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MANIFESTE pour la santé, la sécu­rité au travail et la justice sociale : passons à l’of­fen­sive ! 1er février 2017

Voici ce mani­feste rédigé à la suite des travaux du dernier congrès du Syndi­cat de la méde­cine géné­rale et publié le 1er février.

Comme il est dit à la fin du texte, cet appel est proposé à la signa­ture des struc­tures syndi­cales qui le souhaitent.

Il ne suffit plus de dénon­cer le mana­ge­ment néoli­bé­ral, il est temps de tenter une dénon­cia­tion précise  qui dise qui sont les respon­sables et leurs alliés; pour les combattre et leur infli­ger des défaites. C’est une affaire syndi­cale et aussi poli­tique. Qui pour­rait être enten­due en période élec­to­rale.

PB, 22–03–2017

« Nous sommes des milliers à faire, dans notre pratique quoti­dienne, depuis de nombreuses années, le lien entre santé et travail.

Nous qui sommes méde­cins (géné­ra­listes, méde­cins du travail ou psychiatres), travailleuses et travailleurs, nous qui sommes syndi­ca­listes, nous en faisons le constat. Et nous passons main­te­nant à l’of­fen­sive. Nous consta­tons chaque jour, de plus en plus, les consé­quences de la violence des orga­ni­sa­tions du travail sur les travailleurs et travailleuses : décès préma­tu­rés par cancers secon­daires à la poly­ex­po­si­tion aux toxiques, psycho­pa­tho­lo­gies profes­sion­nelles, qu’il faut permettre de recon­naître en mala­die profes­sion­nelle (non recon­nues car hors tableaux des mala­dies profes­sion­nelles), lésions tendi­neuses et arti­cu­laires multiples en lien avec un mana­ge­ment brutal et déshu­ma­ni­sant qui accé­lère et inten­si­fie le rythme du travail.

Travailleuses, travailleurs, syndi­ca­listes, méde­cins, nous obser­vons ces faits et leurs réper­cus­sions quoti­diennes. Nous travaillons en réseaux, pour rendre visible la réalité physique et sociale de ces patho­lo­gies, pour­tant large­ment évitables, liées au travail.

Nous devons repen­ser le rôle des citoyens et des soignants, pour que toutes et tous, nous repre­nions la main sur nos vies. Cela signi­fie :

1) Jouer notre rôle de lanceur d’alerte. La fonc­tion de lanceur d’alerte doit être proté­gée des attaques d’em­ployeurs auprès de l’Ordre des méde­cins et des sanc­tions qui s’en­suivent. Nous reven­diquons la pleine indé­pen­dance de tous les méde­cins, notam­ment du travail, alors que celle-ci est mena­cée (1).

2) Nous former pour être capables de mieux repé­rer le travail comme cause des patho­lo­gies.

3) Passer du soupçon à la connais­sance en rédi­geant plus souvent les certi­fi­cats d’ac­ci­dents du travail et de mala­dies profes­sion­nelles, même hors tableaux, afin de sous­traire les patients à des risques incon­si­dé­rés, ce qui signi­fie étendre la forma­tion en santé au travail des étudiants au sein de l’Uni­ver­sité (méde­cine, socio­lo­gie, droit, etc.).

4) Accom­pa­gner les patients et patientes, les orien­ter vers les lieux ressources : perma­nences pluri­dis­ci­pli­naires sur le travail, asso­cia­tions, collec­tifs de travail ou d’or­ga­ni­sa­tions syndi­cales, comi­tés d’en­tre­prise ou Comi­tés d’Hy­giène, de Sécu­rité et des Condi­tions de Travail (CHSCT).

Nous, citoyens, citoyennes, affir­mons qu’il est de notre respon­sa­bi­lité poli­tique de dénon­cer ces violences actuelles et toujours plus graves des orga­ni­sa­tions du travail, nous soute­nons et nous nous asso­cions à celles et ceux qui luttent pour que les fautes inex­cu­sables des employeurs soient portées au pénal. Il faut en finir avec l’impu­nité des donneurs d’ordre qui est la règle. Nous appe­lons à rejoindre le collec­tif pour la santé des travailleuses et travailleurs (neplus­per­dre­sa­viea­la­ga­gner.org).

Au-delà, nos orga­ni­sa­tions s’ins­crivent dans une démarche de trans­for­ma­tion du travail, de justice sociale et de pers­pec­tives éman­ci­pa­trices.

La période élec­to­rale qui s’ouvre est l’oc­ca­sion de réaf­fir­mer notre atta­che­ment indé­fec­tible à la ques­tion sociale et écolo­gique et d’in­ter­pel­ler les candi­dats aux élec­tions prési­den­tielle et légis­la­tives pour exiger d’eux de passer à l’of­fen­sive avec nous dans ce domaine.

Nous appe­lons les orga­ni­sa­tions poli­tiques à inscrire dans leur programme les reven­di­ca­tions et les pers­pec­tives inscrites dans ce mani­feste en faveur de la santé des travailleurs et travailleuses, pour le respect de la dignité humaine.

Nous les appe­lons à signer ce mani­feste. »

Mots clés : travail, orga­ni­sa­tion, trans­for­ma­tion, lanceurs d’alerte, poly­ex­po­si­tion, collec­tif de travail, donneurs d’ordre, faute inex­cu­sable, justice.

(1) Une requête au Conseil d’Etat portée par nos orga­ni­sa­tions syndi­cales et asso­cia­tions est actuel­le­ment en cours contre les plaintes des employeurs envers les méde­cins qui font le lien entre la santé de leurs patientes et patients et le travail.

Premières signa­tures :

Asso­cia­tion pour la protec­tion de la santé au travail dans les métiers portuaires 44 (APPSTMP 44),

Asso­cia­tion santé et méde­cine du travail (ASMT),

Ensemble,

Fédé­ra­tion Sud santé sociaux,

France insou­mise,

Parti de gauche,

Nouveau parti anti­ca­pi­ta­liste,

Syndi­cat de la méde­cine géné­rale (SMG),

Union dépar­te­men­tale CGT 44,

Union syndi­cale de la psychia­trie (USP),

Union syndi­cale Soli­daires

Autres signa­taires : n’hé­si­tez pas à envoyer votre signa­ture à ajou­ter à synd­med­gen@­free.fr

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