nir de ces expé­riences récentes pour souli­gner que l’éner­gie poli­tique formi­dable déjà déga­gée par les gilets jaunes ne restera pas sans lende­main. Aujourd’­hui,  l’ur­gence c’est de tenir et d’élar­gir le front, d’ar­ra­cher tout ce qui est possible au gouver­ne­ment, de tenter de le désta­bi­li­ser jusqu’à le faire chuter, d’ap­prendre et de décou­vrir ensemble de nouveaux hori­zons poli­tiques. Mais c’est aussi, dans le même mouve­ment, d’anti­ci­per sur la bataille qui vien­dra  après. Et là, c’est déjà une pola­ri­sa­tion entre droite extrême et gauche consé­quente qui se profile.

Ques­tions de fins

Bien sûr, le fait que la hausse des prix des carbu­rants ait mis le feu à la plaine de l’exas­pé­ra­tion sociale n’a rien d’anec­do­tique. C’est même le symp­tôme d’une discor­dance des temps bien plus profonde que l’apo­rie du macro­nisme. Cela a été répété sur tous les tons, un des aspects clés des turbu­lences actuelles, c’est la désar­ti­cu­la­tion du temps long du réchauf­fe­ment clima­tique et du temps court des fins de mois diffi­ciles. Mais il n’est pas moins impor­tant de noter que la confla­gra­tion actuelle résulte aussi de la colli­sion entre la disci­pline de fer de la mondia­li­sa­tion et les aspi­ra­tions démo­cra­tiques.

À ce propos, Olivier Blan­chard, l’an­cien écono­miste en chef du FMI postait le 6 décembre ce tweet surpre­nant : « Se pour­rait-il que, compte tenu des contraintes poli­tiques pesant sur la demande de redis­tri­bu­tion et les contraintes liées à la mobi­lité des capi­taux, nous ne soyons pas en mesure de réduire suffi­sam­ment les inéga­li­tés et l’in­sé­cu­rité pour préve­nir le popu­lisme et les révo­lu­tions ? Qu’est-ce qui vient après le capi­ta­lisme ? » .

Qu’est-ce qui vient après le capi­ta­lisme ? C’est bien l’élé­phant dans la pièce où se bous­culent exigences popu­laires, crise écolo­giques et impasses écono­miques.

Le philo­sophe Frédé­ric Jame­son écri­vait qu’il est aujourd’­hui « plus facile d’ima­gi­ner la fin du monde que d’ima­gi­ner la fin du capi­ta­lisme ». Enfer­mées dans l’éter­nel présent du néoli­bé­ra­lisme, assi­gnées à rési­dence par le tour­billon inces­sant des injonc­tions marchandes, nos socié­tés ont perdu le sens de l’his­toire. Le futur se réduit à deux options égale­ment dépri­mantes : la répé­ti­tion éter­nelle de ce qui est déjà ou bien l’apo­ca­lypse. Pour Jame­son, ce qui importe vrai­ment c’est que le temps recom­mence à trans­mettre les signaux de l’al­té­rité, du chan­ge­ment, de l’uto­pie : « Le problème à résoudre est celui de sortir du présent sans vent du post­mo­derne pour reve­nir à un temps histo­rique réel, à une histoire faite d’êtres humains »[3].

Une histoire faite d’êtres humains. Pour que cela advienne, la colère qui fait monter les barrages et les barri­cades est une éner­gie indis­pen­sable. Mais elle ne suffira pas. Il lui faudra aussi l’am­bi­tion collec­tive d’inven­ter un futur quali­ta­ti­ve­ment diffé­rent de l’éter­nité marchande.

 

Notes

[1]  Bruno Amable et Stefano Palom­ba­rini, L’iIl­lu­sion du bloc bour­geois, Raisons d’agir, 2017.

[2] http://premium.lefi­garo.fr/vox/societe/2018/12/06/31003–20181206ARTFIG00…

[3] Frédé­ric Jame­son, « Future City », New Left Review, May-June 200

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