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Notre-Dame-des-Landes : « Nous sommes là, nous serons là ! »

Prises de parole du collec­tif CGT VINCI et de la CGT AGO à la mani­fes­ta­tion du 8 octobre à Notre-Dame-des-Landes

Fran­cis Lemas­son (collec­tif CGT VINCI) :

Ça fait beau­coup de bien l’ac­cueil que nous avons eu, pas seule­ment la CGT mais toutes les délé­ga­tions syndi­cales, et nous en avons besoin. Et surtout, restez exigeants envers nous, parce que, bon, c’est pas joué quand même.

Nous, la CGT VINCI, c’est une histoire récente pour nous, puisqu’on s’est enga­gés dans une prise de posi­tion collec­tive sur le projet d’aé­ro­port de Notre-Dame-des-Landes en début de cette année seule­ment. Jusque-là, les mili­tants avaient des posi­tions indi­vi­duelles, et en résumé on était d’ac­cord mais on ne le savait pas.

Et puis nous avons été un petit peu inter­pel­lés par le collec­tif anti-aéro­port de la région pari­sienne, qui est venu mani­fes­ter au Siège de VINCI. Et de là ont commencé des contacts, et chez nous, nous avons décidé de prendre une posi­tion collec­tive sur Notre-Dame-des-Landes, qui s’est faite très vite, à notre grande surprise.

Nous avons pris des contacts ici-même avec un peu tout le monde sur la ZAD, des gens d’ici sont venus nous parler, nous rencon­trer à Montreuil, au Siège de la CGT, et à travers ces échanges, on a eu une posi­tion unanime des syndi­cats CGT de VINCI contre le projet d’aé­ro­port de Notre-Dame-des-Landes.

Aujourd’­hui nous avons répété cette soli­da­rité, nous avons répété nos posi­tions, et nos posi­tions vont au-delà de la soli­da­rité. J’ai entendu « conver­gence des luttes », c’est exac­te­ment ça. Conver­gence des luttes, c’est-à-dire que nous avons nos propres inté­rêts dans cette affaire. Nous nous mobi­li­sons en tant que syndi­ca­listes, parce que de l’in­té­rieur chez VINCI, nous savons comment les choses se passent quand on nous envoie travailler sur des projets comme Notre-Dame-des-Landes, ou comme tous les projets en parte­na­riat public-privé – tous ces projets où VINCI fait des profits, des profits privés, avec l’argent public.

Pour nous, une situa­tion comme ça se traduit (je ne vais pas rentrer dans le détail de ce genre de contrat) par une violente dégra­da­tion des condi­tions de travail, par un recours massif à de la main-d’œuvre dans des condi­tions inac­cep­tables, en parti­cu­lier en utili­sant à outrance l’in­té­rim, la sous-trai­tance et les sala­riés déta­chés.

Et donc, nous avons nos propres raisons de nous oppo­ser à cet aéro­port, qui viennent soute­nir des raisons de fond, qui sont des raisons citoyennes que nous parta­geons en tant que syndi­cats, et qui nous ont amenés à la néces­sité d’avoir une démarche de remise en cause du travail que VINCI nous fait faire, à analy­ser le travail que VINCI nous fait faire sous l’angle de son utilité sociale. Et ça, c’est un long chemin que nous commençons. Mais nous avons le senti­ment de renouer avec l’his­toire même de notre syndi­cat, de sortir d’un hiver et de retrou­ver des valeurs qui ont été parta­gées par tous nos prédé­ces­seurs dans nos syndi­cats.

On nous dit des fois : vous faites une obses­sion avec Notre-Dame-des-Landes. On fait pas une obses­sion avec Notre-Dame-des-Landes, et malheu­reu­se­ment il y a encore d’autres batailles. Mais Notre-Dame-des-Landes a quelque chose d’exem­plaire. Le projet lui-même est exem­plaire dans le genre projet crapu­leux, mais la ZAD est exem­plaire aussi pour la lutte, pour la façon de faire conver­ger les luttes, pour réap­prendre la démo­cra­tie dans le combat. Et nous avons beau­coup appris des contacts que nous avons eus ici. Notre soli­da­rité est faite de sympa­thie avec des personnes que nous avons rencon­trées en chair et en os, et ça fait qu’on ne nous fera jamais détruire quelque chose ici, parce que pour nous c’est carré­ment presque senti­men­tal.

Nous ne faisons pas une obses­sion de Notre-Dame-des-Landes, ça veut dire que malheu­reu­se­ment il y a d’autres combats où VINCI joue un rôle que nous condam­nons. J’ai entendu parler tout-à-l ’heure de Calais : nous avons appris que c’est une filiale de VINCI qui doit construire le mur de la honte, et que c’est une autre filiale de VINCI qui doit assu­rer la démo­li­tion de la zone sud de la « jungle ». Evidem­ment, c’est quelque chose qui n’est même plus syndi­cal, on touche à l’abo­mi­na­tion.
Nous sommes égale­ment inter­pel­lés en ce moment même sur le Grand contour­ne­ment ouest de Stras­bourg, dont les travaux auraient dû commen­cer récem­ment. Une filiale de VINCI étant venu faire des sondages en a été empê­chée par les oppo­sants locaux. C’est un combat qui est un combat frère du combat que nous menons ici.
C’est un combat contre VINCI et son monde. Merci !

Tris­tan Leroy (CGT AGO) :

Bonjour à tous. Je repré­sente la CGT AGO. Pas A-G-O, AGO : parce qu’à la CGT on dit AGO, pour se démarquer. Qu’est-ce que la CGT AGO ? C’est un syndi­cat inter­pro­fes­sion­nel qui regroupe tous les métiers de la plate­forme aéro­por­tuaire (la restau­ra­tion, les pompiers, l’avi­taille­ment, les baga­gistes). Nous sommes ferme­ment oppo­sés au projet de l’aé­ro­port de Notre-Dame-des-Landes.
Pourquoi me direz-vous ? Parce que demain, s’il se fait, nos emplois seront mena­cés. Il y aura des appels d’offres, et on sera tous sur la sellette. Alors nous ce qu’on trouve inté­res­sant, à la CGT AGO, c’est de mélan­ger les luttes : lutte écolo, lutte ouvrière, sur la base de l’an­ti­ca­pi­ta­lisme, pour une conver­gence des luttes. Et on est en plein dedans, nous sommes direc­te­ment concer­nés, tous ici.
En cas d’éva­cua­tion de la ZAD, on sera là. Nous sommes là, nous serons là. Soli­da­rité !
Voilà, en gros… Juste une dernière chose. On a pensé se réunir avec d’autres syndi­cats, par exemple Soli­daires et les copains de la CGT, du collec­tif CGT contre l’aé­ro­port, pour penser à des actions communes en cas d’éva­cua­tion. Merci à vous !

Fran­cis Lemas­son (collec­tif CGT VINCI) :

En cas d’éva­cua­tion bien sûr nous nous asso­cions à cet appel, et nous avons une consigne parti­cu­lière que nous avons donné à nos syndi­cats CGT VINCI, dont nous aime­rions qu’elle soit reprise par toutes les entre­prises suscep­tibles d’avoir à inter­ve­nir pour faire des travaux ici. Cette consigne, elle est en deux temps :

Le premier temps, c’est « devoir d’alerte ». Devoir d’alerte, ça veut dire : si vous êtes solli­ci­tés pour faire des travaux quels qu’ils soient, sur la ZAD ou dans ses alen­tours, premiè­re­ment vous préve­nez la ZAD ou l’ACIPA (on donne les numé­ros de télé­phone et adresses mail, tout ce qu’il faut), et vous dites quels sont les travaux qu’on vous a demandé de faire, où, quand, etc.

Le deuxième temps, c’est « droit de retrait » : tout sala­rié a le droit de refu­ser un travail, et son employeur ne peut pas s’y oppo­ser, en droit, pour cause de risque de danger grave et immi­nent. Et ici sur la ZAD, venir faire des travaux dans un contexte d’af­fron­te­ment et d’éva­cua­tion, c’est un danger grave et immi­nent !

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