À gauche, personne ne peut gagner seul !
L’Après s’est engagée activement dans la bataille des municipales. Nous avons présenté 270 candidat·es, dans près de 200 communes : pour un très jeune mouvement, c’est une fierté collective ! À l’issue du second tour, nous comptons 106 élu·es dans les conseils municipaux de 84 communes. L’implantation de L’Après sort de cette élection considérablement renforcée.
Si nous pouvons nous réjouir de notre contribution aux victoires de la gauche et de notre engagement dans des équipes municipales, il faut apprécier la photographie générale. Ce qui frappe, c’est d’abord l’abstention qui traduit un décrochage croissant entre les citoyen·nes et leurs représentant·es. C’est aussi l’absence de « grand gagnant ». Le RN perd à Toulon et à Marseille mais continue de s’ancrer. La porosité entre les électorats RN et LR est en marche, renforçant la menace d’une prise de pouvoir par l’extrême droite en 2027.
À gauche, les résultats sont en demi-teinte. Mais une chose est sûre : c’est l’union, totale ou partielle, de la gauche et des écologistes qui a été gagnante. Aucune force, aucune sensibilité ne l’a emportée seule. Il est assez agaçant d’entendre les cris de victoire des uns contre les autres, comme s’ils n’avaient pas eu de partenaires ou comme s’ils avaient, seuls, fait de réelles démonstrations de force. Le PS perd des bastions. Il conserve Paris et Marseille grâce à la dynamique unitaire de premier tour et à la peur, au second. Et sans union avec les insoumis, pas de victoire à Lyon ni à Nantes. Quant à LFI, elle engrange des percées mais son résultat global est en-deçà des européennes et elle s’implante quasi exclusivement dans des terres de gauche, non menacées par les droites. Enfin, les échecs des villes dirigées par des maires écologistes, en dépit d’une formidable remontada de Grégory Doucet, nous obligent à une réflexion approfondie et commune.
Une grande leçon doit être tirée : la gauche résiste, mais les accords de dernière minute après des mois et des mois à s’entre-déchirer ne sont pas performants pour convaincre. L’union, c’est une culture politique. L’union, c’est une stratégie. Elle doit être de projet, et non technique. Elle doit se construire dans la durée. Elle doit faire vivre le pluralisme, accepter les différences, sans obérer le commun.
Sans l’union, nous laissons le boulevard aux droites extrémisées en 2027. L’Après doit amplifier son rôle moteur dans sa construction, en étant aussi force de proposition sur le fond. Je sais, les nuages s’accumulent, mais ne sont gagnées que les batailles menées !
Clémentine Autain
