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Vente d’une usine nucléaire à la Chine

Commu­niqué de l’Ob­ser­va­toire du nucléaire du 10 janvier 2018

http://www.obser­va­toire-du-nucleaire.org/

Combien de milliards la vente à la Chine d’une usine nucléaire va-t-elle COÛTER à la France ?

Incor­ri­gibles, de nombreux médias célèbrent la préten­due vente à la Chine par Areva – et surtout par son VRP Emma­nuel Macron – d’une usine de trai­te­ment de déchets nucléaires, alors que le passé a montré que ce genre d’an­nonce n’est suivi d’au­cune concré­ti­sa­tion… ou alors de lourdes pertes finan­cières pour la France !

Rappe­lons d’abord qu’il est de tradi­tion que des annonces « fracas­santes » soient faites lors des dépla­ce­ments prési­den­tiels, le cham­pion toute caté­go­rie étant incon­tes­ta­ble­ment M. Sarkozy qui a préten­du­ment vendu des dizaines de réac­teurs (y compris à M. Kadhafi en 2007) ou autres instal­la­tions nucléaires partout dans le monde, pour un résul­tat bien heureu­se­ment égal à zéro.

Vente fictive

Rien de nouveau avec M. Macron, la « vente » d’une usine de retrai­te­ment de déchets nucléaires étant parfai­te­ment fictive à ce jour, rempla­cée par la signa­ture d’un fumeux « mémo­ran­dum pour un accord commer­cial ».

Les Chinois sont de gens polis qui laissent leurs invi­tés se vanter, mais ils sont aussi parfai­te­ment infor­més des terribles décon­ve­nues et incom­pé­tences affi­chées par Areva et EDF ces dernières années, du flop gigan­tesque des EPR (en Finlande et à Flaman­ville) au scan­dale inouï des milliers de pièces défec­tueuses produites dans les usines Areva du Creu­sot… dont les deux cuves instal­lées dans les EPR actuel­le­ment en chan­tier à Taïshan.

De fait, si les Chinois achètent vrai­ment l’usine annon­cée, ce qui reste à démon­trer, ce sera en impo­sant à Areva des condi­tions léonines qui feront que ce seront les Français qui couvri­ront les pertes finan­cières éven­tuel­les… ou plutôt inévi­tables lorsque l’on consi­dère les « exploits » d’Areva et EDF sur tous leurs chan­tiers.

Centrales bradées

Pour mémoire, l’EPR a été bradé à 3 milliards aux Finlan­dais en 2004 pour une facture finale de plus de 10 milliards et un chan­tier de près de 15 ans au lieu de 4 ans et demi annon­cés (!) : la France va sous peu être lour­de­ment condam­née en justice inter­na­tio­nale et devoir verser des milliards aux Finlan­dais.

Pour mémoire aussi, les deux EPR « vendus » à la Chine en 2008 ont en réalité été eux aussi tota­le­ment bradés : le montant du contrat a été annoncé à 8 milliards mais il compor­tait la livrai­son de combus­tible (sans qu’il soit montré en quoi Areva y aurait gagné de l’argent) : c’est en réalité à 3,66 milliards les deux que les EPR ont été bradés.

Il est évident que cette opéra­tion a coûté et coûte encore fort chez à la France, ce qui n’a pas empê­ché qu’elle soit quali­fiée de façon dithy­ram­bique de « marché du siècle » par de nombreux médias qui se gardent bien d’enquê­ter sur le résul­tat finan­cier réel.

Le macro­nisme : de la très vieille poli­tique

Aujourd’­hui encore, se dépê­chant d’ou­blier leurs propres erre­ments, les mêmes voix se garga­risent à nouveau d’un prétendu « grand succès » de l’in­dus­trie nucléaire française, annonçant même qu’il va « sauver Areva ». En réalité, l’in­dus­trie nucléaire mondiale est en décon­fi­ture géné­rale et irré­ver­sible, comme le montrent les désen­ga­ge­ments des groupes alle­mands RWE et E.ON et la faillite de l’amé­ri­cain Westin­ghouse.

Pour sa part, la France est plom­bée par ses boulets Areva et EDF qui sont plus que jamais en déroute indus­trielle et finan­cière malgré de ruineuses reca­pi­ta­li­sa­tions déjà opérées… et d’autres encore à venir. Sans que leur avis ne soit jamais solli­cité, les citoyens de France vont devoir couvrir des pertes colos­sales qui vont être encore aggra­vées par les projets absurdes de deux EPR en Grande-Bretagne et d’une usine en Chine.

Loin d’un « renou­veau de la poli­tique », le macro­nisme consiste à conti­nuer et même aggra­ver les erreurs passées et faire payer le tout par la popu­la­tion en proté­geant les privi­lé­giés et les lobbies les plus nuisibles comme celui de l’atome.

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